Blogs de mariage

30 mai 2010

Donc j’arrête là le blogging « mariage ». Mais pour ceux qui sont arrivés ici en cherchant un blog sur le mariage, en voilà quelques-uns que j’aime bien où vous pourrez sûrement trouver ce que vous recherchez :

– le plus écolo : le blog du Petit Poison. Le petit poison a, à la base, un blog pas que de mariage, et puis à mesure que son mariage approche (c’est en juillet 2010), elle s’est mise à parler de plus en plus de mariage écolo en général, et du sien en particulier. Elle a plein d’idées de détails super mignons pour la décoration, et en plus, contrairement à moi elle sait coudre, donc elle est en mesure de les mettre en oeuvre !

– le plus simple : Envie de mai. Simple comme dans « pas prise de tête », mais surtout comme dans « simplicité volontaire », sa philosophie (elle vous en parlera mieux que moi). Envie de mai s’est mariée en mai (eh oui) 2010, au cours d’une cérémonie laïque et écolo. Direction son blog pour ceux qui réfléchissent à une cérémonie laïque et veulent un exemple « de la vraie vie » et pas que dans les livres…

– le plus original : Mademoiselle Dentelle. Elle est un peu comme moi, elle s’interroge sur les traditions et les trucs à la mode du mariage, que garder, que jeter. Et fatalement, ça lui donne plein d’idées originales, comme l’arbre-livre d’or (l’arbre d’or ?). Elle blogue aussi, entre autres, sur ses enfants et son nouveau chez-elle.

– le plus inspirant : Jolis mariages. AnnC a non seulement des idées, mais aussi un oeil de lynx pour les tendances, les nouveautés, les accessoires et les associations de couleur. Ses panneaux d’inspiration sauront sûrement vous aider à créer l’ambiance de votre mariage. Photos de vrais mariages (de lectrices) en prime !

– le plus scientifique : Pérégrinations autour du mariage. Quand elle se pose des questions, Mia les pose à ses lecteurs. Et part en chasse pour trouver les réponses. Où trouver des bagues écolo ? Comment bronzer avant un mariage pour éviter les traces de bretelles ? Qu’est-ce qui se cache sous les marques et labels de papiers écolo ? Comment faire durer un mariage ? Instructif et très complet.

– le plus mignon : La mariée aux pieds nus. Un très joli blog, très délicat et plein d’idées, qui me fait un peu penser aux grandes références américaines sur le sujet. Comme AnnC, Nessa (qui vient de se marier) publie parfois des photos de vrais mariages où on aimerait bien être invité !

– le magazine : Mariage so chic. Créé par Isabelle, ce magazine en ligne sur le mariage dépoussière ses homologues papier ! Agréable à lire et plein de conseils pratiques.

En anglais :

– L’incontournable : Style me pretty. Une bulle de mignonitude et d’idées. Pas trop mon style et un peu trop parfait pour être vrai, mais c’est vrai que ça fait rêver.

– Le participatif : A practical wedding. « Weddings. Minus the insanity, plus the marriage », un slogan pareil ça me parle forcément ! Comme en plus son auteur, Meg, est intelligente et féministe, et fait beaucoup participer ses lectrices, c’est toujours très sympa à lire !

– Le « real life » : je ne les connais pas mais j’ai dévoré Cypress and oak, le blog de Jules et son chéri. Jules a une vraie personnalité, beaucoup d’humour et surtout beaucoup d’attention pour les personnes qui l’entourent, ses amis, sa famille. Une anti-Bridezilla !

A vous maintenant ! Quels sont vos blogs préférés sur le mariage ?

Il me restait à vous raconter le mariage religieux. Comme on l’avait prévu, il a eu lieu dans une très belle église au centre de Paris, célébré par le prêtre qui s’était chargé de notre préparation. Les gens qu’on aime étaient auprès de nous et nous ont ensuite rejoints pour la soirée dans le restaurant d’un ami, où un buffet a été servi. La cérémonie a été très belle, malgré l’absence de chorale (qui nous a lâché sous prétexte que « préparer la messe du dimanche leur prenait beaucoup de temps », moui, c’est ça…). On s’est bien amusés à la soirée, la formule du buffet a bien convenu à tout le monde, et quand mon nouveau mari et moi avons été fatigués, on est partis en laissant nos amis s’amuser jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. Oui, quand je raconte ça, beaucoup de gens ouvrent de grands yeux, mais ça s’est révélé une bonne solution pour ne pas couper court à la fête, ni se sentir obligés de rester tard alors qu’on n’en avait pas envie. Et le lendemain, ma belle-mère a organisé un déjeuner avec nos familles et ses amis à elles. Très différent, très sympa aussi. Le point commun entre les deux : on a super bien mangé !

Mademoiselle Dentelle m’a demandé quelles seraient les choses que je referais, et quelles seraient celles que je ne referais surtout pas. Avec un peu de recul :

– Je referais : laisser mon chéri créer la playlist de la réception sur Spotify et s’assurer que la sono du restau permet un niveau sonore suffisant. C’était parfait, il a de très bons goûts musicaux et je crois que mon apport aurait très minime sur ce point !

– Je ne referais pas : l’engueuler parce que le matin du mariage la playlist n’était pas faite. cf plus haut, il s’en est très bien sorti et j’aurais dû lui faire confiance.

– Je referais : commander une pyramide de macarons chez Pierre Hermé pour la réception. On en rêvait, on avait peur du prix, finalement ça a été délicieux, spectaculaire (une pyramide d’un mètre de haut…) et pas si cher (un peu moins de 8€ par invité, et il en restait !)

Voilà la bête !

– Je referais : louer une étole en fourrure : elle était belle, douce, et elle m’a tenu bien chaud ! En même temps c’était une semaine avant la première vague de froid de l’hiver, ça aide.

– Je ne referais pas : accepter que ma nouvelle boîte m’envoie en formation en Bretagne pour 2 semaines… la semaine avant et la semaine après le mariage ! Ils ne m’ont même pas payé l’avion pour rentrer. Je vous laisse imaginer mon état d’esprit quand je suis retournée à Orly le lendemain du mariage… 😦

– Je referais : remplacer les dragées par des cyclamens en pot, qui ont servi à la fois de décoration et de cadeau. Et accepter l’aide que m’ont gentiment proposée plusieurs copines et ma mère pour les envelopper chacun de toile de jute et d’un ruban.

– Je referais : notre choix de lectures et de chants pour la messe.

– Je ne referais pas : traverser Paris en voiture un samedi deux semaines avant Noël. On a vraiment failli se mettre en retard !

– Je referais : la soirée détendue avec nos amis et le déjeuner plus sophistiqué avec la famille et les amis des parents. Parfois, quand des groupes de gens ont des attentes différentes, c’est mieux de segmenter les festivités pour que tout le monde soit content.

Hmm, quoi d’autre… Je referais évidemment le choix du mari. Il est parfait ❤

Merci à nos témoins qui nous ont soutenus et aidés. Merci à nos parents. Merci à nos familles, nos amis, au père de C. qui nous a préparés au mariage, et à Dieu qui nous a permis de nous trouver.

Merci aux lecteurs et lectrices de ce blog. Vous êtes cool et j’ai été très heureuse de vous rencontrer ! On tourne une page, je ne vais pas continuer « Comment se marier quand on est con et pleurnichard ». Mais comme j’ai toujours pensé que c’était le marriage qui comptait et pas le wedding, vous pouvez venir voir « Comment vivre marié quand on est con et pleurnichard« . Rythme de billets non garanti, contenu assez différent d’ici.

Sinon, pour ceux arrivés ici en quête d’infos et d’idées sur le mariage, un prochain (dernier) billet à venir contiendra les liens vers mes blogs de mariage préférés. Vous devriez y trouver votre bonheur !

Et en ce 14 mai, une pensée pour Envie de Mai et l’Homme qui danse, qui se marient demain. Beaucoup de bonheur à vous deux !

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, lit-on dans les contes, et c’est pourquoi lesdits contes s’arrêtent généralement à « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Comment ! Mais on ne sait rien sur la robe de la mariée ! Ni la couleur des centres de table ! Et la méchante demi-soeur a-t-elle réussi à attraper le bouquet ??

Nous nous sommes donc mariés en deux fois, d’abord le mariage civil chez mes parents en Alsace, le 21 novembre, puis le mariage à l’église (le « vrai », dans notre esprit), à Paris le 12 décembre.

Pour le mariage civil, j’ai pris le train le jeudi matin et passé la journée du jeudi avec mes parents. Je crois que ça leur a fait très plaisir de passer ces moments avec moi, tranquilles. Ma meilleure amie et néanmoins témoin est arrivée le jeudi soir. Comme on est gentils, on lui a laissé non seulement le divan du salon, mais aussi mon chien en peluche.

J’ai passé la journée du vendredi avec elle. Nous sommes allées à Strasbourg pour une vraie journée de détente : balade, tartes flambées, tour à la cathédrale, shopping, séance de maquillage — nous vous recommandons les maquillages « Belle de jour » chez Sephora : en 10 minutes et pour 10 euros, selon vos envies, et vous repartez avec la liste des produits utilisés, pour pouvoir les acheter par la suite !

Notre passage à la mairie était fixé le samedi à 16h. Devaient arriver samedi : le marié avec ses parents en voiture, et son témoin en train. Dès le matin du samedi, j’ai senti que ce serait une journée pas comme les autres : à 7 heures du matin, au petit déjeuner, mon père stressait déjà, il faut se dépêcher, on n’a pas le temps, on a plein de choses à faire, disait-il. Résultat, tout le monde était sur le pont aux aurores : nous avons fait le ménage dans la salle à manger, mis la table pour le dîner, cherché le buffet chez le traiteur.

Mon père était excité comme une puce — voire, un petit peu crispant — et c’est ainsi que je me suis retrouvée, pour le calmer, à passer l’aspirateur dans sa voiture de collection, qui devait nous conduire à la mairie, puis à l’apéro, et aussi servir d’arrière-plan pour les photos. En effet, mon père est amateur de voitures anciennes, et il est notamment l’heureux propriétaire d’une Chenard et Walcker de 1929.

un peu comme celle-là, vous voyez ?

Oui, j’ai donc passé l’aspirateur le jour de mon mariage… 🙂

Le témoin de mon mari devait arriver vers 11h30 à la gare. A 11h, il nous appelle : à la suite d’un accident de voyageur, le train a une heure de retard. Bon, c’est ennuyeux, mais on lui gardera le déjeuner au chaud. Midi, nouvel appel : en fait, ce n’est pas un mais deux malheureux qui ont choisi de mettre fin à leurs jours sur la ligne du TGV. Finalement, le train arrivera à 14h. Entretemps, le marié et ses parents sont arrivés et nous avons déjeuné.

La Chenard et Walcker sert surtout à faire joli et à marquer le coup, parce que ni la mairie ni le bar où nous organisons l’apéritif ne sont à plus de 200m de chez mes parents ! Nous avons de la chance, le soleil brille et il fait doux en cette fin de novembre. Cependant les jours commencent à raccourcir et il est décidé de faire les photos avant de passer à la mairie, pour des raisons de luminosité.

S’agissant du mariage civil, nous sommes… en civil ! Mon mari porte son beau costume bleu marine (celui des oraux et des enterrements), avec une chemise blanche et une cravate rouge, et un très élégant manteau gris. J’ai opté pour une jupe jaune, blanche et noire avec des motifs de fleurs stylisées, un haut noir et mon manteau rouge. On est beaux ! Le témoin de mon chéri porte un de ses costumes de boulot, ma témoin est en jean avec une très belle veste. La mère de mon mari n’a pas résisté à la tentation d’arborer un chapeau, elle détonne un peu mais s’en fiche et prend moult photos, cigarette au bec.

La commune de mes parents compte 13 000 habitants, dans un beau coin d’Alsace aux recettes d’impôts locaux confortables. Le centre-ville est donc plutôt joli. Nous nous décidons pour la place de l’église et son lavoir comme décor pour les photos, dont un ami photographe de mon père a accepté de se charger.

Nous nous dirigeons alors vers la mairie, où nous retrouvons le reste des invités, principalement des gens de ma famille et des amis de mes parents. J’ai mentionné que c’était une petite ville ? Je connais bien le maire depuis que je suis petite, c’est une gentille grand-mère qui nous fait un très joli discours, personnel et touchant. La cérémonie est rapide, dans la mesure où nous nous marierons à l’église. Nous écoutons les lois de la République, échangeons nos consentements, je remarque du coin de l’oeil que mon père écrase une larme.

A la fin, le maire nous dit : « Et maintenant, je vais donner le livret de famille au chef de famille ». Mon chéri et moi nous regardons, hésitons un peu, et puis c’est moi qui m’empare du livret, sous les rires de l’assemblée.

Ensuite… Un ami de mon père nous a fait la surprise de venir avec sa propre voiture de collection, une Ford A torpédo, et c’est finalement lui qui nous conduit au bar où nous attend un bon gros apéro alsacien, kouglofs salés et sucrés, bretzels, blanc d’Alsace… et plein d’amis et de gens de ma famille !

Le tout se finit par le dîner chez mes parents, avec juste la famille et nos témoins, autour d’un buffet froid.

Voilà, rien de très spectaculaire mais une très belle journée pour nous. Le lendemain, le témoin de mon mari a repris le train et… a eu deux heures de retard aussi pour le retour !

… con et pleurnichard, vous devez finir par connaître mon gimmick.

Remarque liminaire : vous avez tous mes plus plates excuses pour le silence radio de ces dernières deux semaines. Un bref résumé des événements donnerait : nous nous sommes mariés civilement, j’ai trouvé un job et commencé à travailler, les préparatifs du mariage religieux s’affolent, je suis actuellement en séminaire de formation à Perpette-les-Oies pour deux semaines et je dois prendre l’avion vendredi soir pour rentrer à Paris et me marier. Et puis, donc, mon chéri (fiancé ? mari ? Comme le dit ma belle-mère, nous sommes un peu dans le no man’s time en ce moment, pas encore mariés mais quand même un peu, difficile de savoir quel terme employer…), mon chéri et moi-même, donc, avons enterré notre vie de célibataires.

Nous avons tous les deux la chance d’avoir des amis fabuleux et plutôt nombreux. La preuve, j’ai trois témoins et il en a quatre. Mon amie Julie m’a parlé depuis bien longtemps de l’enterrement de vie de jeune fille qu’elle avait l’intention de m’organiser. Je dois avouer que j’étais réticente au début, le scénario hammam-accrobranches-stripteaseurs me tentant très moyennement… Mon fiancé, quant à lui, a refusé énergiquement l’idée même d’un enterrement de vie de garçon. Mais Julie a de bien meilleures idées que ça…

Elle a aussi un partner in crime, en la personne de l’un des témoins de mon chéri (appelons-le Témoindechéri). C’est au mariage civil qu’ils se sont rencontrés et ont eu l’idée maîtresse pour nos enterrements…

Tout est parti d’une discussion au petit déjeuner, le lendemain de notre passage à la mairie : quels sont les comportements d’homme et quels sont les comportements de femme ? Plus précisément, comment pourrait-on définir une journée d’homme, et une journée de femme ? Le sujet nous a vite inspirés, il a été question de rugby, de bière, d’épilation, de shopping, de poker… Et puis nos témoins ont eu la même idée que Céline, l’Ingliche Titcheur : et si on faisait vivre à Marie une journée d’homme, et à son chéri une journée de femme ?

Un samedi matin de novembre, donc… Mon chéri était parti bosser, quand on frappe à la porte. Naïvement, je vais ouvrir… et me retrouve nez à nez avec des kalachnikovs brandies par de grands individus cagoulés. J’ai poussé un hurlement qui a dû réveiller tous les voisins. Ils se sont rués dans l’appartement en criant eux aussi et en me braquant avec leurs armes. Quand ils ont ôté leurs cagoules, j’ai reconnu trois de nos témoins… Les kalachnikovs étaient super bien imitées.

Et après eux, est entré mon chéri. J’ai d’abord cru qu’il était de mèche, mais non : ils l’avaient cueilli dans le hall de l’immeuble quand il était sorti ! Le programme de la journée, tel que conçu par les témoins, était de nous enlever chacun de notre côté, puis :

– le matin, les témoins de mon fiancé me faisaient vivre une journée typique de mec : un gros steak et une pinte de Guiness en guise de petit dej, suivi d’un entraînement de rugby et d’un visionnage de Rocky 4

– pendant ce temps, mes témoins faisaient vivre à mon fiancé une journée typique de fille : Love Actually, vaisselle, perruque blonde, épilation, jus de concombre (bio, n’est-ce pas Marine ?) en guise de déjeuner

– et l’après-midi, échange des prisonniers (et des activités, donc) : trucs de filles avec mes copines (et moult chocolat) pour moi, trucs de mecs avec ses copains (et moult cigarettes) pour lui.

Sauf que voilà, mon fiancé a son caractère. Quand Julie s’est approchée de lui avec la perruque blonde et le boa en plumes roses, il a refusé tout net. Nos amis le connaissent quand même un peu, et ils ont vite compris que s’il n’avait pas donné son accord pour cet « enterrement » et qu’il refusait en faisant cette tête-là, il valait mieux laisser tomber, parce qu’avec lui non c’est non. Du coup… exécution du plan B.

Nous avons décidé d’aller petit-déjeuner tous ensemble. Nos témoins étaient toujours chargés de tout le matériel (déguisements notamment) prévu pour le plan initial, et voilà qu’en passant devant un bar, nous voyons une petite annonce : « Cherchons serveuse, se présenter avec CV et photo ». Témoindechéri a regardé l’annonce, le sac de déguisements, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire il a décidé de passer cet entretien d’embauche. Petit passage à l’appartment pour se changer, et voilà que nous avons fait la connaissance d’Ursula…

Alors voilà, je vais vous la présenter parce qu’elle est un peu timide… Ursula est étrangère, elle apprend notre belle langue. Elle travaille la nuit, mais ça ne l’empêche pas de vouloir se faire plein d’amis dans son nouveau pays… Vous pourrez la trouver le soir, dans l’ouest parisien, elle aime bien se balader au milieu des arbres pour regarder les étoiles…

Quand nous sommes arrivés au café où nous avions l’intention de petit-déjeuner, on nous a accueilli en disant « Désolés, on ne sert pas d’alcool avant dix heures »…

L’après-midi, les hommes sont en effet allés regarder Rocky 4 en fumant des cigares et en buvant de la bière, pendant que nous allions manger une fondue au chocolat !

Alliance

21 novembre 2009

L’autre soir, alors que nous refaisions le monde avec un ami autour d’une pizza, mon fiancé a dit : « Souvent, je touche mon annulaire, et il me manque quelque chose, j’aimerais porter déjà mon alliance. Qu’est-ce je suis impatient ». A ce moment-là, je me suis rendue compte que, inconsciemment, moi aussi je touchais souvent mon annulaire, comme à la recherche de l’alliance…

Ceci est un article programmé. A l’heure où vous le lirez, mon fiancé et moi serons devant le maire, en compagnie de membres de nos familles, d’amis, et de plein de connaissances de mes parents qui ont décidé de se joindre à nous pour cette petite cérémonie civile. Mon père nous conduira en voiture, le maire nous lira les articles du Code civil, et nous demandera si vraiment, tout compte fait, mon fiancé veut épouser une blonde alsacienne, catholique, obsédée par l’orthographe, et si vraiment, tout compte fait, je veux épouser un entrepreneur beau, brillant, catholique, et encore plus obsédé par l’orthographe que moi. Je crois que nous dirons oui.

Non, ce ne sont pas les nôtres, mais elles y ressemblent un peu... Photo : matthewgriff, Flickr

Galerie de portraits

20 novembre 2009

Ce qui est bien, quand on organise un mariage, c’est qu’on rencontre pour cela de nombreux professionnels, qu’on n’aurait pas forcément l’occasion de connaître autrement. Il faut l’avouer, beaucoup sont hauts en couleurs. Tels que…

La couturière : la vendeuse de la robe de mariée m’avait prévenue. J’entre dans la boutique de retouches, et j’y trouve deux femmes qui n’interrompent pas leur conversation quand j’arrive. Deux minutes plus tard, l’une d’elle, blonde, mâchant un chewing-gum, se tourne vers moi et me demande ce qui m’amène. Je lui explique la retouche à faire et essaie la robe. Aïe, ça plisse au niveau de la taille. Je devrais mincir ou faire retoucher aussi la taille. C’est aussi ce qu’elle pense, et elle ne manque pas de me le dire, toujours avec son chewing-gum en bouche. Et ça, c’est quoi ? Euh, ça ce sont les manches de la robe, elles sont amovibles, je ne vais pas les porter. Ah pourquoi, elles sont belles pourtant. Ma mère renchérit. Non mais sérieusement, elles ne me plaisent pas. Bon, elle pose les épingles.

Je rate mon rendez-vous pour venir rechercher la robe et arrive quelques jours plus tard. Je me suis pas inquiétée, me dit-elle, c’est vous qui vous mariez, je me disais que vous alliez pas tarder à revenir. Elle a toujours un chewing-gum, pas le même j’espère. Comment, le fiancé a vu la robe ! J’essaie la robe. Les plis ont disparu, youpi, j’ai minci, et la retouche est parfaite. Oui, la vendeuse m’avait prévenue, elle a son caractère mais elle bosse super bien.

Le fourreur : Les fourrures ne se conservent pas n’importe comment, il y a des conditions de température et d’humidité bien précises à respecter. C’est particulièrement important pour cet homme rond, avec ses petites lunettes, parce qu’il s’est spécialisé dans la garde de fourrures pendant l’été. L’ambiance est donc assez particulière dans sa boutique, beaucoup d’air qu’on sent circuler grâce à de nombreux dispositifs de ventilation. On pourrait se croire dans l’espace réservé aux oeuvres fragiles, dans un musée, ne serait-ce l’épaisse moquette. Le fourreur est très posé, il ne rit pas à mes blagues, je le trouve assez intimidant. Ou alors, c’est mon propre inconfort à entrer pour la première fois chez un fourreur, ma crainte d’abîmer les trucs tout doux et hors de prix que j’essaie.

Le général : Je ne l’ai pas encore rencontré, mais il l’air d’un sacré personnage. C’est le père d’une amie qui sera présente au mariage, et ma belle-mère le connaît bien. Grâce à lui, ma belle-mère a pu réserver une belle salle qui appartient à l’armée pour le déjeuner du lendemain. Le général est spécialiste de physique nucléaire, mais à part ça, son dada dans la vie, c’est la couture, il coud des vêtements très chouettes à sa fille…

La responsable des réceptions dans ladite salle de l’armée : C’est la mère de mon fiancé qui s’occupe du déjeuner, je l’ai accompagnée la semaine dernière pour voir les menus. Nous expliquons à cette petite jeune femme qu’il nous faudra des repas casher. Ah, vous comprenez, pour des raisons d’hygiène on ne peut pas faire venir de nourriture de l’extérieur, il faut que notre cuisinier fasse tout. OK, il a une cuisine casher ? Bah non. Mais comment font les gens qui mangent casher chez vous, d’habitude ? Réponse embarrassée. Ma belle-mère : donc depuis l’affaire Dreyfus, il n’y a plus de juifs dans l’armée française ? La responsable finit par lâcher que en effet, ils ont des accords avec deux traiteurs casher, mais c’est pas très classe d’apporter des plateaux dans du cellophane. Euh oui, mais c’est encore moins classe si certains invités ne peuvent pas manger, non ?

Le coiffeur : ou plutôt les coiffeurs. Ils travaillent dans le même espace, mais indépendamment, chacun a son propre tarif, ses propres clients, ses spécialités. Cela ne les empêche pas d’adopter un look assorti, pantalon noir à pinces et chemise blanche. Ils sont unanimes pour dire que j’ai de très beaux cheveux. C’est bon pour l’ego, ça !

La coloriste me raconte des histoires de mariées, celle d’une de ses clientes qui est tombée sur une couturière folle, celle d’une future mariée obèse qui tenait absolument à sa robe avec des fleurs en relief au niveau du ventre. Ils connaissent tous bien mon fiancé et sa mère. L’un des coiffeurs est spécialisé en coiffures de mariées, il note mon rendez-vous au nom de ma future belle-mère, « comme ça je me souviens ». Il a une crinière blanche très soignée, des gestes fins et précis. Pour vous, me dit-il, je vois très bien une coiffure comme ça… attendez, je vais faire une simulation, vous voyez, un noeud ici, comme une queue de cheval, qui en rejoint une autre comme ça, voilà, en crêpant un peu plus les cheveux… Ma robe comporte du ruban blanc, on pourrait en utiliser pour la coiffure, mais le ruban des manches ne suffit pas, il en faut un morceau plus long. Nous prenons rendez-vous mardi et il m’indique une mercerie dans le quartier.

Le type de la mercerie, donc : Il officie dans une toute petite boutique, ancienne, avec des étagères en bois encombrées et des tiroirs partout. Petite quarantaine, emmitouflé dans un gros blouson assez incongru dans ce quartier chic, surtout à l’intérieur. En dehors de la mercerie, la boutique vend aussi de la passementerie. Je m’extasie sur le choix impressionnant de galons, il m’explique que c’était la grande mode ces dernières années, pour les tentures murales, qu’il en vendait par vingt mètres d’un coup, maintenant c’est un peu passé. La passementerie me fait irrésistiblement penser à mon père, tapissier, cette mercerie est plus fournie que lui en la matière ! Votre père est tapissier où, me demande-t-il ? Eh non, pas vraiment dans le quartier, en Alsace !

Hier j’ai repensé aux débuts de ce blog. Août 2008, une petite éternité. Depuis que j’ai commencé à écrire ici, pas mal de choses difficiles me sont tombées dessus. Le décès de ma grand-mère, un cambriolage, une grosse rupture amicale, une recherche d’appartement difficile (dont un mois à squatter chez les parents de mon fiancé, merci à eux), une recherche de job encore plus difficile, le décès de ma tante. Et chaque fois, mon fiancé a été là. Il a été parfait. Il est parfait.

Il y a aussi eu plein de moments heureux, hein ! La réussite de son concours par mon fiancé, Noël en famille, notre beau week-end de mai, mon diplôme, nos décisions professionnelles à tous les deux, tous les bons moments passés avec nos familles et nos amis.

En nous mariant, c’est ça que nous décidons de continuer. J’ai hâte de la porter, cette alliance, et que nous nous attaquions à la suite des aventures !

Avec tout ça je me pose aussi des questions quant à ce blog. Mon objectif de départ était de parler de mariage en général et du nôtre en particulier. Je pense qu’après notre mariage, je n’aurai plus envie de parler d’organisation de mariage, je ne vais pas en faire mon métier non plus. Mais j’aimerais bien continuer à écrire, ici ou ailleurs, peut-être sur des sujets plus sérieux. Qu’en pensez-vous ?

Avancée des préparatifs

16 novembre 2009

C’est dans moins d’un mois maintenant. Nous serons mariés civilement dans cinq jours, à l’église dans un peu moins de 4 semaines… Du coup, les préparatifs s’accélèrent un peu.

Nous avons décidé du dessert pour le mariage religieux. Ce sera une pyramide de macarons. Il nous reste à choisir les parfums et à commander la bête — rien d’urgent, le pâtissier demande seulement 72h de délai.

Nous avons décidé des chants pour la cérémonie. Je vais me remettre en contact avec la chorale qui avait donné son accord de principe, a priori ils connaissent tous les chants.

Les alliances sont prêtes.

Je ne sais pas encore comment je vais me coiffer. J’appelle le coiffeur demain.

Je suis allée choisir mon bouquet avec la mère de mon fiancé. Elle le raconte sur son propre blog, nous sommes allées chez Trousselier, spécialiste des fleurs en soie. J’ai choisi la forme du bouquet, les fleurs, et j’y retourne la semaine prochaine pour admirer le bouquet qu’ils auront fait avec, et le cas échéant faire des modifications.

Alors que je venais de décider de ma tenue pour le mariage civil (une jupe jaune et un chemisier pas vraiment récents, mais que j’aime bien, qui sont joyeux et colorés), ma mère trouve que je devrais m’acheter une robe neuve. Mieux, elle veut m’offrir une robe neuve. La plupart d’entre vous ne la connaissent pas, mais je sais déjà qu’elle ne lâchera pas l’affaire avant que j’aie au moins passé du temps dans les boutiques à essayer des fringues. Je la trouvais très bien moi, ma jupe jaune, et en cette saison, allez trouver une belle robe colorée… Tout ça n’est pas très utile à mon avis. Mais ça part d’une intention très gentille, merci maman…

Mon père, quant à lui, a demandé à un de ses amis qui est photographe de prendre des photos de nous au mariage civil — qui, je le rappelle, devait être pour nous un truc purement administratif, sans fête particulière, on signe un papier et on va déjeuner ensemble. On n’a même pas de photographe professionnel au vrai mariage, c’est le monde à l’envers cette histoire… Comme nous irons à la mairie en fin d’après-midi, le photographe préférerait faire les photos avant. « Mais je sais pas trop quand », dit mon père, « je lui ai demandé tard, donc il faudra qu’on se cale sur son horaire. Donc entre le déjeuner et la mairie, il ne faudra pas que tu ailles en ville… » Aller en ville ? Une heure avant le mariage ? Euh, non papa, ça ne m’avait pas effleurée.

 

Vous sentez un peu de lassitude ? Oui, c’est le cas.

Le salon du divorce ?

8 novembre 2009

Les 7 et 8 novembre se tient (se tenait) à Paris le premier salon « du divorce, de la séparation et du veuvage », intitulé « Nouveau départ ». Je ne suis pas la première à en parler, mais je voulais revenir sur ce concept que je trouve assez étrange. D’ailleurs, j’ai d’abord cru à une blague.

Sur le site de Nouveau départ, on apprend que le concept vient d’Autriche. Apparemment, les 155 000 divorces qui ont lieu tous les ans en France (sans compter les séparations et les décès) ouvrent un marché que les organisateurs de ce salon et leurs exposants n’entendent pas dédaigner.

Après tout, c’est vrai, les personnes qui divorcent ont besoin de faire appel à un avocat, or les avocats n’ont pas le droit de faire de la publicité directement, donc aller sur un salon, de leur point de vue, pourquoi pas. Je veux bien comprendre aussi la présence des divers psy-quelquechose sur le salon. Mais franchement, cette approche relève d’un ambulance-chasing que je trouve, personnellement, du plus mauvais goût. Et puis on part ensuite dans le n’importe quoi, avec la présence sur le salon de détectives privés (quelle classe), d’agents immobiliers et de décorateurs (séparation = déménagement, mais enfin c’est un peu tiré par les cheveux). Sans oublier les conseillers en image de soi, et évidemment les agences matrimoniales et sites de rencontre.

Les organisateurs ont deux postulats, que je trouve discutables tous les deux :

– l’amalgame entre les séparations et le deuil : j’ai peine à croire que les veufs/veuves et les personnes qui viennent de se séparer de leur conjoint aient réellement les mêmes besoins, et très honnêtement je trouve le rapprochement entre les deux glauque. Une personne qui vient de perdre son conjoint serait invitée à se rendre dans un salon où, entre autres, elle passera devant des stands de sites de rencontre, de « conseillers en chirurgie esthétique » et de lingerie ?

– pire encore, l’idéologie sous-jacente qui semble être « réussissez votre rupture ». Merde, une rupture, ça ne se « réussit » pas, c’est un événement profondément traumatisant (souvent aussi traumatisant pour celui qui quitte que pour celui qui est quitté), ça remet en question des choix et des convictions, et ce salon entend répondre à cela par des propositions de services de détectives privés, banquiers, déménageurs et agences de voyage ? C’est sûr, si votre mariage est un désastre, la réponse réside dans la consommation ! Comment n’y avais-je pas pensé avant ? (et s’appliquant aux veufs, ça en devient carrément insultant). Très sincèrement, ces approches me semblent faire plus de mal que de bien. J’imagine que l’objectif est de permettre aux divorcés de se changer les idées et de régler leurs problèmes concrets les plus urgents. Mais si ces hochets divers arrivent à accaparer l’attention de la personne séparée et lui faire croire qu’elle se sent mieux, ce sont ni plus ni moins que des divertissements pascaliens qui risquent de l’empêcher de faire l’introspection dont elle aurait probablement besoin dans ces moments. D’ailleurs, comme par hasard, le spirituel est complètement évacué du salon — ah non, sauf une conf animée par des religieux — commodément remplacé par des psy-quelquechose (je n’ai rien contre les psys. C’est juste que je ne suis pas sûre qu’ils soient suffisants dans ce contexte).

Mais après tout, « réussissez votre rupture », qu’est-ce que ça a de choquant une fois qu’on a admis les « réussissez votre mariage » et surtout le charmant « réussissez votre enfant » ? L’industrie du mariage, l’industrie de la puériculture et des cours de soutien, pourquoi pas l’industrie du divorce ? Oui, vraiment, je peux comprendre l’intérêt pour tous ces professionnels de se regrouper sur un salon. Ce que je ne saisis mais alors pas du tout, c’est l’intérêt pour les visiteurs de s’y rendre. « Tiens, chéri, si on allait au salon du divorce ce week-end ? »

Le salon découpe la séparation en « avant », « pendant » et « après ». Si j’ai bien compris cette page, les principaux enjeux sont respectivement : décider de divorcer ou pas, défendre ses intérêts pendant le divorce (grâce aux avocats et aux détectives privés), et se reconstruire et passer à autre chose.

Quelques réflexions : prétendre aider les couples à choisir de divorcer ou pas, n’est-ce pas un peu les inciter à divorcer ? Pour des couples qui se posent la question de se séparer, aller à ce salon équivaut un peu à évoquer la question à voix haute pour la première fois… Les détectives privés ? Une amie me racontait qu’un détective privé de sa connaissance lui avait dit : « Quand une femme vient me voir pour savoir si son mari la trompe, je peux dire deux choses avec certitude : premièrement, qu’il la trompe effectivement ; deuxièmement, que si elle vient me voir, le mariage est déjà fini ». D’un côté l’adultère, de l’autre le manque de confiance, chacun des deux est une raison de divorcer à part entière.

Alors, qui peut bien être le public visé ? Des couples qui vont divorcer et ont trouvé une sympathique idée de sortie en famille ? Des maris ou femmes venus chercher un avocat ? Ou tout ceci n’est-il que le faux nez d’un énième salon pour les femmes seules ?

Qu’en pensez-vous ? Je suis particulièrement curieuse de connaître l’opinion de mes lecteurs séparés ou veufs…

 

PS : Je viens de lire, sur le même sujet, cet article de L’Antidote dans Marianne 2 — oui oui, j’ai de saines lectures…

En bonne blogueuse narcissique, je regarde de temps en temps ce que les gens cherchent pour arriver sur mon blog. Après tout, ça me permet de savoir quels sujets intéressent le plus les lecteurs — encore que, je préfère me fier aux commentaires, rien ne me dit que, par exemple, la personne qui cherche « gâteau Star Wars pâtissier » a des chances de trouver son bonheur ici et de revenir.

Or, j’observe depuis plusieurs semaines une requête qui me fait beaucoup rire : « robe de marié ». Avec ses déclinaisons, « robe de marié manches longues », « robe de marié pour l’hiver », « robe de marié en lainage ».

Alors, si ça peut vous faire plaisir, voici une robe de marié :

 

Une magnifique robe... de marié. Image : The Unmanly Blog

Non, non, ne me remerciez pas. Bientôt, dans la série Ayatollah de l’orthographe, une autre requête qui me fait encore plus hurler de rire : « robe de marée »…