Liste verte

29 octobre 2008

Le marché des listes de mariage doit décidément être porteur. Je l’avais évoqué, nous sommes tombés au salon du mariage sur le stand de Liste Verte, qui se présente comme une boutique en ligne de plantes d’intérieur et d’extérieur. On peut tout bêtement y acheter ses plantes, qui sont livrées dans un délai d’une semaine. Mais surtout, on peut y constituer une liste de mariage — ou de naissance, ou de crémaillère, ils ne sont pas sectaires — d’un genre un peu particulier. Au lieu des assiettes à soupe, des couverts à poisson et du linge de maison, il est bien plus funky de commander une orchidée, un sapin de Noël (pour nous qui nous marions en décembre, ça peut faire la blague), une jardinière d’aromates ou un rosier !

La liste végétale peut s’ajouter à une liste traditionnelle, et il vaut mieux déterminer un montant maximum puisque, d’après la FAQ du site, si les dons dépassent un plafond fixé par le couple, ils sont remboursés en cash, alors que ça doit se négocier s’il n’y a pas de plafond explicite. Quand on vit dans 35m² sans balcon, il vaut mieux y penser !

La première chose qui m’a frappée sur leur site est la qualité du marketing. Comme disait l’un de mes profs, le plus important dans la stratégie d’entreprise, c’est la cohérence. Liste Verte semble s’être concentré sur un nombre limité (assez grand) de produits qui plairont au bobo bio : les orchidées, c’est mode ; les bonsaïs, c’est sympa de s’en occuper ; les plantes feng shui (si, si !) ; les arbres fruitiers : qui n’a jamais rêvé de déclarer « la tarte ? oh, c’est juste des pommes du jardin ! » Mais aussi, et ça c’est très Grenelle de l’environnement, on peut acheter des « plantes dépolluantes », qui purifieront votre appartement des polluants divers qui l’encombrent. Chaque plante dispose d’une fiche, qui répertorie ses vertus. Et voilà comment repackager un bon vieux ficus en absorbeur de fumée de cigarette !

Je trouve le concept de la liste de mariage végétale assez étonnant. Cette boîte était-elle une jardinerie qui a identifié un marché particulier dans le domaine de la liste de mariage ? Si c’était le cas, je suppose qu’ils proposeraient aussi d’être le fleuriste des mariages en question, or ils ne le font pas. Le concept du nombre de références limité, très marketé et visiblement assorti d’une bonne logistique (puisqu’ils livrent en 2 à 6 jours) laisse penser que leur expertise première est la vente sur internet. En même temps, le deuxième service proposé est le paysagisme, que ce soit pour le jardin d’un particulier, ou pour l’aménagement végétal des entreprises, ce qui laisse supposer que ce sont aussi des pros des plantes.

Bon, là comme ça j’ai l’air de critiquer, mais en fait je trouve ça très bien fait ! Je suis d’ailleurs la première à craquer sur les jardinières de basilic pour parfumer les salades, et j’adore squatter le jardin de mon oncle avec ses multiples fruits à cueillir, ses fleurs, ses oiseaux et hérissons… Le seul problème, c’est que les plantes et moi, c’est un peu « je t’aime, moi non plus », je les fais toutes mourir.

Et vous savez quoi ? Ils ont prévu ça aussi : ils vendent un « kit entretien » pour les nuls dans mon genre !

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Le Salon du mariage, donc. Ou plutôt, parce que la précision importe dans ce cas, le salon « Mariage au Carrousel », qui se tenait le week-end du 17 au 19 octobre au Carrousel du Louvre. Pourquoi celui-ci ? Tout simplement parce que l’un des magazines que j’avais achetés contenait des entrées à tarif réduit. Mais en réalité, les salons du mariage à Paris se répartissent tous les week-ends d’octobre et de novembre (et une partie de ceux de janvier, je crois). Ils ont des positionnements légèrement différents, plus ou moins festifs, plus ou moins haut de gamme, plus ou moins « château chapeau catho » ! Il existe même un salon « du mariage et du PACS ».

Je ne sais plus où j’ai lu ça, mais « Mariage au Carrousel » est censé être quelque chose d’assez haut de gamme, destiné aux couples qui ont l’intention de consacrer 20 000€ ou plus à leur mariage. D’où, je suppose, le lieu, effectivement plus sympa que le parc des expos de la porte de Versailles.

Mon fiancé et moi nous motivons donc le dimanche après-midi. Arrivés à la caisse à l’entrée, nous sommes abordés dans la file d’attente par une femme avec un flyer : « Bonjour, voulez-vous assister à une présentation de robes de mariée, c’est super bien, c’est dans un château le 5 décembre, bla bla bla… ». Je lui ai coupé la chique en disant « Ah, mais alors il faut une voiture ? ». J’ai vérifié, sa société n’avait pas de stand, et j’ai trouvé le procédé de profiter du salon pour démarcher des clients sans en acquitter le prix assez, euh, rat.

L’entrée du salon avait été soignée : derrière un rideau de bandes de papier se tenait une grande table, dressée pour un mariage avec nappe blanche, vaisselle, fleurs, déco, en blanc et vert tendre. Tout autour étaient exposées des robes de différents créateurs. Je n’ai pas vu d’interdiction de prendre des photos, alors voici ma préférée, une robe Nuit blanche :

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En poursuivant son chemin, le visiteur arrivait dans une première grande salle, consacrée à la réception, qui rassemblait :

– des créateurs de faire-parts : la plupart bien en dessous de Minted, dommage ; mais moins chers aussi !

– des gens qui œuvrent dans la liste de mariage : traditionnelle (Galeries, Printemps), multi-boutiques (1001 listes, Améliste) et même un prestataire de « liste de mariage végétale » qui m’a beaucoup intriguée et fera sûrement l’objet d’un prochain article

– des DJs

– des gens qui louent des salles de réception, pour la plupart des châteaux prout-prout, très peu pour moi ! J’ai eu une lueur d’espoir en avisant une boîte qui loue des bateaux sur la Seine, mais je pense que nous ne ferons pas affaire : ils imposent le traiteur, et le repas assis alors que nous préférerions un buffet, et surtout mon fiancé n’est pas emballé par le look des bateaux

– des traiteurs (on en reparlera)

– des photographes, mais aucun ne m’a particulièrement plu

– un duo de commerciaux du Figaro au sourire ultra-bright, qui promettaient une réduction sur l’annonce de fiançailles ou de mariage si on la passait depuis le salon

– des wedding planners

– des vendeurs de dragées, irk ! Et aussi une boîte qui vend des chocolats, avec un concept assez sympa : le chocolat de mariage. L’idée, c’est qu’au lieu des dragées, les mariés disposent sur les tables des duos de dés (allitération !), aux faces personnalisées, qui contiennent des chocolats noirs ou au lait et remplissent exactement la double fonction gustative et décoratives des dragées, mais en plus original. J’ai goûté un chocolat noir, pas mal mais sans plus, pas de quoi impressionner la mangeuse de chocolat que je suis. La vendeuse était très sympa en revanche, et c’est le genre de chose qui peut avoir son importance ! A vous de voir…

Marre de tout ça ? En avant pour la salle suivante : bijoux et voyages de noces. Je dois avouer que les stands d’agences de voyage ne m’ont pas passionnée, probablement parce qu’ils se sentaient obligés de mettre en avant des plages de sable fin à l’autre bout du monde, souvent sur des îles, idylliques… et parfaitement chiantes de mon point de vue.

En revanche, j’ai été attirée par le grand stand d’un bijoutier qui porte un très beau prénom en guise de nom commercial, et où une vendeuse nous a gentiment expliqué les différentes alliances possibles. Elle n’a même pas paru trop horrifiée quand nous lui avons expliqué que nous cherchions quelque chose de classique. Euh non, sans diamants. En fait, la même bague pour tous les deux ce serait sympa. En or jaune ? Parfait. Elle n’était pas assez âgée pour trouver, comme beaucoup de quadra et quinquagénaires, que notre génération de vingtenaires manque horriblement de la moindre fantaisie. Néologisme, je suis obligée, il semble que l’équivalent de « trentenaire » pour nous autres n’existe pas, preuve s’il en fallait que nous sommes pris de haut ! Enfin bref, j’ai essayé un anneau d’or jaune tout bête, le petit frère à 60 ans d’écart de celui de ma grand-mère, et aussi une bague trois ors avec trois anneaux entrelacés, un jaune, un blanc et un rose, pas mal du tout ! Sauf quand je n’ai pas réussi à l’enlever tout de suite. J’ai lâché un « merde ! » qui a dû me faire perdre toute crédibilité !

La troisième et dernière salle était consacrée aux vêtements : robes de mariée, costumes, vêtements d’enfants, et au fond se trouvait une scène où avaient lieu des défilés. Je ne m’y connais pas (encore) dans les vertus comparées des divers créateurs, et cet article est déjà assez long, alors je vais me contenter de quelques images de robes qui m’ont plu (cliquer pour agrandir).

A gauche : encore une robe Nuit Blanche, que mon fiancé préfère sans les petites manches. Au milieu, une robe de Valérie Bercovici Devilliers, désolée pour le cadrage. A droite… je ne me souviens plus !

Re-bonjour…

18 octobre 2008

Comme vous avez sûrement pu le constater, je n’ai pas écrit sur ce blog depuis une dizaine de jours. Ce n’est ni pas par paresse, ni par manque de temps, mais les derniers jours ont été difficiles pour moi.

Ma grand-mère est décédée le 10 octobre. Je pense que la plupart d’entre vous ne la connaissaient pas, mais nous étions très proches toutes les deux. Elle me manque énormément. Je me réjouissais de sa présence à notre mariage, ça aurait été un long voyage pour elle (elle habitait à 500 km) mais elle aurait été heureuse d’y assister. Elle-même s’était mariée il y a 60 ans, à l’époque où, même pour les mariages au printemps, les robes comportaient généralement des manches longues. Et un grand voile. Elle a retrouvé là-haut son mari, décédé comme elle un 10 octobre, il y a 34 ans. Elle ne voudrait pas que je sois triste…

Je pense aller au salon du mariage au Carrousel du Louvre demain, il y aura sûrement plein de choses qui mériteront d’être racontées ici ; et la semaine suivante, rendez-vous pour le salon du chocolat…

Enlarge your péniche

7 octobre 2008

Quand j’étais petite, je rêvais de vivre sur une péniche. A vrai dire, j’imaginais une péniche qui naviguerait sur une rivière, vers la mer, à travers les écluses. Une maison bien stable, mais dont le décor changerait sur un rythme lent, propre à l’observation. Un long après-midi d’été. Je ne sais pas, ça devait venir d’un livre pour enfants que j’avais lu.

Il y a trois ans, j’ai rencontré quelqu’un qui vivait sur une péniche, à Paris. C’était assez différent de mon rêve de gamine, mais en un sens encore plus fascinant. Vivre dans un loft géant sur eau, en plein cœur de Paris mais sans voisins bruyants, sans code de porte, bercé par le clapotis de la Seine… Il y avait là quelque chose d’artistique, d’anticonformiste, de libertaire, qui me plaisait énormément.

Alors, mon fiancé et moi nous sommes renseignés, à tout hasard, pour savoir. On est tombés d’abord sur cet article, assez complet et même relativement encourageant. Oui mais voilà… L’amarrage en plein cœur de Paris est rare. Et tout ce qui est rare est cher. Sans compter les tracasseries administratives diverses (permis de navigation, permis d’amarrage pour cinq ans sans garantie sur son renouvellement et autres bêtises qui me fatiguent d’avance, mais j’ai perdu le lien). Plus de renseignements ici ou (le deuxième site est le plus complet, mais concerne plus la Belgique). Et pour ceux qui voudraient sauter le pas, bateaux logements à vendre ou à louer par ici !

Tout ça pour dire que je reste irrémédiablement attirée par les péniches, bateaux et autres habitats flottants, même si découragée par les formalités administratives et l’entretien de la chose. En revanche, j’ai été invitée récemment à une soirée sur une péniche. L’objet du délit s’appelle le Bel Horizon, ci-dessous pour vous servir, j’ai pris la photo sur le site du bateau. Nous étions cinquante à soixante personnes, dans un adorable bateau tout de lambris vêtu, pas très grand vu de l’extérieur mais qui avait largement la place d’abriter un apéro dînatoire (très sympa au demeurant), avec un bar, de la place pour grignoter debout, son verre à la main, quelques tables et chaises pour se poser, et même une petite piste de danse. Et là, les deux neurones de la blonde se rencontrent et font « tilt » !

Mais oui tiens, nous pourrions organiser une soirée sur une péniche ! En fait, nous pourrions organiser notre mariage sur une péniche ! Moi qui voulais faire ça à Paris, voilà de quoi tirer parti des atouts de la ville. Et si en plus on pouvait naviguer un peu pendant la soirée, ce serait le bonheur absolu. Pas trop longtemps non plus, on ne va pas retenir les invités en otage au milieu de la Seine jusqu’à trois heures du matin…

J’entends assez souvent parler de soirées sur un bateau, ça ne doit pas être insurmontable à organiser, d’autant que nous aimerions un assez petit mariage, et que nous nous orientons de toute manière vers un buffet. L’intérêt du buffet, c’est de pouvoir discuter avec plein de gens, sans se sentir coincé dans un menu à cinq plats à côté de la grand-tante que le plan de table nous a perfidement imposée comme voisine. Avec un peu de musique, et Paris la nuit comme décor, je suis sûre que même les plus récalcitrants aux mariages pourront s’amuser. Je m’y connais, j’étais l’une d’entre eux…

Rendons à César : le titre de cet article n’est pas de moi. La péniche, c’est le surnom du hall d’entrée de Sciences po, à cause d’un long banc — en forme de péniche, eh oui — en son milieu. C’est aussi le nom du site étudiant de Sciences po, fondé par mon ami Florian. Et, oui, ils ont fait une campagne de pub dont le slogan était « Enlarge your péniche » ! On va bien voir les requêtes Google que ça va me ramener…

Un mariage catholique

3 octobre 2008

Nous sommes catholiques tous les deux, et la question ne s’est jamais posée, nous voulons un mariage catholique. A l’église, avec une messe, un Evangile, un vrai engagement devant Dieu. A tel point que la cérémonie religieuse (le « vrai » mariage) n’aura probablement pas lieu en même temps que le mariage civil. Le mariage civil c’est au pire une formalité administrative, au mieux un levier d’optimisation fiscale, et nous le traiterons comme tel.

Nous avons donc réfléchi aux prêtres que nous connaissions et qui seraient susceptibles de nous marier. Mon fiancé avait un excellent souvenir de l’aumônier de son lycée, qui a accepté une invitation à dîner. Il nous a expliqué les étapes à suivre et, au-delà de l’aspect pratique, les éléments essentiels du mariage catholique. Il y en a quatre, qui sont des conditions de validité du contrat : la liberté, la fidélité, l’indissolubilité du mariage et accepter d’avoir des enfants. Il nous faut rédiger avec l’aide du prêtre un instrumentum, à savoir la lettre d’intention, qui comprend ces quatre conditions. En dehors de ça, la préparation comprend plusieurs rencontres avec le prêtre, et avec d’autres couples de fiancés. Pour servir de support, un livre qui n’est pas sans rappeler les manuels de catéchisme, et un long questionnaire sur nous deux, qui nous sommes, ce que nous cherchons, les valeurs qui fonderont notre couple et notre future famille.

Je suppose qu’il doit exister des couples qui ne prennent pas ça au sérieux, et ne s’intéressent qu’au décorum, la belle robe blanche, les chants, la musique, l’aspect solennel. Mais vraiment, j’aimerais savoir comment ils font semblant. L’Eglise est quand même particulièrement efficace pour nous mettre en face de nos sentiments et de nos interrogations les plus profonds. C’est peut-être parce qu’ils ont deux mille ans de pratique, qui sait ? Toujours est-il que, pour le moment, chaque séance avec le petit bouquin, ainsi que le questionnaire, m’ont fait pleurer. Les questions très précises sur Dieu, sur notre couple, sur notre couple avec Dieu appellent la vérité la plus nue. Oui, je veux t’épouser, je n’en ai jamais été plus certaine. Et ça m’émeut. C’est pour ça que je pleure, mon chéri.