Lâchers d’animaux

31 août 2009

Jeter du riz à un mariage ? Il paraît que c’est has been. Et de toute façon tante Josette risque de se casser la figure dessus, et un mariage qui finit aux Urgences, ça n’est pas franchement agréable. Soit dit en passant, si vous pouvez éviter tout particulièrement les Urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, ce serait mieux. Entre la peinture écaillée, les lits dans les couloirs, les six personnes par pièce et la cohue, je ne savais pas qu’un tel tiers-monde existait encore à Paris.

Bref. On nous signale donc comme alternative au lancer de riz le lâcher d’animaux à la sortie de l’église. Plus précisément, des papillons ou des colombes. Je me suis penchée sur le sujet… Bon, je suis un petit peu écolo. Ecolo soft. Le bio, le recyclage, la compensation carbone, ça ne me passionne pas plus que ça. En revanche j’aime bien les plantes, les oiseaux, les écureuils.

Donc le lâcher de colombes pour commencer. Il s’agit en fait de pigeons voyageurs, porteurs d’un carton d’identité et entraînés à revenir à leur pigeonnier. Des pros de l’événementiel. Ce qui est bien pratique, parce que s’il fallait acheter des colombes pour les lâcher dans la nature et ne plus les revoir, ça risquerait de revenir cher. Tant mieux aussi pour les colombes elles-mêmes, puisqu’elles peuvent facilement revenir à leur environnement habituel après l’expérience sûrement stressante d’être tripotées par des inconnus.

Mais une colombe, comment dire, ça risque de laisser un souvenir odorant sur une robe de mariée… C’est là que j’ai découvert que, pour éviter ça, certains prestataires s’assurent que lesdites colombes soient à jeun de trois jours. Ce ne sont peut-être que des pigeons, mais l’idée de les affamer juste pour le caprice des mariés, ça me dérange. Pauvres bêtes…

Quant au lâcher de papillons… Les prestataires doivent, là, gérer précisément le timing de la nymphose : les chrysalides de papillons sont mis dans des boîtes, et au moment du lâcher elles sont censées s’être transformées en papillons, qui s’envoleront élégamment. Evidemment, c’est un peu risqué, le développement de la chrysalide n’est pas minutable : trop tôt, ça donne un lâcher de chrysalides, qui manque un peu d’intérêt… trop tard, ça donne des papillons qui ont été coincés plusieurs jours dans une boîte et risquent d’être morts de faim. Et une fois qu’on les a lâchés ? Je préfère ne pas m’avancer sur la durée de vie d’un papillon en ville…

Alors que faire ? Le lâcher de lions, ça me paraît une bonne option. A associer éventuellement avec une réception sous un chapiteau de cirque…

Je n’ai toujours pas compris par quel processus des filles charmantes, sympa, normales, équilibrées, pouvaient se transformer par la grâce d’un mariage à préparer en monstres arrachant tout sur leur passage. Je suppose que l’obsession du détail parfait doit les ronger la nuit, ou qu’elles libèrent une hormone particulière ?

Celle-ci est bien gratinée en tout cas :

Question subsidiaire, pourquoi le français ne possède-t-il pas la même distinction que l’anglais entre wedding (la cérémonie du mariage) et marriage (la vie maritale) ?

Jean 2, 1-11

28 août 2009

« Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui dit :  « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. » Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or il y avait six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : « Remplissez d’eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau changée en vin – et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau – le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! » Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.  »

Photo : Zest-pk

Photo : Zest-pk

Voilà, c’est celui-ci que nous avons choisi.

C’est donc un texte de l’Evangile selon saint Jean, qui d’ailleurs ne se trouve pas dans les autres Evangiles. Nous sommes au chapitre 2. Dans le chapitre 1, Jean nous parle d’un autre Jean, le Baptiste, qui annonce la venue de Jésus, puis il nous raconte comment Jésus recrute ses premiers disciples. L’épisode des noces de Cana se passe juste après et, comme le dit le texte, c’est le premier miracle de Jésus, par lequel il se signale.

Ce vin nouveau est le vin de l’eucharistie : « sang du Christ versé pour la multitude et pour le pardon des péchés ». C’est la nouvelle alliance de Dieu et des hommes, et comme par hasard la scène se passe lors de la célébration de l’alliance d’un homme et d’une femme. Dans un mariage juif traditionnel (à cette époque en tout cas, pour aujourd’hui je ne peux pas généraliser), il y a une grande foule d’invités, et le vin est offert par le marié. Ici c’est Jésus qui offre le vin — comme plus tard son sang — aux hommes.

Et aux femmes. Comme le souligne ma future belle-mère, Marie est l’agent de ce miracle. Jésus ne voulait pas encore se signaler, et c’est elle qui le convainc. On entend parfois l’expression « Marie, Eve nouvelle ». Je pense que ce passage en est une illustration : alors que dans la Genèse, Eve convainc Adam de pécher, ici Marie convainc Jésus de se révéler. Or, Jésus est venu pour pardonner les péchés en se sacrifiant pour les hommes. Le rôle de Marie ici en fait un Evangile féministe ! Mon fiancé dirait que les Evangiles en général sont féministes, mais si je me lance là-dedans on y sera encore demain !

En le choisissant pour notre mariage, nous voulons montrer que l’alliance que nous formons puise sa force et son sens dans l’eucharistie. En même temps, comme tous nos amis ne sont pas croyants (mais qu’ils aiment le vin), nous voulons aussi leur montrer qu’on peut être cool tout en étant catho. Le premier miracle de Jésus est de transformer de l’eau en vin : il aime le vin, il aime faire la fête. Pour le mariage d’un Bourguignon et d’une Alsacienne, le symbole s’y prête bien.

Sans oublier bien sûr Marie, qui est ma sainte patronne et celle de ma grand-mère, mais aussi celle qui intercède pour nous tous auprès de Dieu. Elle est très importante pour nous deux et méritait de figurer en bonne place dans notre Evangile de mariage. Et dans les chants : nous nous sommes décidés pour Salve Regina comme chant de sortie.

Qu’en pensez-vous ? Toutes vos lumières sont les bienvenues !

Qu’ont en commun toutes les robes de mariée ci-dessous ?

Robe Clément, Delphine Manivet. Photo 1001 Mariages

Robe Clément, Delphine Manivet.

Robe Sacha, Delphine Manivet aussi. Photo 1001 Mariages

Robe Sacha, Delphine Manivet aussi.

Robe Marie Laporte

Robe Marie Laporte

Robe Mae, Max Chaoul

Robe Mae, Max Chaoul

Oui, ce sont des robes de créateur. Mais ce n’est pas seulement ça…

Elles sont parfaitement impossibles à porter pour quiconque a des seins.

Alors évidemment, comme c’est mon cas, j’ai passé mon chemin. Je tiens à porter un soutien-gorge pour mon mariage quand même.

Mais ce n’est pas si facile… Même les modèles moins extrêmes sont souvent sans manches ni bretelles, et munis à la place, soit d’un corset — euh, je vais m’abstenir, sinon l’effet Mme de Pompadour avec des seins comme des obus est garanti — soit d’un bustier.

La robe que j’ai choisie est géniale sur beaucoup de points sauf celui-ci…

Comme dans la vraie vie je ne porte pas de bustier, et que de toute façon je voulais acheter de nouveaux sous-vêtements pour le mariage, me voilà dans une boutique de lingerie…

J’ai fréquenté pendant des années la boutique d’une amie de ma mère, super sympa, qui en plus me faisait des réductions très intéressantes. Mais maintenant que je vis à 500km, ce n’est pas très pratique…

Ma future belle-mère m’emmène donc dans une boutique près de chez elle. Je me retrouve à expliquer à la vendeuse que voilà, je cherche un soutien-gorge à bretelles amovibles, plutôt blanc, que c’est pour porter sous une robe de mariée bustier. Je lui donne ma taille mais j’ai comme l’impression qu’elle ne me croit pas.

– Vous avez de la chance que j’aie encore quelque chose dans votre taille. Tenez, c’est le seul que j’ai.

J’aurais préféré avoir un petit peu de choix, mais bon, d’accord, voyons ça. La bête est plutôt jolie. Je l’enfile, me regarde dans le miroir. Moui, c’est pas ça. Qui dit soutien-gorge sans bretelles dit coques, et je n’aime pas vraiment ça. Et en fait, il est un peu trop petit à droite.

La vendeuse vient voir, et là il se passe une chose très étrange : en général, les vendeuses de lingerie sont blasées, c’est leur métier et elles ont un oeil professionnel, neutre. Mais elle, elle me scrute, j’ai l’impression d’être une gamine de douze ans. Et d’avoir des seins énormes, comme quand on avait piscine au collège et que j’étais la grosse vache alors que toutes les autres avaient de petits seins mignons.

– Vous avez un sein beaucoup plus gros que l’autre. C’est le cas chez la plupart des femmes, mais chez vous c’est particulièrement marqué… Vous avez fait quelque chose ?

– Non !

– Je me permets de poser la question parce que chez vous la différence est vraiment très grande, quand on se fait opérer d’un cancer du sein parfois le chirurgien doit enlever un peu…

Elle ne pouvait pas le savoir, mais je venais de passer deux semaines chez mes parents auprès de ma tante mourante. Elle avait été enterrée la veille. Un cancer du sein. J’ai cru que j’allais me mettre à pleurer.

– En tout cas c’est pas du tout le 85D qu’il vous faut. Je vais voir si j’ai la taille au-dessus. 85E ? Est-ce que j’ai seulement ça ? Vous êtes sûre que 90 ce serait pas mieux ? Mais là vous portez quoi comme soutien-gorge ?

C’est un truc joli, noir et rouge avec des fleurs brodées, grande marque française, excellente qualité. Elle s’en empare, l’examine.

– Mais ça ne va pas du tout ça ! 85C, ça doit déborder de partout !

Non connasse. J’ai grossi récemment, et ça s’est surtout mis dans les seins. Ce soutien-gorge est un de ceux d’avant que je peux encore mettre. Elle a voulu vérifier, je l’ai mis. Il me va parfaitement, mais elle ne s’est pas excusée pour autant. Je lui ai expliqué que j’avais grossi surtout des seins, mais j’avais beau aligner les justifications, je continuais à me sentir comme une gamine prise en faute à oser porter des soutien-gorges jolis… Gros seins = sous-vêtements de mamie obligatoires ?

Evidemment ça ne s’est pas arrêté là. Elle avait effectivement un 85E, qui m’allait (E ! argh !).

– Si c’est pour un mariage il vous faut aussi le bas. Vous faites quoi comme taille ?

– 38.

– Vous êtes sûre, pas plutôt 40 ?

OUI je suis sûre !

Pendant tout ce temps ma belle-mère s’était tenue en retrait. Et voilà que la vendeuse, convaincue sans doute que je suis trop idiote pour comprendre que j’achète mes soutien-gorges n’importe comment (en plus d’être un monstre de dissymétrie), commence à lui expliquer, à elle, que vraiment il y a une très grande disproportion entre mes seins, qu’il faut se fonder sur le plus gros sein pour choisir son soutien-gorge, que je ne dois pas acheter de modèles pas chers parce qu’ils sont de mauvaise qualité… Crétine, je n’achète que des grandes marques, d’ailleurs tu l’as bien vu !

– Et donc ils vont se marier ? Il fait quoi votre fils dans la vie ? demande-t-elle à ma belle-mère.

– Il est étudiant à [école connue].

Moi aussi accessoirement, mais la vendeuse ne m’a rien demandé. Et d’enchaîner :

– Ah c’est bien ! Le fils de mon compagnon l’a fait aussi, il était président du BDE, il ne foutait rien mais maintenant il a un bon job à Hong Kong.

Le pire ? J’ai acheté les sous-vêtements en question.

C’est ma meilleure amie qui m’a consolée. Elle connaît bien le problème. Elle tombe toujours sur des vendeuses qui ne peuvent pas comprendre que, quand elle demande un 85F, le 90E ne lui ira pas (oui, ce truc-là, ça ne marche pas à tous les coups). Son entourage lui a conseillé des dizaines de fois de se faire opérer. D’ailleurs, j’adore l’argument du « dans ton cas je suis sûre que ce sera remboursé par la sécu », histoire de bien souligner qu’on est un monstre.

Maintenant, reste à essayer le fameux soutien-gorge avec la robe. J’espère qu’il ira… sinon, sans hésiter, je prends un week-end pour aller chez la copine de ma mère !

Photos : 1001 Mariages

Lectures du mariage

25 août 2009

Pour la cérémonie, nous devons choisir une ou deux lectures, un psaume et un Evangile : la question de comment exprimer son identité et son originalité tout en suivant une tradition a été résolue de cette manière par l’Eglise.

Mon fiancé et moi avons donc commencé à nous demander ce que nous choisirions il y a déjà un moment. Nous allons à la messe ensemble presque tous les dimanches, donc nous sommes familiers avec les Evangiles et les psaumes. Evidemment, certains d’entre eux sont plus adaptés que d’autres à un mariage, tout comme certains sont plus adaptés que d’autres à un enterrement. Etant donné que les deux dernières fois où il a été question de choisir des textes dans mon entourage étaient des enterrements, c’est un vrai plaisir d’y penser pour un événement heureux !

Photo : jamelah

Photo : jamelah

Mes Evangiles préférés sont l’Evangile de Noël et la multiplication des pains (Evangile de Matthieu, chapitre 14, versets 14 à 21, même si l’histoire existe aussi chez Marc, Luc et Jean). Mais je ne nous voyais pas les utiliser pour le mariage.

Mon fiancé pensait à la maison bâtie sur le roc (Matthieu, 7, 21.24-27) :

« Ce n’est pas en me disant : « Seigneur, Seigneur », qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. […] Ainsi, quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas croulé : c’est qu’elle avait été fondée sur le roc. Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s’est écroulée. Et grande a été sa ruine ! »

Fonder notre mariage sur le roc, faire la volonté de Dieu, ça me plaît. A notre dernière heure de préparation au mariage (avec notre petit bouquin, il faudra que j’en parle ici), j’ai répondu à « quelle est ma prière » : fonder une famille chrétienne, être là pour les autres et que notre exemple les inspire. J’espère vraiment arriver à ça.

Mais, dans cette même optique, nous avons trouvé un texte qui nous plaît encore plus… à suivre…

Petit mot en passant : nous sommes catholiques pratiquants. Je ne me voyais pas exclure cette partie de nous de ce blog, parce que notre religion façonne profondément notre identité et nos valeurs. Je pense que les religions sont si importantes dans la construction des êtres et dans leurs comportements quotidiens que vouloir en faire une affaire purement privée n’est pas très réaliste, ou pas très honnête. Il me semble au contraire que parler ouvertement, respectueusement, de nos convictions religieuses, surtout avec ceux qui ne les partagent pas, fait progresser la tolérance, la connaissance et, j’espère, le cheminement spirituel de chacun.

Donc sauf opposition massive de votre part, je parlerai un peu ici de la messe et de sa préparation.

Je n’aurais pas imaginé me marier dans une robe qui ne soit pas blanche. Et c’est vrai que longue c’est bien aussi, c’est un mariage quoi… c’est traditionnel… quoique. Athénaïs et ma future belle-maman chérie m’ont fait réfléchir à l’histoire du costume — et fatalement, des robes de mariée en particulier. Au Moyen-Âge elles étaient pourpres, parce que la pourpre était la couleur la plus chère, il fallait marquer le coup. Un peu plus tard, la mariée choisissait sa plus belle robe, mais pas forcément blanche, et elle la remettait ensuite.

Je me suis donc penchée sur les photos de famille conservées chez mes parents, pour voir comment mes aïeules avaient géré leur robe de mariée.

Mes arrières-grands parents, 1906

Mes arrières-grands parents, Suisse, 1906

Pour mon arrière-grand-mère, en 1906, robe longue noire et long voile avec un diadème. Evidemment, manches longues et collet monté. Le marié arbore un costume et une cravate sombres et une fleur à sa boutonnière qui rappelle le bouquet, assez petit, de son épouse.

Mon grand-oncle n°1 et sa femme, Verdun, vers 1925

Mon grand-oncle n°1 et sa femme, Verdun, vers 1925

L’épouse du grand-oncle n°1 est mi-corse, mi-sicilienne. Elle vivait à Verdun où elle a épousé mon grand-oncle vers 1925. Riche idée, puisque les parents du marié, Suisses alémaniques qui ne parlaient pas français, ont dû se taire pendant tout leur séjour sur place, sous peine de passer pour des Allemands. Pour elle, robe courte que je trouve très moderne, manches longues, encolure ronde, voile long attaché façon bandeau années folles, pas de fleurs. ça me plaît vraiment bien, là. Costume noir pour Monsieur.

Mon grand-oncle n°2 et son épouse, dans les années 30

Mon grand-oncle n°2 et son épouse, Suisse, dans les années 30

L’épouse du grand-oncle n°2 porte une longue robe blanche (mais pas jusqu’à par terre non plus), toute droite, avec un décolleté en V et son voile long est retenu par une couronne de fleurs. Bouquet de taille moyenne. Le marié porte un costume noir et une pochette.

Mon grand(oncle n°3 et son épouse, Suisse, années 30

Mon grand(oncle n°3 et son épouse, Suisse, années 30

L’épouse du grand-oncle n°3 porte une robe blanche très longue, à manches longues, avec ce qui ressemble à une traîne. Très long voile et bouquet plutôt volumineux, des roses je crois.

Mes grands-parents, Alsace, 1948

Mes grands-parents, Alsace, 1948

La petite dernière de la famille, ma grand-mère s’est mariée un peu après la fin de la guerre. Elle était, paraît-il, la plus jolie fille du village. Elle porte une longue robe blanche à décolleté en V et manches longues (elle s’est mariée en août), un trèèèès long voile qui devait être bien pratique et un bouquet de lys en cascade. Mon grand-père porte une veste noire avec une pochette et un pantalon sombre.

Et comme j’aime beaucoup mes parents, je n’inclus pas leur photo à eux qui est pourtant très drôle. Ils sont encore de ce monde, eux, et je crains les représailles…

Que déduire de cela ?

D’abord que mon échantillon n’est pas représentatif. J’aimerais bien voir ce que les grandes maisons de couture faisaient comme robes à cette époque… Ensuite, que effectivement la longue robe blanche n’est pas systématique, surtout au début du siècle. Ce qui est constant, c’est le marié en noir — j’avoue que je ne suis pas très fan de la mode actuelle du costume blanc ou crème pour le marié. Et le long voile. Et puis évidemment, à l’époque ça avait l’air plus facile que maintenant de trouver une robe à manches longues

Et vos grands-mères, elles portaient quoi à leur mariage ?

Jouet sexiste

21 août 2009

On s’éloigne du thème de ce blog, là, mais je tenais à clamer mon indignation ! Vous avez été comme moi des petites filles sages qui lisaient Martine, jouaient à la poupée et avaient une grosse cuisinière en plastique avec plein de petits ustensiles en plastique dans leur chambre ? Bah croyez-moi, c’était une éducation hyper féministe par rapport à ça :

L'aspirateur jouet...

L'aspirateur jouet...

et surtout, ça :

... et son amie la serpillère jouet

... et son amie la serpillère jouet

Photos prises au rayon jouets d’un grand magasin suisse, à Coire. Il semblerait qu’il existe aussi un fer à repasser jouet. Vous remarquerez que, non contents d’affirmer urbi et orbi que le ménage est amusant (pourquoi pas, après tout, la méthode Coué ça peut marcher), les concepteurs des charmants joujoux ont utilisé, sur les boîtes, uniquement des images de petites filles souriantes. Si on voulait envoyer le message que le ménage c’est pour les filles, et qu’en plus c’est super épanouissant pour elles, on ne s’y prendrait pas autrement… C’est étonnant, je n’ai pas vu de boîte de jeu sthétoscope, tubes à essai ou ordinateur portable de businesswoman dans la même collection…

Quel marketing de merde…

Mais bon, tout n’est pas perdu. Pendant ce temps, des chercheurs se penchent sur l’adoption des comportements de genre par les enfants (merci Marion pour le lien). Le jouet préféré de mon filleul est sa cuisinière. Et moi qui ne sais pas coudre, je sais comment fonctionne un moteur à explosion.

Vous en pensez quoi ? Vous avez eu quel type de jouets petit(e)s ? Vous donnez ou donneriez quoi à vos enfants ?

« Il y a deux sujets sur lesquels il ne faut jamais me brancher : l’histoire des costumes et la géographie de la nourriture ! » disait ma belle-mère adorée dans les commentaires, il y a quelques jours. Je crois que c’était parti d’une discussion sur les robes de mariée…

Et comme ma belle-mère est très cool (elle est même sur Twitter !), et aussi un peu parce que je la harcelais, elle a décidé d’ouvrir un blog. Il s’appelle Pourquoi se compliquer la vie, et parle déjà pas mal de bouffe. En particulier ma belle-mère n’aime pas les macarons, snif… C’est bien dommage, comment faire maintenant que nous avons commandé notre pièce montée chez Pierre Hermé ? 😉

Enfin voilà, allez la lire, et pas seulement parce que c’est ma belle-mère, elle a vraiment de tonnes de choses à dire !

Et bon courage à vous, belle-maman !

Confession

7 août 2009

Je n’aime pas les mariages. Quand je suis invitée à un mariage, je me fais chier la plupart du temps. Mon père est comme moi (ça s’étend à la plupart des réceptions officielles), alors on est devenus tous les deux spécialistes de la loooongue pause cigarette, toutes les demi-heures.

Déjà, je n’aime pas être prise en photo. Oui, monsieur le photographe, je sais que c’est votre métier, mais il y a plein d’autres gens que vous pouvez photographier, je ne suis même pas de la famille moi. Je ne suis pas très fan du champagne non plus, mais siroter une flûte donne une contenance quand on s’ennuie et qu’on ne connaît personne.

A part ça, je suis aussi du genre à me cacher quand un lancer de bouquet se prépare, ou quand il faut danser. Et non monsieur l’animateur, je vous assure, je ne suis pas volontaire pour les jeux.

Et c’est quoi cette manie de tirer le dîner en longueur en dansant entre les plats, à 1h du matin je me mets à baîller, et je finis généralement par partir avant le dessert.

En même temps, si cest ça le dessert, jai rien raté (photo : mattymatt)

En même temps, si c'est ça le dessert, j'ai rien raté (photo : mattymatt)

En fait c’est très frustrant les mariages. Alors qu’on est là pour partager la joie des mariés, ils sont très occupés à essayer d’accorder un peu d’attention à chacun, et finalement on se retrouve bien souvent à chercher désespérément un sujet de conversation avec un inconnu. « Vous êtes de la famille du marié ou de la mariée ? »

Et on n’a pas le droit de trop faire la gueule, ce ne serait pas sympa pour les mariés…

Je suis de moins en moins sûre d’être la bonne personne pour organiser un mariage. Même en mettant de côté mon désintérêt pour la musique et les fleurs. C’est con, organiser la cérémonie et la réception me fait bien plus peur que les 50 ou 70 années de vie commune qui suivront…

Bon allez, je viens de relire notre liste d’invités, il n’y a que des gens sympa que je serai heureuse de voir. Tout va bien se passer…

C’est une sorte de querelle des anciens et des modernes… Les magazines et sites sur le mariage (et les wedding planners, évidemment, c’est leur argument commercial) propagent l’idée qu’un mariage, c’est un événement unique (certes), qui doit ressembler à ses organisateurs et se libérer si possible des traditions poussiéreuses qui y sont associées. Rien que de très consensuel dans ce discours… Moi-même, j’ai consacré une catégorie entière de ce blog aux traditions à la con : la liste de mariage, la jarretière (et le pot de chambre !), la bague de fiançailles, les dragées, etc.

Mais en même temps, le mariage n’est pas un simple contrat entre deux individus. Sujet classique de droit de la famille en L3 : le mariage est-il un contrat ou une institution ? Les deux mon général. Une institution, nous dit Wikipedia, est « une structure d’organisation d’origine humaine et destinée à s’inscrire dans la durée ».

Donc en se mariant, on accomplit un acte certes plein de sens et individuel, mais qui s’inscrit dans une certaine tradition, une manière de voir et de fonctionner de la société.

J’ai pensé à ça récemment en allant à des enterrements. Le tailleur noir pour les enterrements, ça tient trop chaud en juillet, surtout avec des collants, mais ça permet au moins de ne pas réfléchir à sa tenue et de se concentrer sur la cérémonie elle-même. Et on est sûr d’éviter le faux pas. ça marche aussi pour les bonnes manières à table. Et probablement pour les mariages « traditionnels », notamment religieux, qui sont codifiés et chorégraphiés. Là la bénédiction des alliances, là la valse des époux, là le découpage de la pièce montée, ça se déroule tout seul et chacun sait ce qu’il a à faire. Pas forcément très fun, mais efficace.

Là où tout cela devient encore plus sioux, c’est quand les idées originales pour les mariages se répandent et deviennent… une mode. Qui ensuite, soit se démode (et vous avez l’air malin sur vos photos dix ans après), soit devient une tradition. Prenez la robe de mariée par exemple. La très intéressante discussion entre ma cousine Athénaïs et ma future belle-mère dans les commentaires de l’article précédent (merci à vous deux !) montre bien comment les tenues pour les mariages ont évolué. Et la robe blanche, qu’on considère comme le sommet du classicisme, ne date en fait que du XIXe siècle…

Alors… chercher l’originalité, est-ce une façon de réinterpréter des traditions en les enrichissant ? Trop d’originalité tue-t-il l’originalité ? Les traditions sont-elles pratiques, ou pleines de sens, ou ni l’un ni l’autre ?

Et finalement, comment s’approprier et personnaliser une cérémonie à laquelle se livrent des centaines de milliers de gens par an, sans la dénaturer ?