« Gâteau tombé »

23 mars 2009

Recherche Google bizarre (et marrante) qui m’a rappelé une histoire arrivée en famille quand j’étais petite : la Fameuse Histoire du Brochet le Dimanche de Pâques ! Le lien avec le mariage est franchement léger, mais bon… je vous raconte ?

Quand j’étais petite, on avait un certain nombre de traditions familiales, et parmi elles, celle de passer le week-end de Pâques avec les cousins de mon père : deux frères, deux soeurs et leur famille respective, qui vivaient tous dans un rayon de 50 km autour de Châteauroux. Nous, nous vivions à Mulhouse, d’où à chaque fois périple sur nationale (puisque les autoroutes en France, c’est comme les trains, réseau en étoile autour de Paris) et bonne bouffe à tous les étages.

Toujours est-il que cette année-là, à Pâques, Jeannot le cousin de mon père a décidé de déroger au pâté de Pâques traditionnel, et de commander à la place un gros brochet farci à son traiteur. Vu la taille de la bête, il demande à mon père de venir l’aider à le chercher chez le traiteur, et ils partent tous les deux dans la CX (ou l’XM, je sais plus).

Arrivée chez le traiteur, le brochet est magnifique et plus gros encore qu’ils ne l’imaginaient, voilà un déjeuner familial exceptionnel qui se profile. Ils se mettent à deux pour le porter. Or en ce temps-là, l’ouverture des portes de voiture à distance n’existait pas, Jeannot et Papa posent donc le plat sur le toit de la voiture pour ouvrir la portière… et là, c’est le drame.

Le plat glisse, tombe dans le caniveau, du côté du brochet bien évidemment. Merde. Papa et Jeannot se regardent, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Hmm, fais voir ça, c’est pas si méchant, le brochet est resté entier…  si on enlève les cailloux ça devrait passer, ils ne s’apercevront de rien…

C’est comme ça qu’on s’est retouvés à manger un beau brochet bien rafistolé, et un peu croustillant aussi…

Donc si la personne qui cherchait « gâteau tombé » a le même problème, elle peut essayer la même technique… (la maison décline toute responsabilité). Et quant à Jeannot, je pense qu’il se marre bien là-haut en repensant à cette histoire…

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Pour cause de déménagement récent et donc de pas internet à la maison, j’écris ce soir depuis l’application WordPress pour iPhone. Fautes de frappe en vue, donc.
Je me suis récemment inscrite sur Hellocoton (comment on fait un lien avec cette appli ? Ah, on peut pas ? http://www.hellocoton.fr alors), sur invitation de Julie (même topo pour le lien, c’est la Julie de « Entre deux trains » et, pour ceux qui suivent, elle est ma meilleure amie). J’utilisais déjà le site, mais sans jamais y avoir créé de profil. Bah voilà, j’ai sauté le pas. Alors, le verdict :

– c’est vraiment sympa et ça apporte un vrai service, on peut se faire un mini-Google Reader avec les blogs qu’on veut lire, et recevoir les recommandations de ses amies
– les amies, justement : c’est sur le même principe que Twitter, vous pouvez ajouter une personne à vos amies (i.e. être prévenue de ses nouveaux articles et recommandations) sans que ce soit forcément réciproque, à vous de choisir. Du coup j’ai friendé quelques-unes de mes blogueuses préférées…
– vous découvrez de nouveaux blogs ! Eh oui, tous les blogs ne sont pas sélectionnés par Hellocoton pour être présentés aux lecteurs, mais ça n’empêche pas les lectrices de mettre des liens… J’ai notamment découvert d’autres gens qui parlent de mariage et c’est bien cool (on en reparlera)
– et puis aussi… ça donne de la visibilité à un blog, de nouveaux lecteurs potentiels.

C’est sur ce dernier point que je m’interroge. Pendant longtemps j’ai écrit (des nouvelles et même des romans) plus ou moins en secret, morte de peur à l’idée que quelqu’un pourrait me lire. Et donner son avis. Et on vous parle de la culture du feedback dans les boîtes américaines, mais c’est terrifiant le feedback ! Je sais qu’une partie de ma peur est culturelle, l’esprit latin, on ne dit pas les choses cash, on y met les formes, tout ça. L’autre partie, c’est juste que je suis une cruchasse qui a du mal à accepter la critique. Dans cette veine, j’ai eu avant celui-ci deux blogs, anonymes bien sûr, et fermés au bout d’un moment. Dès les premiers commentaires, en fait.

Mais en même temps, les commentaires ici, les stats du blog, ça me fait un petit frisson agréable à chaque fois… Et, l’air de ne pas y toucher, ça me dirait bien d’avoir plus de lecteurs. J’ai l’impression que beaucoup de blogueurs sont un peu ambivalents aussi, au-delà de ceux qui vivent dans une célébrité ouvertement assumée.

Au fond, qu’est-ce qui fait courir les blogueurs ? Là ce n’est plus le quart d’heure de célébrité de Warhol, c’est une tribune permanente, autant qu’on veut, auprès de tous ceux qui veulent bien lire (« et si ça te plaît pas ce que j’écris t’as qu’à pas revenir sur mon blog, ici je fais ce que je veux, c’est chez moi, NA ! » comme disent certains blogueurs…).

En fait, je pense que ça dépend beaucoup des types de blogs. Qu’un expert du droit, de la politique, du journalisme ou des nouvelles technologies partage son savoir et ses réflexions sur un blog, ça me semble parfaitement naturel. Ça me paraît relever un peu de l’enseignement, un peu du groupement professionnel ou du club privé. Je pense que les blogs « journaux intimes », qui ont donné son nom au blog, peuvent faire l’objet d’une seconde catégorie. Pourquoi publie-t-on sur internet un « journal intime »… Peut-être parce qu’on s’adresse à des inconnus ? Oui, mais ils cessent de l’être quand ils reviennent souvent et laissent des commentaires. Peut-être dans un trip adolescent, « je suis unique mais en même temps je me construis un groupe, par affinités, qui me ressemble ». Une classe sociale à la Marx, qui se ressemble, se définit par des valeurs communes (macarons, boutiques de fringues bobo du Sentier) et par la lutte des classes, une petite pique de temps en temps pour se révolter, une controverse sur la fourrure ou les articles sponsorisés. Vais me faire des copines, moi…
Quoi d’autre… Les blogs de mode ? De cuisine ? Les Skyblogs ? Les blogs de voyage ? Je connais un peu moins… À vue de nez, un blog ça peut être un tremplin professionnel, un moyen de rester en contact avec des proches quand on est loin, une activité pour s’occuper quand on est tout seul à la maison, un CV amélioré, histoire de tester la crédibilité de son self-marketing… J’ai lu il y a déjà longtemps qu’un Français sur cinq écrivait, c’était même censé être l’activité de loisir la plus répandue. Alors, autant de motivations que de blogueurs ?

Si des blogueurs me lisent, c’est quoi votre motivation à vous ? Et pourquoi les blogueuses mode se prennent en photo sans la tête et les pieds en dedans ? Et pourquoi si peu d’articles le week-end ?

Need to lose a little weight before your wedding ?

"Need to lose a little weight before your wedding ?"

… a été trouvé par mon fiancé. Il pense que je vais le tuer pour avoir publié ça sur son blog. Moi ça m’a plutôt fait rire, j’avoue… C’est bien trouvé, et il y a cette sublime esthétique 80s, et ce wedding cake kitschissime !

Et vous, vous en pensez quoi ?

Quant à perdre du poids pour son mariage… je ne sais pas si c’est une très bonne idée. D’une, on risque de ne pas être vraiment soi sur les photos du mariage, ce serait dommage. De deux, pas sûre que ce soit une riche idée d’ajouter la frustration d’un régime au stress de l’organisation d’un mariage. De trois, il y a là de quoi rendre folle la couturière qui doit ajuster la robe, si on change de taille à chaque nouvel essayage ! Hmm, sauf si c’est une façon particulièrement raffinée de faire souffrir une couturière donneuse de leçons ?

Non en revanche, faire du sport pourrait être une idée. C’est sain, et en plus ça affine les bras, qui semblent condamnés à rester nus étant donnée la mode actuelle en matière de robes de mariée…

C’est mon dernier article qui m’a amenée là. Comme mes recherches de blogs de mariage restaient infructueuses, mon fiancé m’a conseillé de chercher sur Technorati. Je suis tombée sur des blogs, de là sur le label BestWeddingBlogs.com, et de là sur le blog de Cake Coquette, une pâtissière californienne qui a ouvert sa boutique il y a deux ans et crée des gâteaux (des wedding cakes, mais pas que) dont la particularité est le glaçage en crème au beurre. Apparemment, les pâtissiers américains utilisent du « fondant » en général, mais je ne suis pas assez calée en pâtisserie (ou en anglais ?) pour avoir bien compris de quoi il s’agissait.

Et voilà le premier gâteau sur lequel je tombe :

Gâteau fin de siècle, Cake coquette

Gâteau fin de siècle, Cake coquette

Bon, je sais que je me suis beaucoup moquée, mais là quand même respect. Un wedding cake rouge, noir et blanc, bancal juste ce qu’il faut et surchargé d’une déco Moulin-rougesque… vous je ne sais pas, mais moi je suis fan. C’est un cake parfait au second degré, et j’admire sincèrement la pâtissière qui fait ce genre de merveilles…

Il y en a plein d’autres, allez faire un tour !

Le blog de mariage

4 mars 2009

Quand j’ai décidé d’écrire ce blog, je me disais que parler du mariage en général, et du nôtre en particulier, serait un prétexte intéressant (enfin j’espère) pour écrire de manière plus ou moins régulière, et faire enfin un blog que je poursuivrais pendant plus de quelques semaines, et peut-être même, ô gloire, avec quelques lecteurs. C’est le cas et je remercie mes gentils lecteurs, vos commentaires sont toujours une bonne surprise !

Mais depuis qu’un petit plaisantin m’a inscrit sur les listes de diffusion de plein de boîtes dans l’industrie du mariage, j’ai découvert une autre conception du blog de mariage. Les boîtes spécialisées en listes de mariage sur internet, en plus de se doter d’une partie magazine, proposent à présent à leurs adhérents de « créer leur propre blog mariage ». Je passerai sur cette manie dévastatrice pour la langue française de supprimer les articles et prépositions (« le risque pays », « le service client », etc.). Le fait est que, en voyant ça, je me suis dit « chouette, d’autres blogueurs qui parlent de la même chose que moi ! » et je suis allée en lire quelques-uns.

Déjà, en termes de navigation, c’est super chelou, les blogs sont hébergés entièrement sur le site de la boîte, ça se parcourt un peu comme un site en flash, pas très pratique. Mais surtout, les deux ou trois « blogs » que j’ai vus ressemblent à tout sauf des blogs ! Les articles ne sont pas présentés en ordre chronologique inverse, mais dans des onglets par thème, « les fleurs », « la réception », « le thème », et bien sûr « la liste ». C’est descriptif, pas très interactif, sans liens. En fait, on dirait plus des sites corporate que des blogs !

Sans oublier le focus « moi moi moi », ou plutôt « nous nous nous », uniquement centré sur les deux tourteraux et leur grand jour. C’est sûr que, en étant hébergés sur le site de la liste de mariage, je suppose que l’indexation par les moteurs de recherche doit être limitée, et que ces « blogs » se destinent à un lectorat familial et amical uniquement. Pourquoi pas après tout.

Alors je me demande, est-ce que je suis tombée sur un échantillon pas représentatif ? Est-ce que certains d’entre vous font des blogs sur le mariage ou pourraient m’en recommander ? Et est-ce qu’il y a réellement des gens que la déco florale et les plans de table fascinent ?

Moi, je continuerai à vous parler d’articles de recherche. Et puis tiens, je vais m’intéresser aussi au business model des sites de listes de mariage… A suivre !

Dans la série des recherches Google surréalistes, quelqu’un est arrivé sur ce blog en cherchant « algorithme rangement de cartons ». Je n’ai toujours pas saisi comment il/elle a atterri ici, mais si vous voulez des algorithmes, vous aurez des algorithmes !

Comme certains le savent, je suis étudiante en économie. Plus précisément, ce qui m’intéresse le plus c’est la théorie des jeux et l’économie comportementale. C’est ainsi que j’ai dû réaliser récemment un papier qui synthétisait l’état de la recherche en théorie des jeux, dans un domaine de mon choix parmi plusieurs proposés. Goinfre que je suis, j’ai choisi « cake cutting » : comment découper un gâteau (ou un terrain, ou un héritage…), non homogène de manière juste entre plusieurs personnes dont les préférences sont différentes ?

Par exemple, prenons une pièce montée.

via Flickr

par exemple, celui-là

Et prenons plusieurs mangeurs (« joueurs » en langage théorie des jeux) qui ont des préférences différentes. Une mariée qui n’aime que le chocolat, un marié qui adore la mangue, un témoin qui a horreur de la noix de coco, un beau-père qui aime le café mais déteste le chocolat, une belle-mère qui n’aime pas plus que ça le sucré mais mangerait bien les mariés en sucre au sommet du gâteau. Evidemment, le gâteau n’est pas uniforme, ce ne serait pas drôle sinon.

Comment découper le gâteau de manière juste ? Pour le savoir, on va commencer par définir ce qu’on veut dire par juste :

– on veut attribuer tout le gâteau. Ce qui n’est pas donné aux joueurs serait jeté, ce serait quand même dommage pour cette belle pâte d’amandes !

– ceci est un mariage. On veut maintenir la paix entre les convives, donc on veut éviter qu’ils ne s’envient, aucun d’entre eux ne doit penser qu’un autre n’a reçu une meilleure part que la sienne. Sinon ça dégénère en pugilat, comme à cette assemblée générale d’une grande banque française il y a quelques années, où un actionnaire s’est fait crever un oeil avec une fourchette par un autre qui n’arrivait pas à accéder au buffet.

– le partage doit être équitable. Si la mariée pense que sa part (selon ses critères à elle, à savoir la quantité de chocolat) vaut le tiers de la valeur du gâteau, alors que le marié pense avoir (en termes de quantité de mangue) la moitié de la valeur du gâteau, ce n’est pas équitable.

Comment satisfaire ces trois critères ? Il existe un algorithme bien connu avec deux joueurs, très efficace avec des enfants par exemple : l’un des deux coupe, et l’autre choisit la part qu’il préfère (c’est le partage du royaume de Charlemagne). Par exemple, avec notre marié qui aime la mangue et notre mariée qui aime le chocolat — exemple purement illustratif évidemment :

– le marié coupe le gâteau. S’il ne connaît pas les préférences de la mariée, il se dit que potentiellement n’importe laquelle de deux parts pourra lui revenir. Donc il les coupe de manière à ce qu’elles soient équivalentes pour lui. La mariée choisit alors sa part préférée.

– c’est efficace : tout le gâteau est distribué

– les mariés ne sont pas jaloux l’un de l’autre : la mariée a pris la part qu’elle préférait, donc elle n’est pas jalouse ; et le marié a l’autre part, qui correspond pour lui à la moitié exactement de la valeur du gâteau, il n’est pas jaloux non plus

– cependant… pour le marié, la part qu’il a représente la moitié du gâteau. Mais pour la mariée, sa part peut représenter beaucoup plus que la moitié du gâteau : par exemple, si chaque part contient la moitié du fourrage à la mangue mais que le chocolat est réparti pour un quart dans une part et trois quarts dans l’autre, la mariée choisit sa part préférée et obtient, à ses yeux, les trois quarts du gâteau. Ce n’est pas équitable.

Mais il y a pire. On peut supposer que, puisqu’ils se marient, le marié sait que sa fiancée est une goinfre qui n’aime que le chocolat. Il peut exploiter cette préférence à son avantage :

– il coupe le gâteau de manière à ce que toute la mangue soit dans une part, en laissant un peu plus de la moitié du chocolat dans l’autre. La candide mariée choisit alors la part qui contient le plus de chocolat.

– aucun d’eux n’est jaloux de l’autre, mais la disproportion entre leurs parts augmente : la marié s’arroge toute la valeur du gâteau à ses yeux, alors que la mariée n’en a qu’un peu plus de la moitié à ses yeux : en exploitant l’information dont il dispose, il augmente sa part en spoliant la mariée. Un partage qui aurait donné toute la mangue au marié et tout le chocolat à la mariée aurait été plus efficace : elle aurait eu une meilleure part, sans que lui n’en ait une moins bonne.

L’algorithme « partage de Charlemagne » est donc insuffisant : d’une part il ne satisfait pas tous nos critères, et d’autre part il ne peut s’appliquer qu’à deux joueurs. Que faire des témoins, de la belle-mère et des enfants qui piaffent d’impatience devant le gâteau ? A qui confier la pelle à tarte ?

… la suite au prochain épisode…

Source : Brams S. J. et Taylor A. D. (1996) Fair Division : From Cake-Cutting to Dispute Resolution. Cambridge University Press, Cambridge.