Alliance

21 novembre 2009

L’autre soir, alors que nous refaisions le monde avec un ami autour d’une pizza, mon fiancé a dit : « Souvent, je touche mon annulaire, et il me manque quelque chose, j’aimerais porter déjà mon alliance. Qu’est-ce je suis impatient ». A ce moment-là, je me suis rendue compte que, inconsciemment, moi aussi je touchais souvent mon annulaire, comme à la recherche de l’alliance…

Ceci est un article programmé. A l’heure où vous le lirez, mon fiancé et moi serons devant le maire, en compagnie de membres de nos familles, d’amis, et de plein de connaissances de mes parents qui ont décidé de se joindre à nous pour cette petite cérémonie civile. Mon père nous conduira en voiture, le maire nous lira les articles du Code civil, et nous demandera si vraiment, tout compte fait, mon fiancé veut épouser une blonde alsacienne, catholique, obsédée par l’orthographe, et si vraiment, tout compte fait, je veux épouser un entrepreneur beau, brillant, catholique, et encore plus obsédé par l’orthographe que moi. Je crois que nous dirons oui.

Non, ce ne sont pas les nôtres, mais elles y ressemblent un peu... Photo : matthewgriff, Flickr

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Galerie de portraits

20 novembre 2009

Ce qui est bien, quand on organise un mariage, c’est qu’on rencontre pour cela de nombreux professionnels, qu’on n’aurait pas forcément l’occasion de connaître autrement. Il faut l’avouer, beaucoup sont hauts en couleurs. Tels que…

La couturière : la vendeuse de la robe de mariée m’avait prévenue. J’entre dans la boutique de retouches, et j’y trouve deux femmes qui n’interrompent pas leur conversation quand j’arrive. Deux minutes plus tard, l’une d’elle, blonde, mâchant un chewing-gum, se tourne vers moi et me demande ce qui m’amène. Je lui explique la retouche à faire et essaie la robe. Aïe, ça plisse au niveau de la taille. Je devrais mincir ou faire retoucher aussi la taille. C’est aussi ce qu’elle pense, et elle ne manque pas de me le dire, toujours avec son chewing-gum en bouche. Et ça, c’est quoi ? Euh, ça ce sont les manches de la robe, elles sont amovibles, je ne vais pas les porter. Ah pourquoi, elles sont belles pourtant. Ma mère renchérit. Non mais sérieusement, elles ne me plaisent pas. Bon, elle pose les épingles.

Je rate mon rendez-vous pour venir rechercher la robe et arrive quelques jours plus tard. Je me suis pas inquiétée, me dit-elle, c’est vous qui vous mariez, je me disais que vous alliez pas tarder à revenir. Elle a toujours un chewing-gum, pas le même j’espère. Comment, le fiancé a vu la robe ! J’essaie la robe. Les plis ont disparu, youpi, j’ai minci, et la retouche est parfaite. Oui, la vendeuse m’avait prévenue, elle a son caractère mais elle bosse super bien.

Le fourreur : Les fourrures ne se conservent pas n’importe comment, il y a des conditions de température et d’humidité bien précises à respecter. C’est particulièrement important pour cet homme rond, avec ses petites lunettes, parce qu’il s’est spécialisé dans la garde de fourrures pendant l’été. L’ambiance est donc assez particulière dans sa boutique, beaucoup d’air qu’on sent circuler grâce à de nombreux dispositifs de ventilation. On pourrait se croire dans l’espace réservé aux oeuvres fragiles, dans un musée, ne serait-ce l’épaisse moquette. Le fourreur est très posé, il ne rit pas à mes blagues, je le trouve assez intimidant. Ou alors, c’est mon propre inconfort à entrer pour la première fois chez un fourreur, ma crainte d’abîmer les trucs tout doux et hors de prix que j’essaie.

Le général : Je ne l’ai pas encore rencontré, mais il l’air d’un sacré personnage. C’est le père d’une amie qui sera présente au mariage, et ma belle-mère le connaît bien. Grâce à lui, ma belle-mère a pu réserver une belle salle qui appartient à l’armée pour le déjeuner du lendemain. Le général est spécialiste de physique nucléaire, mais à part ça, son dada dans la vie, c’est la couture, il coud des vêtements très chouettes à sa fille…

La responsable des réceptions dans ladite salle de l’armée : C’est la mère de mon fiancé qui s’occupe du déjeuner, je l’ai accompagnée la semaine dernière pour voir les menus. Nous expliquons à cette petite jeune femme qu’il nous faudra des repas casher. Ah, vous comprenez, pour des raisons d’hygiène on ne peut pas faire venir de nourriture de l’extérieur, il faut que notre cuisinier fasse tout. OK, il a une cuisine casher ? Bah non. Mais comment font les gens qui mangent casher chez vous, d’habitude ? Réponse embarrassée. Ma belle-mère : donc depuis l’affaire Dreyfus, il n’y a plus de juifs dans l’armée française ? La responsable finit par lâcher que en effet, ils ont des accords avec deux traiteurs casher, mais c’est pas très classe d’apporter des plateaux dans du cellophane. Euh oui, mais c’est encore moins classe si certains invités ne peuvent pas manger, non ?

Le coiffeur : ou plutôt les coiffeurs. Ils travaillent dans le même espace, mais indépendamment, chacun a son propre tarif, ses propres clients, ses spécialités. Cela ne les empêche pas d’adopter un look assorti, pantalon noir à pinces et chemise blanche. Ils sont unanimes pour dire que j’ai de très beaux cheveux. C’est bon pour l’ego, ça !

La coloriste me raconte des histoires de mariées, celle d’une de ses clientes qui est tombée sur une couturière folle, celle d’une future mariée obèse qui tenait absolument à sa robe avec des fleurs en relief au niveau du ventre. Ils connaissent tous bien mon fiancé et sa mère. L’un des coiffeurs est spécialisé en coiffures de mariées, il note mon rendez-vous au nom de ma future belle-mère, « comme ça je me souviens ». Il a une crinière blanche très soignée, des gestes fins et précis. Pour vous, me dit-il, je vois très bien une coiffure comme ça… attendez, je vais faire une simulation, vous voyez, un noeud ici, comme une queue de cheval, qui en rejoint une autre comme ça, voilà, en crêpant un peu plus les cheveux… Ma robe comporte du ruban blanc, on pourrait en utiliser pour la coiffure, mais le ruban des manches ne suffit pas, il en faut un morceau plus long. Nous prenons rendez-vous mardi et il m’indique une mercerie dans le quartier.

Le type de la mercerie, donc : Il officie dans une toute petite boutique, ancienne, avec des étagères en bois encombrées et des tiroirs partout. Petite quarantaine, emmitouflé dans un gros blouson assez incongru dans ce quartier chic, surtout à l’intérieur. En dehors de la mercerie, la boutique vend aussi de la passementerie. Je m’extasie sur le choix impressionnant de galons, il m’explique que c’était la grande mode ces dernières années, pour les tentures murales, qu’il en vendait par vingt mètres d’un coup, maintenant c’est un peu passé. La passementerie me fait irrésistiblement penser à mon père, tapissier, cette mercerie est plus fournie que lui en la matière ! Votre père est tapissier où, me demande-t-il ? Eh non, pas vraiment dans le quartier, en Alsace !

Hier j’ai repensé aux débuts de ce blog. Août 2008, une petite éternité. Depuis que j’ai commencé à écrire ici, pas mal de choses difficiles me sont tombées dessus. Le décès de ma grand-mère, un cambriolage, une grosse rupture amicale, une recherche d’appartement difficile (dont un mois à squatter chez les parents de mon fiancé, merci à eux), une recherche de job encore plus difficile, le décès de ma tante. Et chaque fois, mon fiancé a été là. Il a été parfait. Il est parfait.

Il y a aussi eu plein de moments heureux, hein ! La réussite de son concours par mon fiancé, Noël en famille, notre beau week-end de mai, mon diplôme, nos décisions professionnelles à tous les deux, tous les bons moments passés avec nos familles et nos amis.

En nous mariant, c’est ça que nous décidons de continuer. J’ai hâte de la porter, cette alliance, et que nous nous attaquions à la suite des aventures !

Avec tout ça je me pose aussi des questions quant à ce blog. Mon objectif de départ était de parler de mariage en général et du nôtre en particulier. Je pense qu’après notre mariage, je n’aurai plus envie de parler d’organisation de mariage, je ne vais pas en faire mon métier non plus. Mais j’aimerais bien continuer à écrire, ici ou ailleurs, peut-être sur des sujets plus sérieux. Qu’en pensez-vous ?

Avancée des préparatifs

16 novembre 2009

C’est dans moins d’un mois maintenant. Nous serons mariés civilement dans cinq jours, à l’église dans un peu moins de 4 semaines… Du coup, les préparatifs s’accélèrent un peu.

Nous avons décidé du dessert pour le mariage religieux. Ce sera une pyramide de macarons. Il nous reste à choisir les parfums et à commander la bête — rien d’urgent, le pâtissier demande seulement 72h de délai.

Nous avons décidé des chants pour la cérémonie. Je vais me remettre en contact avec la chorale qui avait donné son accord de principe, a priori ils connaissent tous les chants.

Les alliances sont prêtes.

Je ne sais pas encore comment je vais me coiffer. J’appelle le coiffeur demain.

Je suis allée choisir mon bouquet avec la mère de mon fiancé. Elle le raconte sur son propre blog, nous sommes allées chez Trousselier, spécialiste des fleurs en soie. J’ai choisi la forme du bouquet, les fleurs, et j’y retourne la semaine prochaine pour admirer le bouquet qu’ils auront fait avec, et le cas échéant faire des modifications.

Alors que je venais de décider de ma tenue pour le mariage civil (une jupe jaune et un chemisier pas vraiment récents, mais que j’aime bien, qui sont joyeux et colorés), ma mère trouve que je devrais m’acheter une robe neuve. Mieux, elle veut m’offrir une robe neuve. La plupart d’entre vous ne la connaissent pas, mais je sais déjà qu’elle ne lâchera pas l’affaire avant que j’aie au moins passé du temps dans les boutiques à essayer des fringues. Je la trouvais très bien moi, ma jupe jaune, et en cette saison, allez trouver une belle robe colorée… Tout ça n’est pas très utile à mon avis. Mais ça part d’une intention très gentille, merci maman…

Mon père, quant à lui, a demandé à un de ses amis qui est photographe de prendre des photos de nous au mariage civil — qui, je le rappelle, devait être pour nous un truc purement administratif, sans fête particulière, on signe un papier et on va déjeuner ensemble. On n’a même pas de photographe professionnel au vrai mariage, c’est le monde à l’envers cette histoire… Comme nous irons à la mairie en fin d’après-midi, le photographe préférerait faire les photos avant. « Mais je sais pas trop quand », dit mon père, « je lui ai demandé tard, donc il faudra qu’on se cale sur son horaire. Donc entre le déjeuner et la mairie, il ne faudra pas que tu ailles en ville… » Aller en ville ? Une heure avant le mariage ? Euh, non papa, ça ne m’avait pas effleurée.

 

Vous sentez un peu de lassitude ? Oui, c’est le cas.

Le salon du divorce ?

8 novembre 2009

Les 7 et 8 novembre se tient (se tenait) à Paris le premier salon « du divorce, de la séparation et du veuvage », intitulé « Nouveau départ ». Je ne suis pas la première à en parler, mais je voulais revenir sur ce concept que je trouve assez étrange. D’ailleurs, j’ai d’abord cru à une blague.

Sur le site de Nouveau départ, on apprend que le concept vient d’Autriche. Apparemment, les 155 000 divorces qui ont lieu tous les ans en France (sans compter les séparations et les décès) ouvrent un marché que les organisateurs de ce salon et leurs exposants n’entendent pas dédaigner.

Après tout, c’est vrai, les personnes qui divorcent ont besoin de faire appel à un avocat, or les avocats n’ont pas le droit de faire de la publicité directement, donc aller sur un salon, de leur point de vue, pourquoi pas. Je veux bien comprendre aussi la présence des divers psy-quelquechose sur le salon. Mais franchement, cette approche relève d’un ambulance-chasing que je trouve, personnellement, du plus mauvais goût. Et puis on part ensuite dans le n’importe quoi, avec la présence sur le salon de détectives privés (quelle classe), d’agents immobiliers et de décorateurs (séparation = déménagement, mais enfin c’est un peu tiré par les cheveux). Sans oublier les conseillers en image de soi, et évidemment les agences matrimoniales et sites de rencontre.

Les organisateurs ont deux postulats, que je trouve discutables tous les deux :

– l’amalgame entre les séparations et le deuil : j’ai peine à croire que les veufs/veuves et les personnes qui viennent de se séparer de leur conjoint aient réellement les mêmes besoins, et très honnêtement je trouve le rapprochement entre les deux glauque. Une personne qui vient de perdre son conjoint serait invitée à se rendre dans un salon où, entre autres, elle passera devant des stands de sites de rencontre, de « conseillers en chirurgie esthétique » et de lingerie ?

– pire encore, l’idéologie sous-jacente qui semble être « réussissez votre rupture ». Merde, une rupture, ça ne se « réussit » pas, c’est un événement profondément traumatisant (souvent aussi traumatisant pour celui qui quitte que pour celui qui est quitté), ça remet en question des choix et des convictions, et ce salon entend répondre à cela par des propositions de services de détectives privés, banquiers, déménageurs et agences de voyage ? C’est sûr, si votre mariage est un désastre, la réponse réside dans la consommation ! Comment n’y avais-je pas pensé avant ? (et s’appliquant aux veufs, ça en devient carrément insultant). Très sincèrement, ces approches me semblent faire plus de mal que de bien. J’imagine que l’objectif est de permettre aux divorcés de se changer les idées et de régler leurs problèmes concrets les plus urgents. Mais si ces hochets divers arrivent à accaparer l’attention de la personne séparée et lui faire croire qu’elle se sent mieux, ce sont ni plus ni moins que des divertissements pascaliens qui risquent de l’empêcher de faire l’introspection dont elle aurait probablement besoin dans ces moments. D’ailleurs, comme par hasard, le spirituel est complètement évacué du salon — ah non, sauf une conf animée par des religieux — commodément remplacé par des psy-quelquechose (je n’ai rien contre les psys. C’est juste que je ne suis pas sûre qu’ils soient suffisants dans ce contexte).

Mais après tout, « réussissez votre rupture », qu’est-ce que ça a de choquant une fois qu’on a admis les « réussissez votre mariage » et surtout le charmant « réussissez votre enfant » ? L’industrie du mariage, l’industrie de la puériculture et des cours de soutien, pourquoi pas l’industrie du divorce ? Oui, vraiment, je peux comprendre l’intérêt pour tous ces professionnels de se regrouper sur un salon. Ce que je ne saisis mais alors pas du tout, c’est l’intérêt pour les visiteurs de s’y rendre. « Tiens, chéri, si on allait au salon du divorce ce week-end ? »

Le salon découpe la séparation en « avant », « pendant » et « après ». Si j’ai bien compris cette page, les principaux enjeux sont respectivement : décider de divorcer ou pas, défendre ses intérêts pendant le divorce (grâce aux avocats et aux détectives privés), et se reconstruire et passer à autre chose.

Quelques réflexions : prétendre aider les couples à choisir de divorcer ou pas, n’est-ce pas un peu les inciter à divorcer ? Pour des couples qui se posent la question de se séparer, aller à ce salon équivaut un peu à évoquer la question à voix haute pour la première fois… Les détectives privés ? Une amie me racontait qu’un détective privé de sa connaissance lui avait dit : « Quand une femme vient me voir pour savoir si son mari la trompe, je peux dire deux choses avec certitude : premièrement, qu’il la trompe effectivement ; deuxièmement, que si elle vient me voir, le mariage est déjà fini ». D’un côté l’adultère, de l’autre le manque de confiance, chacun des deux est une raison de divorcer à part entière.

Alors, qui peut bien être le public visé ? Des couples qui vont divorcer et ont trouvé une sympathique idée de sortie en famille ? Des maris ou femmes venus chercher un avocat ? Ou tout ceci n’est-il que le faux nez d’un énième salon pour les femmes seules ?

Qu’en pensez-vous ? Je suis particulièrement curieuse de connaître l’opinion de mes lecteurs séparés ou veufs…

 

PS : Je viens de lire, sur le même sujet, cet article de L’Antidote dans Marianne 2 — oui oui, j’ai de saines lectures…

En bonne blogueuse narcissique, je regarde de temps en temps ce que les gens cherchent pour arriver sur mon blog. Après tout, ça me permet de savoir quels sujets intéressent le plus les lecteurs — encore que, je préfère me fier aux commentaires, rien ne me dit que, par exemple, la personne qui cherche « gâteau Star Wars pâtissier » a des chances de trouver son bonheur ici et de revenir.

Or, j’observe depuis plusieurs semaines une requête qui me fait beaucoup rire : « robe de marié ». Avec ses déclinaisons, « robe de marié manches longues », « robe de marié pour l’hiver », « robe de marié en lainage ».

Alors, si ça peut vous faire plaisir, voici une robe de marié :

 

Une magnifique robe... de marié. Image : The Unmanly Blog

Non, non, ne me remerciez pas. Bientôt, dans la série Ayatollah de l’orthographe, une autre requête qui me fait encore plus hurler de rire : « robe de marée »…