Digression : j’aimerais bien faire des titres d’articles qui soient sur ce même modèle « comment […] quand on est con et pleurnichard », un peu comme les « Celui qui » de Friends. Mais je n’ai pas assez d’imagination. Snif.

Autre digression : on dit « saison des mariages » comme on dit « saison des Assemblées Générales du CAC 40 », et maintenant que j’y réfléchis le rapprochement se justifie, les deux se ressemblent quand même beaucoup ! Les deux se passent à la même époque de l’année, les invités y subissent des discours lénifiants pendant plusieurs heures, à l’issue desquels ils se jettent sur le buffet pour se soûler et se goinfrer à l’œil, voire dragouiller, et on leur remet un petit cadeau (dragées, rapport annuel) à la fin. Au final le plus heureux, c’est le spécialiste d’événementiel qui a organisé la soirée et présente sa facture dodue.

Warren Buffett à lAG de Berkshire Hathaway (c) TEDizen

Warren Buffett à l'AG de Berkshire Hathaway (c) TEDizen

Ah si, il y a une différence en fait : dans les mariages, les actionnaires ne votent pas pour les membres du Conseil d’Administration. Remarquez, ça pourrait être drôle, mon fiancé m’a parlé d’un truc sur MySpace où les internautes pouvaient voter pour leur couple préféré parmi une dizaine, à la clef pour les gagnants un parfait mariage kitsch meringueux.

Bref. J’ai pris un verre avec mon fiancé et un ami hier, qui nous a raconté être allé récemment à une AG – où il a croisé un autre ami, les deux y étaient pour leur travail, le monde est petit. Des milliers d’hôtes et d’hôtesses, encore davantage d’actionnaires individuels, et apparemment le comportement de ces vieux croûtons messieurs dragueurs séniles n’a pas changé depuis ma dernière expérience de la chose. Pour un boulot moi aussi, je n’ai déjà pas de quoi payer mon propre mariage, alors acheter des actions…

Bon, en guise d’introduction c’est raté, en vingt lignes je ne suis toujours pas arrivée au sujet que je voulais aborder, à savoir les invités aux mariages.

Statistiquement, on est plus souvent dans la position de l’invité que dans celle du marié ou de la mariée – heureusement ou malheureusement, à vous de voir. Mais d’après ce que j’en sais, invité c’est quand même beaucoup plus tranquille, vous pouvez vous cacher dans un coin pour dévorer à loisir les victuailles que vous avez grappillées au buffet, vous pouvez draguer qui vous voulez, et même partir avant la sacro-sainte pièce montée.

En contrepartie, l’invité a quand même un certain nombre d’obligations – non, pas des obligations convertibles, des devoirs à accomplir. Etre invité c’est un droit, c’est aussi un devoir, comme le dit (presque) l’inscription sur la carte électorale. Et justement, le week-end des Européennes, mon fiancé et moi sommes invités au mariage de mon cousin. En fait, nous avons peu d’amis qui se marient (nous sommes à peu près les premiers), donc c’est un événement assez rare pour nous. Bon, c’est pas bien compliqué non plus d’être invité à un mariage, d’autant plus que sur ce coup-là c’est mon père qui conduira les mariés puisqu’il est l’heureux propriétaire d’une voiture ancienne, donc ça nous offrait le carton d’invitation de toute manière !

Ça doit figurer dans les manuels de la baronne Staffe, chère à la mère de mon fiancé, le cadeau de l’invité est censé représenter une valeur équivalente à celle de son couvert au repas de mariage. Evidemment, chacun donne selon ses moyens, suivant qu’il ait ou pas des stock options… De leur côté, les mariés dressent souvent une liste de mariage, de voyage, ou préfèrent recevoir de l’argent, ou encore demandent aux invités de faire des dons à une association. Des mariés bien élevés ne le mentionnent pas sur leur carton d’invitation, il faut leur demander l’option qu’ils auront retenue. S’il y a une liste, ce n’est pas juste pour faire joli, c’est pour éviter des cadeaux bien intentionnés mais qui tombent à plat, donc suivez la liste, même si elle est tarte. Qui sait, ils veulent peut-être vraiment cette soupière à fleu-fleurs, qui êtes-vous pour leur dénier ce droit fondamental ?

Les autres obligations des invités ne vont pas bien plus loin que ce que prévoient de toute manière la décence et les bonnes mœurs : porter une tenue décente (l’occasion annuelle de sortir la cravate de sa naphtaline), éviter de rouler une pelle à la mariée, ne pas faire sonner son portable à la messe, éviter de la ramener avec les statistiques du divorce… Et puis surtout, ne pas oublier : la mariée est belle. La mariée est toujours belle, elle est belle par destination puisque c’est le jour de son mariage, donc on la complimente, plein de fois. Oui oui, même maquillée comme un camion volé avec ces fleurs en tissu bizarres dans les cheveux…

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Le blog de mariage

4 mars 2009

Quand j’ai décidé d’écrire ce blog, je me disais que parler du mariage en général, et du nôtre en particulier, serait un prétexte intéressant (enfin j’espère) pour écrire de manière plus ou moins régulière, et faire enfin un blog que je poursuivrais pendant plus de quelques semaines, et peut-être même, ô gloire, avec quelques lecteurs. C’est le cas et je remercie mes gentils lecteurs, vos commentaires sont toujours une bonne surprise !

Mais depuis qu’un petit plaisantin m’a inscrit sur les listes de diffusion de plein de boîtes dans l’industrie du mariage, j’ai découvert une autre conception du blog de mariage. Les boîtes spécialisées en listes de mariage sur internet, en plus de se doter d’une partie magazine, proposent à présent à leurs adhérents de « créer leur propre blog mariage ». Je passerai sur cette manie dévastatrice pour la langue française de supprimer les articles et prépositions (« le risque pays », « le service client », etc.). Le fait est que, en voyant ça, je me suis dit « chouette, d’autres blogueurs qui parlent de la même chose que moi ! » et je suis allée en lire quelques-uns.

Déjà, en termes de navigation, c’est super chelou, les blogs sont hébergés entièrement sur le site de la boîte, ça se parcourt un peu comme un site en flash, pas très pratique. Mais surtout, les deux ou trois « blogs » que j’ai vus ressemblent à tout sauf des blogs ! Les articles ne sont pas présentés en ordre chronologique inverse, mais dans des onglets par thème, « les fleurs », « la réception », « le thème », et bien sûr « la liste ». C’est descriptif, pas très interactif, sans liens. En fait, on dirait plus des sites corporate que des blogs !

Sans oublier le focus « moi moi moi », ou plutôt « nous nous nous », uniquement centré sur les deux tourteraux et leur grand jour. C’est sûr que, en étant hébergés sur le site de la liste de mariage, je suppose que l’indexation par les moteurs de recherche doit être limitée, et que ces « blogs » se destinent à un lectorat familial et amical uniquement. Pourquoi pas après tout.

Alors je me demande, est-ce que je suis tombée sur un échantillon pas représentatif ? Est-ce que certains d’entre vous font des blogs sur le mariage ou pourraient m’en recommander ? Et est-ce qu’il y a réellement des gens que la déco florale et les plans de table fascinent ?

Moi, je continuerai à vous parler d’articles de recherche. Et puis tiens, je vais m’intéresser aussi au business model des sites de listes de mariage… A suivre !

Liste verte

29 octobre 2008

Le marché des listes de mariage doit décidément être porteur. Je l’avais évoqué, nous sommes tombés au salon du mariage sur le stand de Liste Verte, qui se présente comme une boutique en ligne de plantes d’intérieur et d’extérieur. On peut tout bêtement y acheter ses plantes, qui sont livrées dans un délai d’une semaine. Mais surtout, on peut y constituer une liste de mariage — ou de naissance, ou de crémaillère, ils ne sont pas sectaires — d’un genre un peu particulier. Au lieu des assiettes à soupe, des couverts à poisson et du linge de maison, il est bien plus funky de commander une orchidée, un sapin de Noël (pour nous qui nous marions en décembre, ça peut faire la blague), une jardinière d’aromates ou un rosier !

La liste végétale peut s’ajouter à une liste traditionnelle, et il vaut mieux déterminer un montant maximum puisque, d’après la FAQ du site, si les dons dépassent un plafond fixé par le couple, ils sont remboursés en cash, alors que ça doit se négocier s’il n’y a pas de plafond explicite. Quand on vit dans 35m² sans balcon, il vaut mieux y penser !

La première chose qui m’a frappée sur leur site est la qualité du marketing. Comme disait l’un de mes profs, le plus important dans la stratégie d’entreprise, c’est la cohérence. Liste Verte semble s’être concentré sur un nombre limité (assez grand) de produits qui plairont au bobo bio : les orchidées, c’est mode ; les bonsaïs, c’est sympa de s’en occuper ; les plantes feng shui (si, si !) ; les arbres fruitiers : qui n’a jamais rêvé de déclarer « la tarte ? oh, c’est juste des pommes du jardin ! » Mais aussi, et ça c’est très Grenelle de l’environnement, on peut acheter des « plantes dépolluantes », qui purifieront votre appartement des polluants divers qui l’encombrent. Chaque plante dispose d’une fiche, qui répertorie ses vertus. Et voilà comment repackager un bon vieux ficus en absorbeur de fumée de cigarette !

Je trouve le concept de la liste de mariage végétale assez étonnant. Cette boîte était-elle une jardinerie qui a identifié un marché particulier dans le domaine de la liste de mariage ? Si c’était le cas, je suppose qu’ils proposeraient aussi d’être le fleuriste des mariages en question, or ils ne le font pas. Le concept du nombre de références limité, très marketé et visiblement assorti d’une bonne logistique (puisqu’ils livrent en 2 à 6 jours) laisse penser que leur expertise première est la vente sur internet. En même temps, le deuxième service proposé est le paysagisme, que ce soit pour le jardin d’un particulier, ou pour l’aménagement végétal des entreprises, ce qui laisse supposer que ce sont aussi des pros des plantes.

Bon, là comme ça j’ai l’air de critiquer, mais en fait je trouve ça très bien fait ! Je suis d’ailleurs la première à craquer sur les jardinières de basilic pour parfumer les salades, et j’adore squatter le jardin de mon oncle avec ses multiples fruits à cueillir, ses fleurs, ses oiseaux et hérissons… Le seul problème, c’est que les plantes et moi, c’est un peu « je t’aime, moi non plus », je les fais toutes mourir.

Et vous savez quoi ? Ils ont prévu ça aussi : ils vendent un « kit entretien » pour les nuls dans mon genre !

Eh oui. Je trouve la pratique de la liste de mariage vraiment désuète, pour ne pas dire dépassée.

C’est sûr, comme pas mal de gens j’aime bien les cadeaux. Et après tout, un mariage ça coûte cher : nous avons reçu ce matin le devis d’une salle qui nous intéresse, pour un bon dîner il semblerait qu’il faille compter 120 à 150€ par personne. L’usage, me dit mon fiancé, consiste pour chaque convive à contribuer à la liste de mariage à la hauteur du prix de son repas — sauf impossibilité pécuniaire, évidemment. Donc, 120€ multiplié par le nombre prévu de nos invités, ça fait une jolie petite somme, finalement.

Oui, mais… la liste de mariage, souvenons-nous, ce sont des cocottes-minutes, petites cuillères, assiettes à dessert, fourchettes à poisson et autres éléments super sexy, pour lesquels on a vraiment une envie dévorante de dépenser des fortunes ! Comment ça non ? On me dit dans l’oreillette que de nos jours la majorité des couples vivent déjà ensemble au moment du mariage, et sont donc pourvus en termes de casseroles et de vaisselle… d’autant plus que l’âge du mariage atteint 29 ou 30 ans en moyenne, et si à cet âge il y a encore des gens pour vivre comme des étudiants, ce n’est pas des casseroles qu’il faut leur offrir, mais un abonnement au Journal de Mickey !

L’alternative, vantée au hasard par le site mariage des Galeries Lafayette, c’est la liste de voyage. Effectivement, c’est déjà plus sympa, se faire payer une lune de miel… Cependant, les options standard généralement proposées se limitent à faire la crêpe sur une plage dans une quelconque île… berk ! Pas du tout ma conception de vacances sympa ! On peut évidemment personnaliser beaucoup plus, mais en dernière analyse il s’agit toujours de réserver des packages, ou au mieux des modules, dans une agence de voyage, avec hôtel imposé et une dose assez homéopathique d’imprévu, d’aventure, de découvertes personnelles qui font pour moi tout le sel des vacances.

Et puis, j’ai toujours détesté faire des listes au Père Noël. Savoir à l’avance ce que je recevrai enlève la moitié du plaisir, et me donne la désagréable impression de quémander des cadeaux…