La bague contre-attaque

30 décembre 2008

J’avais annoncé à tout le monde, il y a déjà un moment, que je ne voulais pas de bague de fiançailles. La mère de mon fiancé a été très déçue. Elle m’a demandé si j’étais sûre, vraiment sûre, tout à fait sûre, c’est pas une question de prix vous savez. Le grand-père de mon fiancé a été très déçu. Il paraît que, chez lui en Bourgogne, c’est la tradition de plonger la bague de fiançailles dans une des coupes de champagne du dîner de fiançailles — sauf qu’en fait sa propre fille n’était pas au courant, il n’avait rien fait de tel quand elle s’est mariée. Mes propres parents ont ri, ça ne les étonnait pas de moi. Et puis la mère de mon fiancé est revenue à la charge, vous êtes vraiment sûre ? Tant pis, je me vengerai, a-t-elle dit.

Les fêtes de Noël se prêtant bien à de grands rassemblements familiaux, nous nous sommes retrouvés en Bourgogne avec nos parents à tous les deux et les grands-parents de mon fiancé. Ils ont commencé par déboucher le champagne, puis nous mitrailler de photos tous les deux pendant une ou deux interminables minutes, je ne veux même pas savoir quelle tête décontenancée on aura sur les photos. Et puis la mère de mon chéri arrive avec un énorme paquet cadeau et me dit : puisque vous ne vouliez pas de bague de fiançailles…

ça pourrait être une petite caisse de vin, mais c’est trop léger. Un coffret de DVD ? J’ouvre le papier et tombe sur une grosse boîte de rangement en carton, le genre dont on se sert pour rationaliser la penderie. Dans la boîte, une deuxième boîte un peu plus petite, qui contient elle-même une troisième boîte. Ha ha, une matriochka géante ! Mais dans la troisième boîte, au milieu d’un lit de papier rouge, je trouve un écrin. Merde. Je l’ouvre, et dans l’écrin il y a… ça.

THE bague

THE bague

J’ai éclaté de rire. Oui : une sublime bague en plastique, rose, en forme de cœur. Vendue avec le diadème assorti dans une panoplie pour petite fille. Et aussi, je ne peux pas la mettre, même au petit doigt ça ne passe pas… Merci belle-maman !

Bilan des opérations, nous récupèrons trois jolies boîtes gigognes, un gag à raconter à nos futurs enfants, et ma future belle-mère trouve que j’ai le sens de l’humour. Encore mieux, elle veut bien admettre maintenant que je n’aime pas les bijoux, puisque, selon elle, je n’aurais pas pu bien le prendre si j’aimais les bijoux…

Et la bague ? On va la donner à la petite fille qui a déjà hérité du diadème.

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Je m’interroge

13 décembre 2008

Finalement, de quoi avons-nous envie pour notre mariage ? Comment ce serait si nous le faisions ailleurs, à la campagne ? Nous pourrions monter une tente dans le jardin des grands-parents de mon fiancé. Oui mais ce sera l’hiver, il fera froid, avec de la malchance il pleuvra, mauvaise idée. Louer une salle là-bas ? Moui, dans ce cas autant le faire à Paris.

Dépenser autant d’argent pour se marier, ce n’est pas forcément raisonnable. Nous nous marions bien plus jeunes que la moyenne, nous n’avons pas d’économies que nous pourrions mobiliser. C’est juste une journée, ce qui est important c’est les années qui suivront. ça m’ennuie tout ce décorum… Et après tout personne ne vient à un mariage pour la nourriture, non ? La robe… aucune idée de ce que ça pourrait coûter, les créateurs sont d’une pudeur de vierge sur ce point. 1000€ ? 2000 ? Jamais je ne dépenserais autant pour une robe dans la vraie vie…

Et d’ailleurs, pourquoi n’y a-t-il pas de robes à manches longues dans les magazines spécialisés, même dans les collections hiver ? Ma mère et celle de mon chéri avaient des robes à manches longues quand elles se sont mariées. Ma grand-mère aussi, pourtant c’était en août. La mère de mon fiancé doit avoir raison, c’est parce que les femmes vont moins à des soirées formelles, donc elles sont frustrées de robes de soirée et veulent s’en acheter au moins une pour leur mariage. Et ce gros malin de Max Chaoul, qui fait des robes improbables à prix d’or, de dire « une mariée n’a jamais froid ». J’aimerais l’y voir, moi, en décembre avec une robe bustier !