Blogs de mariage

30 mai 2010

Donc j’arrête là le blogging « mariage ». Mais pour ceux qui sont arrivés ici en cherchant un blog sur le mariage, en voilà quelques-uns que j’aime bien où vous pourrez sûrement trouver ce que vous recherchez :

– le plus écolo : le blog du Petit Poison. Le petit poison a, à la base, un blog pas que de mariage, et puis à mesure que son mariage approche (c’est en juillet 2010), elle s’est mise à parler de plus en plus de mariage écolo en général, et du sien en particulier. Elle a plein d’idées de détails super mignons pour la décoration, et en plus, contrairement à moi elle sait coudre, donc elle est en mesure de les mettre en oeuvre !

– le plus simple : Envie de mai. Simple comme dans « pas prise de tête », mais surtout comme dans « simplicité volontaire », sa philosophie (elle vous en parlera mieux que moi). Envie de mai s’est mariée en mai (eh oui) 2010, au cours d’une cérémonie laïque et écolo. Direction son blog pour ceux qui réfléchissent à une cérémonie laïque et veulent un exemple « de la vraie vie » et pas que dans les livres…

– le plus original : Mademoiselle Dentelle. Elle est un peu comme moi, elle s’interroge sur les traditions et les trucs à la mode du mariage, que garder, que jeter. Et fatalement, ça lui donne plein d’idées originales, comme l’arbre-livre d’or (l’arbre d’or ?). Elle blogue aussi, entre autres, sur ses enfants et son nouveau chez-elle.

– le plus inspirant : Jolis mariages. AnnC a non seulement des idées, mais aussi un oeil de lynx pour les tendances, les nouveautés, les accessoires et les associations de couleur. Ses panneaux d’inspiration sauront sûrement vous aider à créer l’ambiance de votre mariage. Photos de vrais mariages (de lectrices) en prime !

– le plus scientifique : Pérégrinations autour du mariage. Quand elle se pose des questions, Mia les pose à ses lecteurs. Et part en chasse pour trouver les réponses. Où trouver des bagues écolo ? Comment bronzer avant un mariage pour éviter les traces de bretelles ? Qu’est-ce qui se cache sous les marques et labels de papiers écolo ? Comment faire durer un mariage ? Instructif et très complet.

– le plus mignon : La mariée aux pieds nus. Un très joli blog, très délicat et plein d’idées, qui me fait un peu penser aux grandes références américaines sur le sujet. Comme AnnC, Nessa (qui vient de se marier) publie parfois des photos de vrais mariages où on aimerait bien être invité !

– le magazine : Mariage so chic. Créé par Isabelle, ce magazine en ligne sur le mariage dépoussière ses homologues papier ! Agréable à lire et plein de conseils pratiques.

En anglais :

– L’incontournable : Style me pretty. Une bulle de mignonitude et d’idées. Pas trop mon style et un peu trop parfait pour être vrai, mais c’est vrai que ça fait rêver.

– Le participatif : A practical wedding. « Weddings. Minus the insanity, plus the marriage », un slogan pareil ça me parle forcément ! Comme en plus son auteur, Meg, est intelligente et féministe, et fait beaucoup participer ses lectrices, c’est toujours très sympa à lire !

– Le « real life » : je ne les connais pas mais j’ai dévoré Cypress and oak, le blog de Jules et son chéri. Jules a une vraie personnalité, beaucoup d’humour et surtout beaucoup d’attention pour les personnes qui l’entourent, ses amis, sa famille. Une anti-Bridezilla !

A vous maintenant ! Quels sont vos blogs préférés sur le mariage ?

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Pièce montée indigeste

14 septembre 2009

C’est ce que je me suis dit en lisant le roman de Blandine Le Callet, Une pièce montée. Comme il n’est pas tout récent, je suppose que beaucoup d’entre vous en ont entendu parler, mais pour les autres : c’est le mariage de Bérangère et Vincent, un mariage pseudo-catho prout-prout à la campagne, avec chapeaux, grandes familles et une bonne dose de tartufferie. Au fil des chapitres, l’auteur adopte successivement le point de vue de 9 protagonistes, chez qui ce mariage éveille des interrogations et des rancoeurs toutes personnelles…

Image piquée sur livredepoche.com
Image piquée sur livredepoche.com

Le début, que j’ai lu dans la librairie avant d’acheter le bouquin, me semblait prometteur. C’est un grand plaisir pour moi de lire dans les librairies, et c’est tout à fait praticable quand il y a suffisamment de gens autour, j’ai lu comme ça un Nothomb en entier une fois. Je ne suis généralement pas friande des mariages de fiction, que ce soient les 27 robes de Katherine Heigl, distrayant sans plus, le mariage du meilleur ami de Julia Roberts qui n’était pas si drôle, ou ce film dont le titre m’échappe, où Jennifer Lopez est wedding planner et tombe amoureuse de son client. Ce dernier m’avait bien plu, j’avais entrevu une fin originale où chacun se marierait avec son partenaire « officiel » et où les relations de couple cimentées au fil des années compteraient davantage qu’un coup de coeur passager, mais il semblerait qu’il ne faille pas trop en demander à Hollywood…

Revenons donc à cette fameuse pièce montée. Au début on découvre Pauline, l’une des DOUZE enfants d’honneur du couple — comme le souligne un personnage du livre, c’est assez ridicule, et ça donne le ton du mariage. Dans une interview, l’auteur avouait avoir mis en Pauline certains traits d’elle-même petite… Ce premier chapitre m’a paru assez convaincant, à défaut de casser des briques en termes de style — c’est assez plat. On y découvre aussi Lucie, une petite fille trisomique qui est un excellent personnage. ça se gâte un peu au second chapitre. C’était une bonne idée de s’intéresser au prêtre, Blandine Le Callet a assez de culture religieuse pour que ce soit un personnage convaincant, mais pourquoi ce postulat que tous les cathos sont des hypocrites ? Au lieu de créer un prêtre qui doute (ce qui était son intention de départ, je suppose), l’auteur nous donne un prêtre qui ne croit pas en Dieu. C’est beaucoup moins intéressant. Et c’est dommage, elle aurait pu faire davantage avec ce personnage-là.

On passe ensuite à divers invités, qui nous offrent parfois des narrations croisées du même épisode. C’est efficace et bien fait. Marie et Jean-Philippe, en particulier, sont de bonnes idées. Mais je regrette que dans tout le roman, les personnages sympathiques soient les célibataires et les athées. C’est une vision un peu trop manichéenne à mon goût.

Je remarque aussi que tous les personnages qu’on suit se sentent étouffés dans cette famille. J’hésite à interpréter cet aspect-là de la narration. Soit c’est de la paresse de la part de l’auteur, qui ne s’intéresse jamais aux personnages décrits comme méchants et tartuffes (les mères des mariés, par exemple), soit ce qu’elle veut nous dire, c’est que les membres de la famille créent eux-mêmes, pour toutes sortes de raisons, cette ambiance dont ils souffrent. Par exemple, Marie souffre d’être comparée à Bérangère, mais Bérangère ne se trouve au fond pas aussi intelligente que Marie…

Et la mariée, justement… Bérangère est avocat (on y croit moyennement, soit dit en passant). Elle est aussi présentée comme une insupportable minette superficielle, une Bridezilla intéressée uniquement par la perfection de son mariage, et qui en oublie son mari en chemin. Elle est méchante gratuitement envers la nièce trisomique du dit mari. C’est un personnage très superficiel, malgré une allusion glissée à une affaire de violences familiales dont elle s’occupe à son cabinet. Elle ne devient intéressante qu’à la fin, grâce à sa relation avec sa grand-mère. Le revirement est inattendu, pas très crédible. Mais allez savoir pourquoi, je trouve qu’il rattrape un peu le reste du livre.

Qu’en retenir ? Franchement, ce n’est pas le roman du siècle. Le sujet est intéressant mais un peu rebattu — sur l’hypocrisie des familles bourgeoises catholiques, vous pouvez vous tourner avantageusement vers Les grandes familles de Druon. Le style est plat et sans grand intérêt, les personnages manquent souvent de profondeur. Je n’adhère pas au parti pris moral, pas seulement parce que je suis catholique et me sens attaquée, mais surtout parce que le roman aurait gagné à être plus nuancé. En revanche la narration chorale marche bien, c’est facile à lire, et il y a parfois de bonnes trouvailles, des personnages qu’il faudrait étoffer juste un peu plus pour ce que ce soit un très bon roman. Et évidemment, pour qui est en pleins préparatifs de mariage, cette Pièce montée évoque des choses familières…

Vous l’avez lu ? Vous en pensez quoi ?

Je n’aurais pas imaginé me marier dans une robe qui ne soit pas blanche. Et c’est vrai que longue c’est bien aussi, c’est un mariage quoi… c’est traditionnel… quoique. Athénaïs et ma future belle-maman chérie m’ont fait réfléchir à l’histoire du costume — et fatalement, des robes de mariée en particulier. Au Moyen-Âge elles étaient pourpres, parce que la pourpre était la couleur la plus chère, il fallait marquer le coup. Un peu plus tard, la mariée choisissait sa plus belle robe, mais pas forcément blanche, et elle la remettait ensuite.

Je me suis donc penchée sur les photos de famille conservées chez mes parents, pour voir comment mes aïeules avaient géré leur robe de mariée.

Mes arrières-grands parents, 1906

Mes arrières-grands parents, Suisse, 1906

Pour mon arrière-grand-mère, en 1906, robe longue noire et long voile avec un diadème. Evidemment, manches longues et collet monté. Le marié arbore un costume et une cravate sombres et une fleur à sa boutonnière qui rappelle le bouquet, assez petit, de son épouse.

Mon grand-oncle n°1 et sa femme, Verdun, vers 1925

Mon grand-oncle n°1 et sa femme, Verdun, vers 1925

L’épouse du grand-oncle n°1 est mi-corse, mi-sicilienne. Elle vivait à Verdun où elle a épousé mon grand-oncle vers 1925. Riche idée, puisque les parents du marié, Suisses alémaniques qui ne parlaient pas français, ont dû se taire pendant tout leur séjour sur place, sous peine de passer pour des Allemands. Pour elle, robe courte que je trouve très moderne, manches longues, encolure ronde, voile long attaché façon bandeau années folles, pas de fleurs. ça me plaît vraiment bien, là. Costume noir pour Monsieur.

Mon grand-oncle n°2 et son épouse, dans les années 30

Mon grand-oncle n°2 et son épouse, Suisse, dans les années 30

L’épouse du grand-oncle n°2 porte une longue robe blanche (mais pas jusqu’à par terre non plus), toute droite, avec un décolleté en V et son voile long est retenu par une couronne de fleurs. Bouquet de taille moyenne. Le marié porte un costume noir et une pochette.

Mon grand(oncle n°3 et son épouse, Suisse, années 30

Mon grand(oncle n°3 et son épouse, Suisse, années 30

L’épouse du grand-oncle n°3 porte une robe blanche très longue, à manches longues, avec ce qui ressemble à une traîne. Très long voile et bouquet plutôt volumineux, des roses je crois.

Mes grands-parents, Alsace, 1948

Mes grands-parents, Alsace, 1948

La petite dernière de la famille, ma grand-mère s’est mariée un peu après la fin de la guerre. Elle était, paraît-il, la plus jolie fille du village. Elle porte une longue robe blanche à décolleté en V et manches longues (elle s’est mariée en août), un trèèèès long voile qui devait être bien pratique et un bouquet de lys en cascade. Mon grand-père porte une veste noire avec une pochette et un pantalon sombre.

Et comme j’aime beaucoup mes parents, je n’inclus pas leur photo à eux qui est pourtant très drôle. Ils sont encore de ce monde, eux, et je crains les représailles…

Que déduire de cela ?

D’abord que mon échantillon n’est pas représentatif. J’aimerais bien voir ce que les grandes maisons de couture faisaient comme robes à cette époque… Ensuite, que effectivement la longue robe blanche n’est pas systématique, surtout au début du siècle. Ce qui est constant, c’est le marié en noir — j’avoue que je ne suis pas très fan de la mode actuelle du costume blanc ou crème pour le marié. Et le long voile. Et puis évidemment, à l’époque ça avait l’air plus facile que maintenant de trouver une robe à manches longues

Et vos grands-mères, elles portaient quoi à leur mariage ?

C’est une sorte de querelle des anciens et des modernes… Les magazines et sites sur le mariage (et les wedding planners, évidemment, c’est leur argument commercial) propagent l’idée qu’un mariage, c’est un événement unique (certes), qui doit ressembler à ses organisateurs et se libérer si possible des traditions poussiéreuses qui y sont associées. Rien que de très consensuel dans ce discours… Moi-même, j’ai consacré une catégorie entière de ce blog aux traditions à la con : la liste de mariage, la jarretière (et le pot de chambre !), la bague de fiançailles, les dragées, etc.

Mais en même temps, le mariage n’est pas un simple contrat entre deux individus. Sujet classique de droit de la famille en L3 : le mariage est-il un contrat ou une institution ? Les deux mon général. Une institution, nous dit Wikipedia, est « une structure d’organisation d’origine humaine et destinée à s’inscrire dans la durée ».

Donc en se mariant, on accomplit un acte certes plein de sens et individuel, mais qui s’inscrit dans une certaine tradition, une manière de voir et de fonctionner de la société.

J’ai pensé à ça récemment en allant à des enterrements. Le tailleur noir pour les enterrements, ça tient trop chaud en juillet, surtout avec des collants, mais ça permet au moins de ne pas réfléchir à sa tenue et de se concentrer sur la cérémonie elle-même. Et on est sûr d’éviter le faux pas. ça marche aussi pour les bonnes manières à table. Et probablement pour les mariages « traditionnels », notamment religieux, qui sont codifiés et chorégraphiés. Là la bénédiction des alliances, là la valse des époux, là le découpage de la pièce montée, ça se déroule tout seul et chacun sait ce qu’il a à faire. Pas forcément très fun, mais efficace.

Là où tout cela devient encore plus sioux, c’est quand les idées originales pour les mariages se répandent et deviennent… une mode. Qui ensuite, soit se démode (et vous avez l’air malin sur vos photos dix ans après), soit devient une tradition. Prenez la robe de mariée par exemple. La très intéressante discussion entre ma cousine Athénaïs et ma future belle-mère dans les commentaires de l’article précédent (merci à vous deux !) montre bien comment les tenues pour les mariages ont évolué. Et la robe blanche, qu’on considère comme le sommet du classicisme, ne date en fait que du XIXe siècle…

Alors… chercher l’originalité, est-ce une façon de réinterpréter des traditions en les enrichissant ? Trop d’originalité tue-t-il l’originalité ? Les traditions sont-elles pratiques, ou pleines de sens, ou ni l’un ni l’autre ?

Et finalement, comment s’approprier et personnaliser une cérémonie à laquelle se livrent des centaines de milliers de gens par an, sans la dénaturer ?

Je suis une artiste

22 juillet 2009

Si, si. Même si ça ne se voit pas.

La preuve : je vous avais promis un article sur les contrats de mariage. Bah je n’y suis pas arrivée. Je croyais avoir compris le principe général de la communauté et de la séparation, mais en cherchant des détails je me rends compte que pas du tout. En fait, ça m’a même perplexifiée quant au choix de notre propre contrat de mariage, je ne suis plus du tout sûre que notre première idée sur la question soit la bonne.

Alors, pour me rattraper, j’ai fait une autre chose que je vous avais promise : des photos des chaussures que je porterai pour le mariage.

chaussures

chaussure

Cela dit, comme artiste je suis petite joueuse par rapport à d’autres… En lisant d’autres blogueuses, j’ai découvert l’existence du site américain OnceWed : créé par une jeune mariée qui voulait revendre sa robe et ne trouvait pas mieux qu’eBay pour le faire, il a d’abord été dédié à la vente de robes de mariée d’occasion. D’ailleurs, la partie « robes à vendre » du site est très fournie, triable par taille et par créateur, il y a de très belles robes, souvent de créateurs américains dont je n’ai jamais entendu parler mais pas chères du tout.  D’autant plus que les prix sont en dollars. Bon, c’est sûr qu’il faudra rajouter le prix du Fedex qui risque d’être pas donné…

Au-delà de ça, OnceWed est très axé sur la décoration, l’ambiance du mariage, avec des conseils pour faire soi-même toutes sortes d’éléments de décoration, et de nombreux albums photos de mariages.

Je suis vraiment impressionnée par le soin que tous ces mariés inconnus mettent à créer leur grand jour dans tous les détails. Et les photographes sont vraiment bons aussi.

A titre d’exemple, j’ai cherché des idées de déco pour un mariage en hiver. Je suis tombée sur cette série de photos d’un décor de table pour petit mariage intime — et hivernal, donc.

Photo : Jeska, du blog Lobster and Swan, sur OnceWed.

Moi qui suis très loin d’avoir des idées de déco, je vais voir si je peux m’inspirer de toutes ces jolies choses…

Et vous, comment feriez-vous la déco d’un mariage en hiver ?

Entendu ce week-end

8 juin 2009

Ce week-end, mon fiancé et moi avons été invités au mariage de mon cousin (en fait, on n’a aucun lien de parenté, mais c’est une longue histoire). Merci aux mariés ! Le compte-rendu détaillé de l’événement n’a pas grand intérêt si vous ne connaissez pas les mariés, alors à la place voici quelques phrases entendues pendant la cérémonie et la réception :

Ma mère : ça va, ma robe ? Tu es sûre ? [oui Maman, tu es sublime. Et je ne dis pas ça que pour te faire plaisir]

Le marié, pendant que nous attendions à la mairie (les mariés précédents avaient pris du retard) : Bon, on se fait chier, on va prendre une bière ?

Moi : Mais qu’est-ce que c’est que ces tenues ? Elle ne se rend pas compte que sa robe est transparente et qu’on voit son string ? (non, pas la mariée !)

L’officier d’état-civil : Bon alors maintenant on va passer aux formalités administratives, je vais vous lire les articles du Code Civil.

Mon fiancé, ancien juriste : Morue ! Le Code civil, ce n’est pas une formalité admnistrative, ce sont les lois de la République ! Chaque mot a été soigneusement choisi par de grands juristes puis voté par les représentants du peuple souverain !

L’oncle du marié : Bonjour ! Qu’est-ce que tu as grandi ! La dernière fois que je t’ai vue tu étais au lycée…

Mon père : Vous me gardez une place dans l’église ? J’arrive !

La chorale : … Non, en fait, ça ne se transcrit pas cette cacophonie, elles chantaient tellement faux que la mariée était morte de rire.

Le marié : Oui.

La mariée : Oui.

Le marié très ému cligne des yeux pour essayer de ne pas pleurer.

La mariée : Toutes celles qui n’ont pas la bague au doigt, derrière moi ! Marie, allez viens !

Mon fiancé : Non mais elle est fiancée, elle va se marier de toute manière, pas besoin du bouquet !

Moi : Ouf !

Une invitée à son fils de cinq ans : Ethan [prononcer comme « méthane », sans le m], viens ici !

Mon père : Tiens, bonjour Christophe ! Je ne savais pas que tu connaissais le marié !

La mariée à son fils de trois ans : Attention, ne marche pas sur ma jupe Raphaël.

Ma voisine de table : La messe était très longue. En fait c’était pas une bénédiction, c’était une vraie messe. Une bénédiction c’est fait en une demi-heure, là ça a duré au moins une heure (soupir).

Moi, in petto : Bah oui, comme toutes les messes.

La voisine : Mais bon, ça allait, le curé était un laïc (sic), il était bien.

Le marié, à mes parents et moi : Je suis content que vous soyez là, c’est vraiment important pour moi. Vous êtes la famille. Même si on n’a pas de lien de sang, c’est pas ça qui compte. On ne choisit pas sa famille, mais vous vous êtes vraiment la famille pour moi. Tu te souviens Bernard [Bernard c’est mon père], c’était il y a dix ans qu’on a réglé les freins de ta voiture, et je t’avais dit que j’aimerais que me conduises avec pour mon mariage. Toi, tu avais rigolé, mais tu vois, ça y est !

Le DJ : Bon alors on va faire un jeu. ça s’appelle la chasse au trésor. Les mariés vont désigner douze volontaires.

Moi, à mon fiancé : euh, on va fumer une clope ?

Le DJ : Alors maintenant, vous allez me ramener… un soutien-gorge !

Le père du marié, qui s’est planqué dehors aussi, même s’il ne fume pas : Oui, c’est moi qui ai choisi le vin.

Moi : Mais qu’est-ce que c’est que ces tenues ? (bis) Je te jure mon chéri, si j’ai une assemblée de veuves siciliennes tout en noir comme ça à notre mariage, je les balance à la Seine !

Un inconnu : Allez viens, on fait la chenille !

Et puis, quoi d’autre… La mère du marié a calligraphié tous les marque-places avec trois encres différentes, elle a une écriture sublime et très décorative, c’était fou.

Au moment de la valse des époux, ils commencent gauchement, ça se voit qu’ils ne savent vraiment pas danser… et soudain ils se mettent à valser parfaitement ! Ah, ils nous ont bien eus !

Mon père est très beau. Mon père est toujours très beau.

Mon fiancé est le seul sans cravate, mais il a une pochette et c’est bien mieux. Lui aussi est très beau.

Ce même après-midi, un autre cousin nous quittait après une longue maladie. Il avait une cinquantaine d’années.

J’ai eu la chance d’être invitée, dimanche dernier, au mariage de la fille d’un ami de la famille de mon fiancé. Les organisateurs se reconnaîtront s’ils passent par là, merci à eux, c’était génial !

Pour situer un peu la chose : les mariés, O. et D., sont des jeunes gens de notre âge. Ils avaient invité environ 400 personnes, c’est franchement impressionnant. Et, comme ils sont juifs orthodoxes, il y avait quelques particularités, vestimentaires en particulier (pour les femmes, se couvrir les bras et porter une jupe au moins au genou, les femmes mariées se couvrent les cheveux ; pour les hommes, la kippa).

Le mariage avait lieu en plein air, sur une terrasse avec une vue sublime. Un dais nuptial avait été monté.

Voilà, un peu comme ça (c) yosefsilver

Voilà, un peu comme ça (c) yosefsilver

Le mariage avait lieu à la tombée du jour, c’était très bien calibré : la cérémonie a commencé alors qu’il faisait encore jour, et il faisait sombre quand elle s’est achevée. Le moment où la nuit tombe est considéré comme propice — et nous a offert un paysage sublime, accessoirement.

Le rabbin déplie la Ketoubah, le contrat de mariage, et la fait relire par les témoins. Ensuite, le fiancé, vêtu de blanc en signe de pureté, de royauté mais aussi de fragilité, revêt sa fiancée d’un voile de dentelle blanc offert par son père, puis son futur beau-père lui remet un châle de prière dont il se drape.

Le fiancé a enuite été escorté par une foule bondissante d’amis, qui chantait joyeusement,tous vêtus de pantalons noirs, et chemises blanches, jusqu’au dais. Les autres hommes de la noce suivaient. Les chanteurs sont ensuite retournés chercher la mariée et l’ont escortée de la même manière jusqu’au dais, suivis des femmes. Au passage, j’ai remarqué que les femmes étaient toutes vêtues de couleurs vives, qui tranchaient joyeusement avec les atours noirs et blancs des hommes. En effet, quand les hommes se sont mis à porter des costumes sombres au XIXe siècle, à la base c’était pour faire mieux ressortir les robes colorées des femmes. On a tout tué avec nos stupides « petites robes noires »…

Le dais était entouré de musiciens, qui se sont mis à jouer un air lent, langoureux, à l’arrivée de la mariée. Au bras de sa mère et sa future belle-mère, elle a fait sept fois le tour du dais, lentement, visiblement très émue — et le marié l’était au moins autant.

La suite est bien décrite par ce passage du Roman d’Odessa, par Michel Gurfinkiel* : « [Le rabbin] officie. Il bénit une coupe de vin puis prononce la bénédiction du mariage : « Béni sois-Tu, Eternel, notre Dieu et Roi du monde,  qui nous a sanctifiés par tes commandements et institué les lois gouvernant les unions entre hommes et femmes… » Il tend ensuite la coupe [au fiancé] puis à [la fiancée], qui soulève son voile pour boire. Le fiancé passe ensuite l’anneau à l’index de la fiancée. Le rabbin égrène, un à un, les mots que le fiancé doit alors prononcer : « Voici, tu m’es consacrée par cette bague, selon la Loi de Moïse et d’Israël ». [Le fiancé] les répète, un à un. »

Suivent sept bénédictions nuptiales prononcées par des notables — l’un d’entre eux avait visiblement du mal à déchiffrer l’hébreu… Puis le marié brise un verre (en souvenir de la destruction du temple de Jérusalem) et tout le monde crie « Mazel Tov ! »

Après… Contrairement à d’autres mariages auxquels j’ai pu assister, on a échappé au moment où chaque invité se sent obligé d’aller féliciter personnellement les mariés, heureusement, je trouve que ça ressemble beaucoup trop aux condoléances à la fin d’un enterrement.

Les mariés avaient choisi un service très ingénieux : nous étions placés à des tables rondes d’une dizaine de personnes (bien constituées, mon fiancé et moi avons écopé de voisins de table charmants et très intéressants), et les serveurs ont posé sur la table plusieurs plats, dans lesquels nous nous sommes servis comme des grands. Du coup, ce n’est pas trop formel, et nous avons pu manger ce que nous voulions, dans les quantités que nous voulions — eh oui, un mariage où on sort de table pas ballonné, ça existe ! En plus, c’était délicieux !

On a commencé à danser entre l’entrée et le plat. Mariage orthodoxe oblige, nous avons dansé séparés, les hommes et les femmes de part et d’autre d’un paravent. Le père de la mariée nous a expliqué que cela permet à chacun — et aux femmes en particulier — de se sentir plus libres, et donc de se lâcher plus. C’est peu de le dire… les danseuses dégagaient une énergie inouïe, c’était joyeux, on sautait dans tous les sens. Débutante que je suis, j’ai été vite fatiguée, mais il paraît que l’endurance vient avec la pratique, la soeur de la mariée m’a raconté qu’elle allait à 20 mariages par an en moyenne !

Voilà… que dire de plus ? C’est très difficile de raconter le mariage, c’était beau, c’était émouvant, et je ne sais pas retranscrire cette ambiance unique… Surtout, le mariage était complètement dépourvu des chichis qui m’énervent, les femmes coincées du c*l avec leur chapeau, les hommes engoncés dans leur cravate — eh oui, presque aucune cravate à l’horizon ! — le découpage cérémonieux de la pièce montée… Ne restait que l’essentiel : deux jeunes gens qui s’aiment, heureux de s’unir devant leur famille et leurs amis venus de partout et de fêter ça. J’espère que nous pourrons faire une cérémonie aussi belle.

(* Pour en apprendre plus sur les mariages juifs, je vous conseille ce livre, paru aux Editions du Rocher. On y trouve, entre autres, la description d’un mariage, mais aussi l’histoire de la ville d’Odessa par le biais des personnalités qui y ont vécu, notamment Jabotinsky, l’un des fondateurs du sionisme. Et le style de l’auteur vaut le coup à lui tout seul.)

The Bride Was Beautiful

24 avril 2009

« Katie Kirkpatrick, 21, held off cancer to celebrate the happiest day of her life. […] Her organs were shutting down but it would not stop her from marrying Nick Godwin, 23, who was in love with Katie since 11th grade. »

Une série de photos sublime et terrible, allez voir si vous n’avez pas peur de pleurer.