Les gens heureux n’ont pas d’histoire, lit-on dans les contes, et c’est pourquoi lesdits contes s’arrêtent généralement à « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Comment ! Mais on ne sait rien sur la robe de la mariée ! Ni la couleur des centres de table ! Et la méchante demi-soeur a-t-elle réussi à attraper le bouquet ??

Nous nous sommes donc mariés en deux fois, d’abord le mariage civil chez mes parents en Alsace, le 21 novembre, puis le mariage à l’église (le « vrai », dans notre esprit), à Paris le 12 décembre.

Pour le mariage civil, j’ai pris le train le jeudi matin et passé la journée du jeudi avec mes parents. Je crois que ça leur a fait très plaisir de passer ces moments avec moi, tranquilles. Ma meilleure amie et néanmoins témoin est arrivée le jeudi soir. Comme on est gentils, on lui a laissé non seulement le divan du salon, mais aussi mon chien en peluche.

J’ai passé la journée du vendredi avec elle. Nous sommes allées à Strasbourg pour une vraie journée de détente : balade, tartes flambées, tour à la cathédrale, shopping, séance de maquillage — nous vous recommandons les maquillages « Belle de jour » chez Sephora : en 10 minutes et pour 10 euros, selon vos envies, et vous repartez avec la liste des produits utilisés, pour pouvoir les acheter par la suite !

Notre passage à la mairie était fixé le samedi à 16h. Devaient arriver samedi : le marié avec ses parents en voiture, et son témoin en train. Dès le matin du samedi, j’ai senti que ce serait une journée pas comme les autres : à 7 heures du matin, au petit déjeuner, mon père stressait déjà, il faut se dépêcher, on n’a pas le temps, on a plein de choses à faire, disait-il. Résultat, tout le monde était sur le pont aux aurores : nous avons fait le ménage dans la salle à manger, mis la table pour le dîner, cherché le buffet chez le traiteur.

Mon père était excité comme une puce — voire, un petit peu crispant — et c’est ainsi que je me suis retrouvée, pour le calmer, à passer l’aspirateur dans sa voiture de collection, qui devait nous conduire à la mairie, puis à l’apéro, et aussi servir d’arrière-plan pour les photos. En effet, mon père est amateur de voitures anciennes, et il est notamment l’heureux propriétaire d’une Chenard et Walcker de 1929.

un peu comme celle-là, vous voyez ?

Oui, j’ai donc passé l’aspirateur le jour de mon mariage… 🙂

Le témoin de mon mari devait arriver vers 11h30 à la gare. A 11h, il nous appelle : à la suite d’un accident de voyageur, le train a une heure de retard. Bon, c’est ennuyeux, mais on lui gardera le déjeuner au chaud. Midi, nouvel appel : en fait, ce n’est pas un mais deux malheureux qui ont choisi de mettre fin à leurs jours sur la ligne du TGV. Finalement, le train arrivera à 14h. Entretemps, le marié et ses parents sont arrivés et nous avons déjeuné.

La Chenard et Walcker sert surtout à faire joli et à marquer le coup, parce que ni la mairie ni le bar où nous organisons l’apéritif ne sont à plus de 200m de chez mes parents ! Nous avons de la chance, le soleil brille et il fait doux en cette fin de novembre. Cependant les jours commencent à raccourcir et il est décidé de faire les photos avant de passer à la mairie, pour des raisons de luminosité.

S’agissant du mariage civil, nous sommes… en civil ! Mon mari porte son beau costume bleu marine (celui des oraux et des enterrements), avec une chemise blanche et une cravate rouge, et un très élégant manteau gris. J’ai opté pour une jupe jaune, blanche et noire avec des motifs de fleurs stylisées, un haut noir et mon manteau rouge. On est beaux ! Le témoin de mon chéri porte un de ses costumes de boulot, ma témoin est en jean avec une très belle veste. La mère de mon mari n’a pas résisté à la tentation d’arborer un chapeau, elle détonne un peu mais s’en fiche et prend moult photos, cigarette au bec.

La commune de mes parents compte 13 000 habitants, dans un beau coin d’Alsace aux recettes d’impôts locaux confortables. Le centre-ville est donc plutôt joli. Nous nous décidons pour la place de l’église et son lavoir comme décor pour les photos, dont un ami photographe de mon père a accepté de se charger.

Nous nous dirigeons alors vers la mairie, où nous retrouvons le reste des invités, principalement des gens de ma famille et des amis de mes parents. J’ai mentionné que c’était une petite ville ? Je connais bien le maire depuis que je suis petite, c’est une gentille grand-mère qui nous fait un très joli discours, personnel et touchant. La cérémonie est rapide, dans la mesure où nous nous marierons à l’église. Nous écoutons les lois de la République, échangeons nos consentements, je remarque du coin de l’oeil que mon père écrase une larme.

A la fin, le maire nous dit : « Et maintenant, je vais donner le livret de famille au chef de famille ». Mon chéri et moi nous regardons, hésitons un peu, et puis c’est moi qui m’empare du livret, sous les rires de l’assemblée.

Ensuite… Un ami de mon père nous a fait la surprise de venir avec sa propre voiture de collection, une Ford A torpédo, et c’est finalement lui qui nous conduit au bar où nous attend un bon gros apéro alsacien, kouglofs salés et sucrés, bretzels, blanc d’Alsace… et plein d’amis et de gens de ma famille !

Le tout se finit par le dîner chez mes parents, avec juste la famille et nos témoins, autour d’un buffet froid.

Voilà, rien de très spectaculaire mais une très belle journée pour nous. Le lendemain, le témoin de mon mari a repris le train et… a eu deux heures de retard aussi pour le retour !

Pièce montée indigeste

14 septembre 2009

C’est ce que je me suis dit en lisant le roman de Blandine Le Callet, Une pièce montée. Comme il n’est pas tout récent, je suppose que beaucoup d’entre vous en ont entendu parler, mais pour les autres : c’est le mariage de Bérangère et Vincent, un mariage pseudo-catho prout-prout à la campagne, avec chapeaux, grandes familles et une bonne dose de tartufferie. Au fil des chapitres, l’auteur adopte successivement le point de vue de 9 protagonistes, chez qui ce mariage éveille des interrogations et des rancoeurs toutes personnelles…

Image piquée sur livredepoche.com
Image piquée sur livredepoche.com

Le début, que j’ai lu dans la librairie avant d’acheter le bouquin, me semblait prometteur. C’est un grand plaisir pour moi de lire dans les librairies, et c’est tout à fait praticable quand il y a suffisamment de gens autour, j’ai lu comme ça un Nothomb en entier une fois. Je ne suis généralement pas friande des mariages de fiction, que ce soient les 27 robes de Katherine Heigl, distrayant sans plus, le mariage du meilleur ami de Julia Roberts qui n’était pas si drôle, ou ce film dont le titre m’échappe, où Jennifer Lopez est wedding planner et tombe amoureuse de son client. Ce dernier m’avait bien plu, j’avais entrevu une fin originale où chacun se marierait avec son partenaire « officiel » et où les relations de couple cimentées au fil des années compteraient davantage qu’un coup de coeur passager, mais il semblerait qu’il ne faille pas trop en demander à Hollywood…

Revenons donc à cette fameuse pièce montée. Au début on découvre Pauline, l’une des DOUZE enfants d’honneur du couple — comme le souligne un personnage du livre, c’est assez ridicule, et ça donne le ton du mariage. Dans une interview, l’auteur avouait avoir mis en Pauline certains traits d’elle-même petite… Ce premier chapitre m’a paru assez convaincant, à défaut de casser des briques en termes de style — c’est assez plat. On y découvre aussi Lucie, une petite fille trisomique qui est un excellent personnage. ça se gâte un peu au second chapitre. C’était une bonne idée de s’intéresser au prêtre, Blandine Le Callet a assez de culture religieuse pour que ce soit un personnage convaincant, mais pourquoi ce postulat que tous les cathos sont des hypocrites ? Au lieu de créer un prêtre qui doute (ce qui était son intention de départ, je suppose), l’auteur nous donne un prêtre qui ne croit pas en Dieu. C’est beaucoup moins intéressant. Et c’est dommage, elle aurait pu faire davantage avec ce personnage-là.

On passe ensuite à divers invités, qui nous offrent parfois des narrations croisées du même épisode. C’est efficace et bien fait. Marie et Jean-Philippe, en particulier, sont de bonnes idées. Mais je regrette que dans tout le roman, les personnages sympathiques soient les célibataires et les athées. C’est une vision un peu trop manichéenne à mon goût.

Je remarque aussi que tous les personnages qu’on suit se sentent étouffés dans cette famille. J’hésite à interpréter cet aspect-là de la narration. Soit c’est de la paresse de la part de l’auteur, qui ne s’intéresse jamais aux personnages décrits comme méchants et tartuffes (les mères des mariés, par exemple), soit ce qu’elle veut nous dire, c’est que les membres de la famille créent eux-mêmes, pour toutes sortes de raisons, cette ambiance dont ils souffrent. Par exemple, Marie souffre d’être comparée à Bérangère, mais Bérangère ne se trouve au fond pas aussi intelligente que Marie…

Et la mariée, justement… Bérangère est avocat (on y croit moyennement, soit dit en passant). Elle est aussi présentée comme une insupportable minette superficielle, une Bridezilla intéressée uniquement par la perfection de son mariage, et qui en oublie son mari en chemin. Elle est méchante gratuitement envers la nièce trisomique du dit mari. C’est un personnage très superficiel, malgré une allusion glissée à une affaire de violences familiales dont elle s’occupe à son cabinet. Elle ne devient intéressante qu’à la fin, grâce à sa relation avec sa grand-mère. Le revirement est inattendu, pas très crédible. Mais allez savoir pourquoi, je trouve qu’il rattrape un peu le reste du livre.

Qu’en retenir ? Franchement, ce n’est pas le roman du siècle. Le sujet est intéressant mais un peu rebattu — sur l’hypocrisie des familles bourgeoises catholiques, vous pouvez vous tourner avantageusement vers Les grandes familles de Druon. Le style est plat et sans grand intérêt, les personnages manquent souvent de profondeur. Je n’adhère pas au parti pris moral, pas seulement parce que je suis catholique et me sens attaquée, mais surtout parce que le roman aurait gagné à être plus nuancé. En revanche la narration chorale marche bien, c’est facile à lire, et il y a parfois de bonnes trouvailles, des personnages qu’il faudrait étoffer juste un peu plus pour ce que ce soit un très bon roman. Et évidemment, pour qui est en pleins préparatifs de mariage, cette Pièce montée évoque des choses familières…

Vous l’avez lu ? Vous en pensez quoi ?

Chti problème

9 juin 2009

Mon amie A. (qui vient du Nord, donc oui, mon titre est un jeu de mot foireux) a un petit problème… Son chéri et elle ont décidé de se marier l’année prochaine et elle commence à réfléchir à l’organisation de l’événement. Seulement voilà, la famille d’A. est nombreuse, et recomposée : toute une tripotée de demi-frères, oncles, tantes, grands-parents, cousins, leurs conjoints et enfants respectifs, tout ce petit monde éparpillé entre le Nord et l’Alsace.

En se limitant au périmètre familial resserré classique (parents et beaux-parents, demi-frères, grands-parents, oncles, tantes et leurs conjoints, cousins, avec leurs enfants quand ils sont petits), elle arrive à… 136 personnes.

Ouch.

Quant à son fiancé, il est fils unique, ses parents ont chacun un frère qui n’est pas marié. Le même périmètre familial pour lui représente… 11 personnes.

Que faire ?

Pour le moment, elle réfléchit à organiser le mariage loin, par exemple à Tours où ils vont bientôt s’installer, ce qui dissuadera beaucoup de monde de venir… et permettra peut-être d’inviter aussi quelques amis, ce serait quand même sympa…

Vous feriez comment, vous ? Pour organiser le mariage, et pour le financer, parce que moitié-moitié pour les deux familles ce n’est pas franchement équitable là…

Entendu ce week-end

8 juin 2009

Ce week-end, mon fiancé et moi avons été invités au mariage de mon cousin (en fait, on n’a aucun lien de parenté, mais c’est une longue histoire). Merci aux mariés ! Le compte-rendu détaillé de l’événement n’a pas grand intérêt si vous ne connaissez pas les mariés, alors à la place voici quelques phrases entendues pendant la cérémonie et la réception :

Ma mère : ça va, ma robe ? Tu es sûre ? [oui Maman, tu es sublime. Et je ne dis pas ça que pour te faire plaisir]

Le marié, pendant que nous attendions à la mairie (les mariés précédents avaient pris du retard) : Bon, on se fait chier, on va prendre une bière ?

Moi : Mais qu’est-ce que c’est que ces tenues ? Elle ne se rend pas compte que sa robe est transparente et qu’on voit son string ? (non, pas la mariée !)

L’officier d’état-civil : Bon alors maintenant on va passer aux formalités administratives, je vais vous lire les articles du Code Civil.

Mon fiancé, ancien juriste : Morue ! Le Code civil, ce n’est pas une formalité admnistrative, ce sont les lois de la République ! Chaque mot a été soigneusement choisi par de grands juristes puis voté par les représentants du peuple souverain !

L’oncle du marié : Bonjour ! Qu’est-ce que tu as grandi ! La dernière fois que je t’ai vue tu étais au lycée…

Mon père : Vous me gardez une place dans l’église ? J’arrive !

La chorale : … Non, en fait, ça ne se transcrit pas cette cacophonie, elles chantaient tellement faux que la mariée était morte de rire.

Le marié : Oui.

La mariée : Oui.

Le marié très ému cligne des yeux pour essayer de ne pas pleurer.

La mariée : Toutes celles qui n’ont pas la bague au doigt, derrière moi ! Marie, allez viens !

Mon fiancé : Non mais elle est fiancée, elle va se marier de toute manière, pas besoin du bouquet !

Moi : Ouf !

Une invitée à son fils de cinq ans : Ethan [prononcer comme « méthane », sans le m], viens ici !

Mon père : Tiens, bonjour Christophe ! Je ne savais pas que tu connaissais le marié !

La mariée à son fils de trois ans : Attention, ne marche pas sur ma jupe Raphaël.

Ma voisine de table : La messe était très longue. En fait c’était pas une bénédiction, c’était une vraie messe. Une bénédiction c’est fait en une demi-heure, là ça a duré au moins une heure (soupir).

Moi, in petto : Bah oui, comme toutes les messes.

La voisine : Mais bon, ça allait, le curé était un laïc (sic), il était bien.

Le marié, à mes parents et moi : Je suis content que vous soyez là, c’est vraiment important pour moi. Vous êtes la famille. Même si on n’a pas de lien de sang, c’est pas ça qui compte. On ne choisit pas sa famille, mais vous vous êtes vraiment la famille pour moi. Tu te souviens Bernard [Bernard c’est mon père], c’était il y a dix ans qu’on a réglé les freins de ta voiture, et je t’avais dit que j’aimerais que me conduises avec pour mon mariage. Toi, tu avais rigolé, mais tu vois, ça y est !

Le DJ : Bon alors on va faire un jeu. ça s’appelle la chasse au trésor. Les mariés vont désigner douze volontaires.

Moi, à mon fiancé : euh, on va fumer une clope ?

Le DJ : Alors maintenant, vous allez me ramener… un soutien-gorge !

Le père du marié, qui s’est planqué dehors aussi, même s’il ne fume pas : Oui, c’est moi qui ai choisi le vin.

Moi : Mais qu’est-ce que c’est que ces tenues ? (bis) Je te jure mon chéri, si j’ai une assemblée de veuves siciliennes tout en noir comme ça à notre mariage, je les balance à la Seine !

Un inconnu : Allez viens, on fait la chenille !

Et puis, quoi d’autre… La mère du marié a calligraphié tous les marque-places avec trois encres différentes, elle a une écriture sublime et très décorative, c’était fou.

Au moment de la valse des époux, ils commencent gauchement, ça se voit qu’ils ne savent vraiment pas danser… et soudain ils se mettent à valser parfaitement ! Ah, ils nous ont bien eus !

Mon père est très beau. Mon père est toujours très beau.

Mon fiancé est le seul sans cravate, mais il a une pochette et c’est bien mieux. Lui aussi est très beau.

Ce même après-midi, un autre cousin nous quittait après une longue maladie. Il avait une cinquantaine d’années.