Il semble y avoir une « saison des mariages », au même titre que le mois du blanc. Selon l’INSEE, la moitié des 274 000 mariages célébrés en 2006 l’ont été pendant les mois de juin, juillet et (dans une moindre mesure, il y a la plage aussi) août.

Nous arrivons donc à la fin de la saison 2008 des mariages, il est temps de faire le bilan avec les professionnels du secteur…

Le marché du mariage peut représenter une niche assez lucrative, témoins les volumes d’affaires enregistrés aux Etats-Unis. L’Association for wedding professionals international nous indique, dans ses Wedstats, qu’un total de 2,16 millions de mariages ont été célébrés aux Etats-Unis pendant l’année 2006, pour un budget total de 86 milliards de dollars (hors lune de miel et liste de mariage), soit 40 000 $ le mariage en moyenne, contre « plus de 20 000 $ » selon cet autre site, qui indique une répartition approximative des dépenses (et inclut, lui, la lune de miel). On comprend mieux la frénésie qui s’empare des héroïnes de chick-lit lorsqu’elles voient miroiter à leur doigt le tant convoité diamant…

Et en France ? On est des petits joueurs. Peu de données disponibles, en dehors d’une étude Xerfi alléchante mais un peu hors budget, qui estime à 5 milliards d’euros les marchés agrégés de l’organisation de la réception et de la liste de mariage. Le site mariée.fr fait une estimation détaillée mais assez curieuse du budget d’un mariage : je ne sais pas d’où viennent les données censées correspondre à la « moyenne française », mais j’aimerais bien l’adresse du traiteur qui ne demande que 30€ par couvert ! Quoi qu’il en soit, le total atteindrait 13 000€ pour un mariage, soit un marché français du mariage de 3,6 milliards d’euros, hors listes de mariage et lunes de miel.

L’industrie française du mariage rattrapera-t-elle les niveaux d’outre-Atlantique ? Pas forcément… En effet, un mariage américain compte en moyenne 150 invités, des niveaux rarement vus en France. Et surtout, avec plus de 2 millions de mariages par an pour 300 millions d’habitants, ce sont 7 habitants sur 1000 qui se marient chaque année aux Etats-Unis, contre 4 sur 1000 en France seulement. Influence du mariage gay ?

Eh oui. Je trouve la pratique de la liste de mariage vraiment désuète, pour ne pas dire dépassée.

C’est sûr, comme pas mal de gens j’aime bien les cadeaux. Et après tout, un mariage ça coûte cher : nous avons reçu ce matin le devis d’une salle qui nous intéresse, pour un bon dîner il semblerait qu’il faille compter 120 à 150€ par personne. L’usage, me dit mon fiancé, consiste pour chaque convive à contribuer à la liste de mariage à la hauteur du prix de son repas — sauf impossibilité pécuniaire, évidemment. Donc, 120€ multiplié par le nombre prévu de nos invités, ça fait une jolie petite somme, finalement.

Oui, mais… la liste de mariage, souvenons-nous, ce sont des cocottes-minutes, petites cuillères, assiettes à dessert, fourchettes à poisson et autres éléments super sexy, pour lesquels on a vraiment une envie dévorante de dépenser des fortunes ! Comment ça non ? On me dit dans l’oreillette que de nos jours la majorité des couples vivent déjà ensemble au moment du mariage, et sont donc pourvus en termes de casseroles et de vaisselle… d’autant plus que l’âge du mariage atteint 29 ou 30 ans en moyenne, et si à cet âge il y a encore des gens pour vivre comme des étudiants, ce n’est pas des casseroles qu’il faut leur offrir, mais un abonnement au Journal de Mickey !

L’alternative, vantée au hasard par le site mariage des Galeries Lafayette, c’est la liste de voyage. Effectivement, c’est déjà plus sympa, se faire payer une lune de miel… Cependant, les options standard généralement proposées se limitent à faire la crêpe sur une plage dans une quelconque île… berk ! Pas du tout ma conception de vacances sympa ! On peut évidemment personnaliser beaucoup plus, mais en dernière analyse il s’agit toujours de réserver des packages, ou au mieux des modules, dans une agence de voyage, avec hôtel imposé et une dose assez homéopathique d’imprévu, d’aventure, de découvertes personnelles qui font pour moi tout le sel des vacances.

Et puis, j’ai toujours détesté faire des listes au Père Noël. Savoir à l’avance ce que je recevrai enlève la moitié du plaisir, et me donne la désagréable impression de quémander des cadeaux…

L’idée de ce blog m’est venue quand mon fiancé et moi avons commencé à consulter des sites internet dévolus au mariage. On a beaucoup ri sur le premier site qu’on a vu, un peu moins sur le suivant, et plus du tout quand on a constaté que les concepteurs des sites mariages prennent les fiancés :

– soit pour des cons — avalanche de lieux communs et de traditions ridicules tout droit sortis de séries américaines, ou de mariages à beaufland, on ne sait pas trop

– soit pour des analphabètes, au vu de l’orthographe et de la grammaire qu’on y a souvent trouvés

– soit pour des pigeons, puisque le contenu se résume généralement à du publi-rédactionnel, avec liens vers les sites de divers prestataires de services

– ou alors un peu de tout ça…

Dans ces conditions, je suis probablement tout aussi qualifiée que ces « experts » pour donner conseils et renseignements sur le mariage ! Le présent blog se destine, a priori : d’une part à nos amis, s’ils ont envie de suivre nos aventures dans le monde merveilleux du mariage ; d’autre part, je l’espère, à des fiancés inconnus, tout aussi atterrés que nous par le discours habituel sur le mariage, et qui cherchent un point de vue un peu différent.

Je sais bien que tout nouveau média, et notamment tout blog, revendique la différence et l’authenticité — il faut bien attirer le chaland — mais là je crois que ce sera le cas. Keep tuned ! Evidemment, même si je pense plafonner à trois lecteurs, n’hésitez pas à laisser des idées et des avis !