Pour cause de déménagement récent et donc de pas internet à la maison, j’écris ce soir depuis l’application WordPress pour iPhone. Fautes de frappe en vue, donc.
Je me suis récemment inscrite sur Hellocoton (comment on fait un lien avec cette appli ? Ah, on peut pas ? http://www.hellocoton.fr alors), sur invitation de Julie (même topo pour le lien, c’est la Julie de « Entre deux trains » et, pour ceux qui suivent, elle est ma meilleure amie). J’utilisais déjà le site, mais sans jamais y avoir créé de profil. Bah voilà, j’ai sauté le pas. Alors, le verdict :

– c’est vraiment sympa et ça apporte un vrai service, on peut se faire un mini-Google Reader avec les blogs qu’on veut lire, et recevoir les recommandations de ses amies
– les amies, justement : c’est sur le même principe que Twitter, vous pouvez ajouter une personne à vos amies (i.e. être prévenue de ses nouveaux articles et recommandations) sans que ce soit forcément réciproque, à vous de choisir. Du coup j’ai friendé quelques-unes de mes blogueuses préférées…
– vous découvrez de nouveaux blogs ! Eh oui, tous les blogs ne sont pas sélectionnés par Hellocoton pour être présentés aux lecteurs, mais ça n’empêche pas les lectrices de mettre des liens… J’ai notamment découvert d’autres gens qui parlent de mariage et c’est bien cool (on en reparlera)
– et puis aussi… ça donne de la visibilité à un blog, de nouveaux lecteurs potentiels.

C’est sur ce dernier point que je m’interroge. Pendant longtemps j’ai écrit (des nouvelles et même des romans) plus ou moins en secret, morte de peur à l’idée que quelqu’un pourrait me lire. Et donner son avis. Et on vous parle de la culture du feedback dans les boîtes américaines, mais c’est terrifiant le feedback ! Je sais qu’une partie de ma peur est culturelle, l’esprit latin, on ne dit pas les choses cash, on y met les formes, tout ça. L’autre partie, c’est juste que je suis une cruchasse qui a du mal à accepter la critique. Dans cette veine, j’ai eu avant celui-ci deux blogs, anonymes bien sûr, et fermés au bout d’un moment. Dès les premiers commentaires, en fait.

Mais en même temps, les commentaires ici, les stats du blog, ça me fait un petit frisson agréable à chaque fois… Et, l’air de ne pas y toucher, ça me dirait bien d’avoir plus de lecteurs. J’ai l’impression que beaucoup de blogueurs sont un peu ambivalents aussi, au-delà de ceux qui vivent dans une célébrité ouvertement assumée.

Au fond, qu’est-ce qui fait courir les blogueurs ? Là ce n’est plus le quart d’heure de célébrité de Warhol, c’est une tribune permanente, autant qu’on veut, auprès de tous ceux qui veulent bien lire (« et si ça te plaît pas ce que j’écris t’as qu’à pas revenir sur mon blog, ici je fais ce que je veux, c’est chez moi, NA ! » comme disent certains blogueurs…).

En fait, je pense que ça dépend beaucoup des types de blogs. Qu’un expert du droit, de la politique, du journalisme ou des nouvelles technologies partage son savoir et ses réflexions sur un blog, ça me semble parfaitement naturel. Ça me paraît relever un peu de l’enseignement, un peu du groupement professionnel ou du club privé. Je pense que les blogs « journaux intimes », qui ont donné son nom au blog, peuvent faire l’objet d’une seconde catégorie. Pourquoi publie-t-on sur internet un « journal intime »… Peut-être parce qu’on s’adresse à des inconnus ? Oui, mais ils cessent de l’être quand ils reviennent souvent et laissent des commentaires. Peut-être dans un trip adolescent, « je suis unique mais en même temps je me construis un groupe, par affinités, qui me ressemble ». Une classe sociale à la Marx, qui se ressemble, se définit par des valeurs communes (macarons, boutiques de fringues bobo du Sentier) et par la lutte des classes, une petite pique de temps en temps pour se révolter, une controverse sur la fourrure ou les articles sponsorisés. Vais me faire des copines, moi…
Quoi d’autre… Les blogs de mode ? De cuisine ? Les Skyblogs ? Les blogs de voyage ? Je connais un peu moins… À vue de nez, un blog ça peut être un tremplin professionnel, un moyen de rester en contact avec des proches quand on est loin, une activité pour s’occuper quand on est tout seul à la maison, un CV amélioré, histoire de tester la crédibilité de son self-marketing… J’ai lu il y a déjà longtemps qu’un Français sur cinq écrivait, c’était même censé être l’activité de loisir la plus répandue. Alors, autant de motivations que de blogueurs ?

Si des blogueurs me lisent, c’est quoi votre motivation à vous ? Et pourquoi les blogueuses mode se prennent en photo sans la tête et les pieds en dedans ? Et pourquoi si peu d’articles le week-end ?