Galerie de portraits

20 novembre 2009

Ce qui est bien, quand on organise un mariage, c’est qu’on rencontre pour cela de nombreux professionnels, qu’on n’aurait pas forcément l’occasion de connaître autrement. Il faut l’avouer, beaucoup sont hauts en couleurs. Tels que…

La couturière : la vendeuse de la robe de mariée m’avait prévenue. J’entre dans la boutique de retouches, et j’y trouve deux femmes qui n’interrompent pas leur conversation quand j’arrive. Deux minutes plus tard, l’une d’elle, blonde, mâchant un chewing-gum, se tourne vers moi et me demande ce qui m’amène. Je lui explique la retouche à faire et essaie la robe. Aïe, ça plisse au niveau de la taille. Je devrais mincir ou faire retoucher aussi la taille. C’est aussi ce qu’elle pense, et elle ne manque pas de me le dire, toujours avec son chewing-gum en bouche. Et ça, c’est quoi ? Euh, ça ce sont les manches de la robe, elles sont amovibles, je ne vais pas les porter. Ah pourquoi, elles sont belles pourtant. Ma mère renchérit. Non mais sérieusement, elles ne me plaisent pas. Bon, elle pose les épingles.

Je rate mon rendez-vous pour venir rechercher la robe et arrive quelques jours plus tard. Je me suis pas inquiétée, me dit-elle, c’est vous qui vous mariez, je me disais que vous alliez pas tarder à revenir. Elle a toujours un chewing-gum, pas le même j’espère. Comment, le fiancé a vu la robe ! J’essaie la robe. Les plis ont disparu, youpi, j’ai minci, et la retouche est parfaite. Oui, la vendeuse m’avait prévenue, elle a son caractère mais elle bosse super bien.

Le fourreur : Les fourrures ne se conservent pas n’importe comment, il y a des conditions de température et d’humidité bien précises à respecter. C’est particulièrement important pour cet homme rond, avec ses petites lunettes, parce qu’il s’est spécialisé dans la garde de fourrures pendant l’été. L’ambiance est donc assez particulière dans sa boutique, beaucoup d’air qu’on sent circuler grâce à de nombreux dispositifs de ventilation. On pourrait se croire dans l’espace réservé aux oeuvres fragiles, dans un musée, ne serait-ce l’épaisse moquette. Le fourreur est très posé, il ne rit pas à mes blagues, je le trouve assez intimidant. Ou alors, c’est mon propre inconfort à entrer pour la première fois chez un fourreur, ma crainte d’abîmer les trucs tout doux et hors de prix que j’essaie.

Le général : Je ne l’ai pas encore rencontré, mais il l’air d’un sacré personnage. C’est le père d’une amie qui sera présente au mariage, et ma belle-mère le connaît bien. Grâce à lui, ma belle-mère a pu réserver une belle salle qui appartient à l’armée pour le déjeuner du lendemain. Le général est spécialiste de physique nucléaire, mais à part ça, son dada dans la vie, c’est la couture, il coud des vêtements très chouettes à sa fille…

La responsable des réceptions dans ladite salle de l’armée : C’est la mère de mon fiancé qui s’occupe du déjeuner, je l’ai accompagnée la semaine dernière pour voir les menus. Nous expliquons à cette petite jeune femme qu’il nous faudra des repas casher. Ah, vous comprenez, pour des raisons d’hygiène on ne peut pas faire venir de nourriture de l’extérieur, il faut que notre cuisinier fasse tout. OK, il a une cuisine casher ? Bah non. Mais comment font les gens qui mangent casher chez vous, d’habitude ? Réponse embarrassée. Ma belle-mère : donc depuis l’affaire Dreyfus, il n’y a plus de juifs dans l’armée française ? La responsable finit par lâcher que en effet, ils ont des accords avec deux traiteurs casher, mais c’est pas très classe d’apporter des plateaux dans du cellophane. Euh oui, mais c’est encore moins classe si certains invités ne peuvent pas manger, non ?

Le coiffeur : ou plutôt les coiffeurs. Ils travaillent dans le même espace, mais indépendamment, chacun a son propre tarif, ses propres clients, ses spécialités. Cela ne les empêche pas d’adopter un look assorti, pantalon noir à pinces et chemise blanche. Ils sont unanimes pour dire que j’ai de très beaux cheveux. C’est bon pour l’ego, ça !

La coloriste me raconte des histoires de mariées, celle d’une de ses clientes qui est tombée sur une couturière folle, celle d’une future mariée obèse qui tenait absolument à sa robe avec des fleurs en relief au niveau du ventre. Ils connaissent tous bien mon fiancé et sa mère. L’un des coiffeurs est spécialisé en coiffures de mariées, il note mon rendez-vous au nom de ma future belle-mère, « comme ça je me souviens ». Il a une crinière blanche très soignée, des gestes fins et précis. Pour vous, me dit-il, je vois très bien une coiffure comme ça… attendez, je vais faire une simulation, vous voyez, un noeud ici, comme une queue de cheval, qui en rejoint une autre comme ça, voilà, en crêpant un peu plus les cheveux… Ma robe comporte du ruban blanc, on pourrait en utiliser pour la coiffure, mais le ruban des manches ne suffit pas, il en faut un morceau plus long. Nous prenons rendez-vous mardi et il m’indique une mercerie dans le quartier.

Le type de la mercerie, donc : Il officie dans une toute petite boutique, ancienne, avec des étagères en bois encombrées et des tiroirs partout. Petite quarantaine, emmitouflé dans un gros blouson assez incongru dans ce quartier chic, surtout à l’intérieur. En dehors de la mercerie, la boutique vend aussi de la passementerie. Je m’extasie sur le choix impressionnant de galons, il m’explique que c’était la grande mode ces dernières années, pour les tentures murales, qu’il en vendait par vingt mètres d’un coup, maintenant c’est un peu passé. La passementerie me fait irrésistiblement penser à mon père, tapissier, cette mercerie est plus fournie que lui en la matière ! Votre père est tapissier où, me demande-t-il ? Eh non, pas vraiment dans le quartier, en Alsace !

Le salon du divorce ?

8 novembre 2009

Les 7 et 8 novembre se tient (se tenait) à Paris le premier salon « du divorce, de la séparation et du veuvage », intitulé « Nouveau départ ». Je ne suis pas la première à en parler, mais je voulais revenir sur ce concept que je trouve assez étrange. D’ailleurs, j’ai d’abord cru à une blague.

Sur le site de Nouveau départ, on apprend que le concept vient d’Autriche. Apparemment, les 155 000 divorces qui ont lieu tous les ans en France (sans compter les séparations et les décès) ouvrent un marché que les organisateurs de ce salon et leurs exposants n’entendent pas dédaigner.

Après tout, c’est vrai, les personnes qui divorcent ont besoin de faire appel à un avocat, or les avocats n’ont pas le droit de faire de la publicité directement, donc aller sur un salon, de leur point de vue, pourquoi pas. Je veux bien comprendre aussi la présence des divers psy-quelquechose sur le salon. Mais franchement, cette approche relève d’un ambulance-chasing que je trouve, personnellement, du plus mauvais goût. Et puis on part ensuite dans le n’importe quoi, avec la présence sur le salon de détectives privés (quelle classe), d’agents immobiliers et de décorateurs (séparation = déménagement, mais enfin c’est un peu tiré par les cheveux). Sans oublier les conseillers en image de soi, et évidemment les agences matrimoniales et sites de rencontre.

Les organisateurs ont deux postulats, que je trouve discutables tous les deux :

– l’amalgame entre les séparations et le deuil : j’ai peine à croire que les veufs/veuves et les personnes qui viennent de se séparer de leur conjoint aient réellement les mêmes besoins, et très honnêtement je trouve le rapprochement entre les deux glauque. Une personne qui vient de perdre son conjoint serait invitée à se rendre dans un salon où, entre autres, elle passera devant des stands de sites de rencontre, de « conseillers en chirurgie esthétique » et de lingerie ?

– pire encore, l’idéologie sous-jacente qui semble être « réussissez votre rupture ». Merde, une rupture, ça ne se « réussit » pas, c’est un événement profondément traumatisant (souvent aussi traumatisant pour celui qui quitte que pour celui qui est quitté), ça remet en question des choix et des convictions, et ce salon entend répondre à cela par des propositions de services de détectives privés, banquiers, déménageurs et agences de voyage ? C’est sûr, si votre mariage est un désastre, la réponse réside dans la consommation ! Comment n’y avais-je pas pensé avant ? (et s’appliquant aux veufs, ça en devient carrément insultant). Très sincèrement, ces approches me semblent faire plus de mal que de bien. J’imagine que l’objectif est de permettre aux divorcés de se changer les idées et de régler leurs problèmes concrets les plus urgents. Mais si ces hochets divers arrivent à accaparer l’attention de la personne séparée et lui faire croire qu’elle se sent mieux, ce sont ni plus ni moins que des divertissements pascaliens qui risquent de l’empêcher de faire l’introspection dont elle aurait probablement besoin dans ces moments. D’ailleurs, comme par hasard, le spirituel est complètement évacué du salon — ah non, sauf une conf animée par des religieux — commodément remplacé par des psy-quelquechose (je n’ai rien contre les psys. C’est juste que je ne suis pas sûre qu’ils soient suffisants dans ce contexte).

Mais après tout, « réussissez votre rupture », qu’est-ce que ça a de choquant une fois qu’on a admis les « réussissez votre mariage » et surtout le charmant « réussissez votre enfant » ? L’industrie du mariage, l’industrie de la puériculture et des cours de soutien, pourquoi pas l’industrie du divorce ? Oui, vraiment, je peux comprendre l’intérêt pour tous ces professionnels de se regrouper sur un salon. Ce que je ne saisis mais alors pas du tout, c’est l’intérêt pour les visiteurs de s’y rendre. « Tiens, chéri, si on allait au salon du divorce ce week-end ? »

Le salon découpe la séparation en « avant », « pendant » et « après ». Si j’ai bien compris cette page, les principaux enjeux sont respectivement : décider de divorcer ou pas, défendre ses intérêts pendant le divorce (grâce aux avocats et aux détectives privés), et se reconstruire et passer à autre chose.

Quelques réflexions : prétendre aider les couples à choisir de divorcer ou pas, n’est-ce pas un peu les inciter à divorcer ? Pour des couples qui se posent la question de se séparer, aller à ce salon équivaut un peu à évoquer la question à voix haute pour la première fois… Les détectives privés ? Une amie me racontait qu’un détective privé de sa connaissance lui avait dit : « Quand une femme vient me voir pour savoir si son mari la trompe, je peux dire deux choses avec certitude : premièrement, qu’il la trompe effectivement ; deuxièmement, que si elle vient me voir, le mariage est déjà fini ». D’un côté l’adultère, de l’autre le manque de confiance, chacun des deux est une raison de divorcer à part entière.

Alors, qui peut bien être le public visé ? Des couples qui vont divorcer et ont trouvé une sympathique idée de sortie en famille ? Des maris ou femmes venus chercher un avocat ? Ou tout ceci n’est-il que le faux nez d’un énième salon pour les femmes seules ?

Qu’en pensez-vous ? Je suis particulièrement curieuse de connaître l’opinion de mes lecteurs séparés ou veufs…

 

PS : Je viens de lire, sur le même sujet, cet article de L’Antidote dans Marianne 2 — oui oui, j’ai de saines lectures…

Doudou !

25 octobre 2009

En ce moment, je passe tout le temps devant des vitrines Baby Dior. C’est marrant, Baby Dior, c’est typiquement le genre de produits que je trouvais complètement débiles avant, et depuis quelque temps je fantasme sur les toutes petites robes, les tous petits pulls, les tous petits chaussons, et surtout sur le gros nounours blanc qui squatte toutes les vitrines Baby Dior.

Lui, là

Lui, là

Vous ne trouvez pas qu’il est mignon ? Il a l’air tout doux en plus. Je dis il a l’air, parce que dans les boutiques de luxe, chaque fois que j’essaie de faire un câlin à une peluche mignonne, une vendeuse furibarde vient trottiner vers moi et me demander si elle peut me renseigner, madââââme.

Bref. J’adore les peluches, et ça énerve mon fiancé. Et pourtant, sa mère vient de m’en offrir une énorme et toute douce pour le mariage.

Non, pas le gros nounours sus-cité (snif).

Une étole en fourrure blanche. Vison blanc bordé de renard, pour les connaisseuses. Louée, hein, soyons clairs.

La mère de mon fiancé connaît en effet un fourreur qui loue ce genre de chose à la journée. L’idée était de trouver quelque chose qui me tienne chaud par-dessus ma robe bustier. Si en plus je peux ressembler à la princesse Anastasia, c’est tout bénef. J’avais apporté un échantillon du tissu de ma robe, et la première étole que j’ai essayée était la bonne.

ça y est, mon doudou est réservé pour la date du mariage. Pas très cher en plus, je vous le recommande pour un mariage d’hiver. D’autant plus que c’est le genre de pièce que je n’ai aucune chance de porter après le mariage, donc mieux vaut louer…

A force de parler de choses et d’autres, j’ai à peine abordé l’organisation de notre propre mariage ces derniers temps.

Mine de rien nous avons plutôt bien avancé : nous avons contacté un notaire pour le contrat de mariage, décidé de la date et du lieu du mariage civil (en Alsace chez mes parents, finalement), rédigé nos lettres d’intention pour l’église. Nous avons aussi arrêté l’heure de la cérémonie religieuse, les textes, et validé le lieu de la réception (qui nous a confirmé que nous pourrions avoir sans problème des plats casher). Je pense que nous allons aussi nous passer de plusieurs choses : en premier lieu un maquilleur (en fait, j’ai constaté que je pouvais faire ça toute seule), mais aussi un DJ (un iPod, c’est bien aussi).

Il nous reste à décider des chants pendant la messe, à rencontrer l’organiste, à recontacter la chorale de jeunes qui nous a donné son accord de principe. Et puis à décider du menu avec notre restaurateur, à décider de la décoration, à trouver quelque chose que je puisse porter sur ma robe pour ne pas geler. Et à faire une playlist pour la réception, et à briefer notre gentil photographe.

Je suis assez contente de nous. Je pense que ça va être un beau et sympathique moment, tout le monde autour de nous est enthousiaste.

Deux informations qui peuvent vous intéresser :

– Peut-être avez-vous remarqué que ma blogoliste s’est récemment enrichie d’un nouveau lien ? J’ai découvert le blog de Mia, Pérégrinations autour du mariage, et je me suis demandée si je n’avais pas une soeur  cachée, tellement nous avons de choses en commun… Mia se marie l’année prochaine, et son fiancé et elle tentent également d’organiser un mariage qui leur ressemble. Donc si vous aimez mon blog — il y a des chances que ce soit le cas, puisque vous êtes là — allez voir le sien !

– Je ne m’en souvenais pas, mais apparemment lorsque nous sommes allés au salon du mariage au Carrousel du Louvre l’an dernier, j’avais donné mon adresse mail. Cette année le salon « Mariage au Carrousel » a lieu du 16 au 18 octobre, au Carrousel du Louvre à Paris donc, comme son nom l’indique. L’entrée coûte 12€ par personne si vous l’achetez sur place, et la billetterie en ligne la propose à 9€, ou en forfait pour deux à 16€. Comme je suis une ancienne visiteuse, on me propose une entrée offerte pour une entrée achetée, soit un coût de 12€ pour deux, valable pour mes proches. Ceux et celles qui sont intéressés, laissez-moi votre e-mail, je vous ferai suivre l’offre.

Lâchers d’animaux

31 août 2009

Jeter du riz à un mariage ? Il paraît que c’est has been. Et de toute façon tante Josette risque de se casser la figure dessus, et un mariage qui finit aux Urgences, ça n’est pas franchement agréable. Soit dit en passant, si vous pouvez éviter tout particulièrement les Urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, ce serait mieux. Entre la peinture écaillée, les lits dans les couloirs, les six personnes par pièce et la cohue, je ne savais pas qu’un tel tiers-monde existait encore à Paris.

Bref. On nous signale donc comme alternative au lancer de riz le lâcher d’animaux à la sortie de l’église. Plus précisément, des papillons ou des colombes. Je me suis penchée sur le sujet… Bon, je suis un petit peu écolo. Ecolo soft. Le bio, le recyclage, la compensation carbone, ça ne me passionne pas plus que ça. En revanche j’aime bien les plantes, les oiseaux, les écureuils.

Donc le lâcher de colombes pour commencer. Il s’agit en fait de pigeons voyageurs, porteurs d’un carton d’identité et entraînés à revenir à leur pigeonnier. Des pros de l’événementiel. Ce qui est bien pratique, parce que s’il fallait acheter des colombes pour les lâcher dans la nature et ne plus les revoir, ça risquerait de revenir cher. Tant mieux aussi pour les colombes elles-mêmes, puisqu’elles peuvent facilement revenir à leur environnement habituel après l’expérience sûrement stressante d’être tripotées par des inconnus.

Mais une colombe, comment dire, ça risque de laisser un souvenir odorant sur une robe de mariée… C’est là que j’ai découvert que, pour éviter ça, certains prestataires s’assurent que lesdites colombes soient à jeun de trois jours. Ce ne sont peut-être que des pigeons, mais l’idée de les affamer juste pour le caprice des mariés, ça me dérange. Pauvres bêtes…

Quant au lâcher de papillons… Les prestataires doivent, là, gérer précisément le timing de la nymphose : les chrysalides de papillons sont mis dans des boîtes, et au moment du lâcher elles sont censées s’être transformées en papillons, qui s’envoleront élégamment. Evidemment, c’est un peu risqué, le développement de la chrysalide n’est pas minutable : trop tôt, ça donne un lâcher de chrysalides, qui manque un peu d’intérêt… trop tard, ça donne des papillons qui ont été coincés plusieurs jours dans une boîte et risquent d’être morts de faim. Et une fois qu’on les a lâchés ? Je préfère ne pas m’avancer sur la durée de vie d’un papillon en ville…

Alors que faire ? Le lâcher de lions, ça me paraît une bonne option. A associer éventuellement avec une réception sous un chapiteau de cirque…

Qu’ont en commun toutes les robes de mariée ci-dessous ?

Robe Clément, Delphine Manivet. Photo 1001 Mariages

Robe Clément, Delphine Manivet.

Robe Sacha, Delphine Manivet aussi. Photo 1001 Mariages

Robe Sacha, Delphine Manivet aussi.

Robe Marie Laporte

Robe Marie Laporte

Robe Mae, Max Chaoul

Robe Mae, Max Chaoul

Oui, ce sont des robes de créateur. Mais ce n’est pas seulement ça…

Elles sont parfaitement impossibles à porter pour quiconque a des seins.

Alors évidemment, comme c’est mon cas, j’ai passé mon chemin. Je tiens à porter un soutien-gorge pour mon mariage quand même.

Mais ce n’est pas si facile… Même les modèles moins extrêmes sont souvent sans manches ni bretelles, et munis à la place, soit d’un corset — euh, je vais m’abstenir, sinon l’effet Mme de Pompadour avec des seins comme des obus est garanti — soit d’un bustier.

La robe que j’ai choisie est géniale sur beaucoup de points sauf celui-ci…

Comme dans la vraie vie je ne porte pas de bustier, et que de toute façon je voulais acheter de nouveaux sous-vêtements pour le mariage, me voilà dans une boutique de lingerie…

J’ai fréquenté pendant des années la boutique d’une amie de ma mère, super sympa, qui en plus me faisait des réductions très intéressantes. Mais maintenant que je vis à 500km, ce n’est pas très pratique…

Ma future belle-mère m’emmène donc dans une boutique près de chez elle. Je me retrouve à expliquer à la vendeuse que voilà, je cherche un soutien-gorge à bretelles amovibles, plutôt blanc, que c’est pour porter sous une robe de mariée bustier. Je lui donne ma taille mais j’ai comme l’impression qu’elle ne me croit pas.

– Vous avez de la chance que j’aie encore quelque chose dans votre taille. Tenez, c’est le seul que j’ai.

J’aurais préféré avoir un petit peu de choix, mais bon, d’accord, voyons ça. La bête est plutôt jolie. Je l’enfile, me regarde dans le miroir. Moui, c’est pas ça. Qui dit soutien-gorge sans bretelles dit coques, et je n’aime pas vraiment ça. Et en fait, il est un peu trop petit à droite.

La vendeuse vient voir, et là il se passe une chose très étrange : en général, les vendeuses de lingerie sont blasées, c’est leur métier et elles ont un oeil professionnel, neutre. Mais elle, elle me scrute, j’ai l’impression d’être une gamine de douze ans. Et d’avoir des seins énormes, comme quand on avait piscine au collège et que j’étais la grosse vache alors que toutes les autres avaient de petits seins mignons.

– Vous avez un sein beaucoup plus gros que l’autre. C’est le cas chez la plupart des femmes, mais chez vous c’est particulièrement marqué… Vous avez fait quelque chose ?

– Non !

– Je me permets de poser la question parce que chez vous la différence est vraiment très grande, quand on se fait opérer d’un cancer du sein parfois le chirurgien doit enlever un peu…

Elle ne pouvait pas le savoir, mais je venais de passer deux semaines chez mes parents auprès de ma tante mourante. Elle avait été enterrée la veille. Un cancer du sein. J’ai cru que j’allais me mettre à pleurer.

– En tout cas c’est pas du tout le 85D qu’il vous faut. Je vais voir si j’ai la taille au-dessus. 85E ? Est-ce que j’ai seulement ça ? Vous êtes sûre que 90 ce serait pas mieux ? Mais là vous portez quoi comme soutien-gorge ?

C’est un truc joli, noir et rouge avec des fleurs brodées, grande marque française, excellente qualité. Elle s’en empare, l’examine.

– Mais ça ne va pas du tout ça ! 85C, ça doit déborder de partout !

Non connasse. J’ai grossi récemment, et ça s’est surtout mis dans les seins. Ce soutien-gorge est un de ceux d’avant que je peux encore mettre. Elle a voulu vérifier, je l’ai mis. Il me va parfaitement, mais elle ne s’est pas excusée pour autant. Je lui ai expliqué que j’avais grossi surtout des seins, mais j’avais beau aligner les justifications, je continuais à me sentir comme une gamine prise en faute à oser porter des soutien-gorges jolis… Gros seins = sous-vêtements de mamie obligatoires ?

Evidemment ça ne s’est pas arrêté là. Elle avait effectivement un 85E, qui m’allait (E ! argh !).

– Si c’est pour un mariage il vous faut aussi le bas. Vous faites quoi comme taille ?

– 38.

– Vous êtes sûre, pas plutôt 40 ?

OUI je suis sûre !

Pendant tout ce temps ma belle-mère s’était tenue en retrait. Et voilà que la vendeuse, convaincue sans doute que je suis trop idiote pour comprendre que j’achète mes soutien-gorges n’importe comment (en plus d’être un monstre de dissymétrie), commence à lui expliquer, à elle, que vraiment il y a une très grande disproportion entre mes seins, qu’il faut se fonder sur le plus gros sein pour choisir son soutien-gorge, que je ne dois pas acheter de modèles pas chers parce qu’ils sont de mauvaise qualité… Crétine, je n’achète que des grandes marques, d’ailleurs tu l’as bien vu !

– Et donc ils vont se marier ? Il fait quoi votre fils dans la vie ? demande-t-elle à ma belle-mère.

– Il est étudiant à [école connue].

Moi aussi accessoirement, mais la vendeuse ne m’a rien demandé. Et d’enchaîner :

– Ah c’est bien ! Le fils de mon compagnon l’a fait aussi, il était président du BDE, il ne foutait rien mais maintenant il a un bon job à Hong Kong.

Le pire ? J’ai acheté les sous-vêtements en question.

C’est ma meilleure amie qui m’a consolée. Elle connaît bien le problème. Elle tombe toujours sur des vendeuses qui ne peuvent pas comprendre que, quand elle demande un 85F, le 90E ne lui ira pas (oui, ce truc-là, ça ne marche pas à tous les coups). Son entourage lui a conseillé des dizaines de fois de se faire opérer. D’ailleurs, j’adore l’argument du « dans ton cas je suis sûre que ce sera remboursé par la sécu », histoire de bien souligner qu’on est un monstre.

Maintenant, reste à essayer le fameux soutien-gorge avec la robe. J’espère qu’il ira… sinon, sans hésiter, je prends un week-end pour aller chez la copine de ma mère !

Photos : 1001 Mariages

Mariage so chic

20 mai 2009

Vous en avez marre de me subir ici ? Eh bien vous pourrez changer, et aller me lire là-bas !

Isabelle Abellan, la fondatrice et directrice de la publication du magazine en ligne Mariage so chic, m’a contactée il y a quelque temps pour me proposer que nous collaborions. Je suis donc fière de vous annoncer la publication aujourd’hui même de mon article, intitulé « Cortège de mariage : mode d’emploi » sur Mariage so chic. A priori il y en aura d’autres, mais je ne garantis rien en termes de deadline 😉

Cortège de mariage (c) Cyrillus

Cortège de mariage (c) Cyrillus

Je ne suis pas rémunérée pour le faire, l’idée est de proposer aux lecteurs d’Isabelle un point de vue d’insider sur le mariage, par une future mariée, et pour moi de toucher un lectorat différent de celui du blog.

Je n’ai pas changé d’avis sur les sites consacrés au mariage : comme je le disais ici même il y a quelques mois, la plupart d’entre eux sont de qualité vraiment médiocre, avec simplifications abusives, cucuterie et fautes d’orthographe. Et aussi des erreurs factuelles parfois grosses comme une maison. Par exemple : contrairement à ce qu’on peut lire sur certains sites, l’âge minimal pour se marier est de 18 ans en France, pour les hommes comme pour les femmes. Et ce depuis la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs, qui a entre autres choses aboli la possibilité pour les femmes de se marier dès 15 ans. Les rédacteurs du texte entendaient lutter contre les mariages forcés de mineures. La loi dispose également que les auteurs de violences conjugales doivent être éloignés du domicile du couple, et crée des circonstances aggravantes pour les époux, concubins, pacsés présents et passé en cas de meurtre. C’est très intéressant, je vous invite à en lire le texte complet.

Bref. Donc je n’aime pas être prise pour une conne par des gens qui font mal leur travail et entendent faire quand même des profits grâce à la pub surabondante sur leurs site.

C’est là qu’Isabelle entre en scène. Elle m’a écrit pour commenter un article, et j’ai découvert son magazine en ligne, qui non seulement est loin d’être bête, mais qui en plus propose des tas de bonnes idées et adresses innovantes pour organiser son mariage, des bons plans qu’on ne voit pas ailleurs. Par exemple, récemment, comment organiser sa réception de mariage dans un cirque — une idée fabuleuse, qu’est-ce que ça doit être sympa !

La cible : les futures mariées modernes, exigeantes et en quête d’idées nouvelles. ça vous parle ? Allez voir ! Vous pourrez créer votre compte sur le site et participer aux essais de produits de beauté, partager vos préparatifs, créer votre agenda et votre budget. Ou alors juste lire les articles.

Digression : j’aimerais bien faire des titres d’articles qui soient sur ce même modèle « comment […] quand on est con et pleurnichard », un peu comme les « Celui qui » de Friends. Mais je n’ai pas assez d’imagination. Snif.

Autre digression : on dit « saison des mariages » comme on dit « saison des Assemblées Générales du CAC 40 », et maintenant que j’y réfléchis le rapprochement se justifie, les deux se ressemblent quand même beaucoup ! Les deux se passent à la même époque de l’année, les invités y subissent des discours lénifiants pendant plusieurs heures, à l’issue desquels ils se jettent sur le buffet pour se soûler et se goinfrer à l’œil, voire dragouiller, et on leur remet un petit cadeau (dragées, rapport annuel) à la fin. Au final le plus heureux, c’est le spécialiste d’événementiel qui a organisé la soirée et présente sa facture dodue.

Warren Buffett à lAG de Berkshire Hathaway (c) TEDizen

Warren Buffett à l'AG de Berkshire Hathaway (c) TEDizen

Ah si, il y a une différence en fait : dans les mariages, les actionnaires ne votent pas pour les membres du Conseil d’Administration. Remarquez, ça pourrait être drôle, mon fiancé m’a parlé d’un truc sur MySpace où les internautes pouvaient voter pour leur couple préféré parmi une dizaine, à la clef pour les gagnants un parfait mariage kitsch meringueux.

Bref. J’ai pris un verre avec mon fiancé et un ami hier, qui nous a raconté être allé récemment à une AG – où il a croisé un autre ami, les deux y étaient pour leur travail, le monde est petit. Des milliers d’hôtes et d’hôtesses, encore davantage d’actionnaires individuels, et apparemment le comportement de ces vieux croûtons messieurs dragueurs séniles n’a pas changé depuis ma dernière expérience de la chose. Pour un boulot moi aussi, je n’ai déjà pas de quoi payer mon propre mariage, alors acheter des actions…

Bon, en guise d’introduction c’est raté, en vingt lignes je ne suis toujours pas arrivée au sujet que je voulais aborder, à savoir les invités aux mariages.

Statistiquement, on est plus souvent dans la position de l’invité que dans celle du marié ou de la mariée – heureusement ou malheureusement, à vous de voir. Mais d’après ce que j’en sais, invité c’est quand même beaucoup plus tranquille, vous pouvez vous cacher dans un coin pour dévorer à loisir les victuailles que vous avez grappillées au buffet, vous pouvez draguer qui vous voulez, et même partir avant la sacro-sainte pièce montée.

En contrepartie, l’invité a quand même un certain nombre d’obligations – non, pas des obligations convertibles, des devoirs à accomplir. Etre invité c’est un droit, c’est aussi un devoir, comme le dit (presque) l’inscription sur la carte électorale. Et justement, le week-end des Européennes, mon fiancé et moi sommes invités au mariage de mon cousin. En fait, nous avons peu d’amis qui se marient (nous sommes à peu près les premiers), donc c’est un événement assez rare pour nous. Bon, c’est pas bien compliqué non plus d’être invité à un mariage, d’autant plus que sur ce coup-là c’est mon père qui conduira les mariés puisqu’il est l’heureux propriétaire d’une voiture ancienne, donc ça nous offrait le carton d’invitation de toute manière !

Ça doit figurer dans les manuels de la baronne Staffe, chère à la mère de mon fiancé, le cadeau de l’invité est censé représenter une valeur équivalente à celle de son couvert au repas de mariage. Evidemment, chacun donne selon ses moyens, suivant qu’il ait ou pas des stock options… De leur côté, les mariés dressent souvent une liste de mariage, de voyage, ou préfèrent recevoir de l’argent, ou encore demandent aux invités de faire des dons à une association. Des mariés bien élevés ne le mentionnent pas sur leur carton d’invitation, il faut leur demander l’option qu’ils auront retenue. S’il y a une liste, ce n’est pas juste pour faire joli, c’est pour éviter des cadeaux bien intentionnés mais qui tombent à plat, donc suivez la liste, même si elle est tarte. Qui sait, ils veulent peut-être vraiment cette soupière à fleu-fleurs, qui êtes-vous pour leur dénier ce droit fondamental ?

Les autres obligations des invités ne vont pas bien plus loin que ce que prévoient de toute manière la décence et les bonnes mœurs : porter une tenue décente (l’occasion annuelle de sortir la cravate de sa naphtaline), éviter de rouler une pelle à la mariée, ne pas faire sonner son portable à la messe, éviter de la ramener avec les statistiques du divorce… Et puis surtout, ne pas oublier : la mariée est belle. La mariée est toujours belle, elle est belle par destination puisque c’est le jour de son mariage, donc on la complimente, plein de fois. Oui oui, même maquillée comme un camion volé avec ces fleurs en tissu bizarres dans les cheveux…

L’expression « lune de miel » viendrait en fait d’une coutume babylonienne selon laquelle, pendant le premier mois du mariage, le père de la mariée devrait assurer que la bière coule à flots. Or, la variété de bière en question (le mead) était faite à base de miel, d’où « mois de miel » ou « lune de miel » pour désigner ce premier mois.

Disney - Pooh Reaching For Honey - by Joe Penniston

Disney - Pooh Reaching For Honey - by Joe Penniston

« Lune de miel » est devenu synonyme de « voyage de noces » puisque c’est à ça que les jeunes mariés occupent – ou sont censés occuper – leur premier mois d’union. La littérature et la publicité se liguent pour affirmer que c’est le moment dans la relation de couple à ne rater sous aucun prétexte (sous-entendu : ce sera pire après, profitez-en avant qu’elle ne devienne une mégère ?)

J’ai sous les yeux au moment d’écrire ça un des magazines sur le mariage que j’avais achetés à l’automne, qui fait un dossier « spécial Caraïbes » et propose, sans rire, de passer sa lune à miel à Saint-Barth. Euh, les gens, vous êtes gentils mais on n’a pas gagné au loto… Au passage, le dossier est tellement publi-rédactionnel qu’aucun prix, pas même une estimation, n’est mentionné nulle part – on apprend juste qu’on peut bénéficier de 25 à 50% de réduction sur les vols Air France.

Mais bon, on s’en fiche au fond, c’est nul Saint-Barth, qui voudrait aller s’enterrer là-bas un mois entier ? 😉 Que dit le deuxième magazine ? C’est déjà un peu mieux : toujours publi-rédactionnel et sans grande indication de budget, mais au moins ça parle aussi d’autre chose que de plage : Oman, l’Inde, l’Egypte. La page consacrée à l’Inde est assez attirante et se concentre sur l’Inde du Nord, le Taj Mahal, Jaipur, ça m’attirerait assez (sauf que, en fait, nous avons déjà une autre idée de destination).

Mais bien d’autres destinations sont possibles. Après tout, c’est un voyage, les mariés sont libres d’aller où ça leur chante, même si la destination n’est pas dans le Top 10 du kitsch romantique. Par exemple :

–         une destination urbaine, avec musées, balades, visites à des amis sur place. New York, par exemple : billet d’avion dans les 500€ aller-retour par personne en réservant à l’avance, réductions possibles pour les jeunes mariés, la vie est plutôt moins chère qu’en France mais les hôtels sont vraiment très chers (pas grand-chose à moins de 100 dollars la nuit, pour de toutes petites chambres). Plus sympa et pas forcément plus cher si vous restez longtemps, pensez à l’échange d’appartement !

–         la maison familiale à la campagne (de préférence sans la smala de cousins…) : là, ça peut être gratuit, ce qui vous permet de caser toutes les activités que vous voudrez.

–         le tour du monde, le vrai, je connais des gens qui sont partis un an à travers l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Afrique comme ça. Le plus difficile étant de se réacclimater au métro-boulot-dodo ensuite.

–         les antipodes : c’est le moment où jamais de rentabiliser les 24 de vol pour l’Australie en y restant un mois entier.

–         sans oublier les options humanitaires et développement durable. Une partie du prix du voyage sert à financer des projets de développement, et parfois les voyageurs participent directement (physiquement) à un projet de développement.

–         ou alors, parce qu’on n’a pas forcément tant de vacances que ça, on se paie juste une ou plusieurs nuits dans un grand hôtel près de chez soi – bah oui, c’est vrai ça, je n’aurai jamais l’occasion de tester les palaces parisiens sinon ! Il existe des formules toutes faites avec champagne et suite, dans les 800€ par nuit dans les palaces parisiens.

Et pour la facture ? C’est bien à ça que sert la liste de mariage ! Ou vous préférez les casseroles et les petites cuillères ?

J’en avais parlé dans un précédent article, j’ai eu un coup de coeur spontané pour les robes Pronovias — dans les magazines de mariage, les robes qui me plaisaient étaient des Pronovias la plupart du temps. Ma future belle-mère m’informe que la nouvelle « pré-collection » 2010 est sortie (si quelqu’un a compris quelque chose à la périodicité des collections de robes de mariée, prévenez-moi).

Je vais donc sur le site — en Flash, mais pour une fois c’est bien exploité — et voilà que… non… ils me lisent ou quoi ? Dans la collection Manuel Mota, pas moins de 3 robes sur 18 sont à manches longues ! Allez voir, ce sont les modèles « Chiara », « Opera », et ma préférée, « Cher » :

Robe Cher

Robe Cher

Image piquée sur fashionbride.wordpress.com , désolée, pas pu faire autrement, à cause de ce satané Flash. Qu’est-ce que vous en pensez ? Moi j’adore, resterait à savoir si elle est aussi belle sur moi que sur le mannequin… 😉

Dans un autre style, j’ai aussi vu la très jolie robe « Joseph » chez Delphine Manivet :

Robe Joseph

Robe Joseph

Image piquée sur elle.fr cette fois-ci, cliquez sur la photo pour retrouver l’article. Je persiste à penser que ce style ne me va pas (pas assez structuré), mais franchement elle est très mignonne, je serais curieuse de voir ce que ça donne sur une grande mince de la vraie vie !

Vous avez vu d’autres jolies choses (à manches longues ou pas, ne soyons pas sectaires) dans les nouvelles collections de robes de mariée ?