Questions récurrentes

26 octobre 2009

Ou : « Les questions connes, le retour ».

C’est la rentrée. Vous me direz, on est fin octobre, la rentrée tire sur sa fin quand même. Oui mais la rentrée étudiante c’est un peu plus tard, et mes amis sont encore dans une dynamique « rentrée » somme toute bien agréable. Donc après un mois d’août passé à Paris en attendant que le téléphone sonne, voilà que mon fiancé et moi sommes, depuis quelques semaines, invités assez souvent. Tout ça a d’ailleurs commencé en fanfare avec mon anniversaire surprise : merci chéri !

Et une chose très sympa avec la rentrée, c’est qu’on y découvre les nouveaux de la classe. Je ne sais pas vous, mais moi quand j’étais petite les nouveaux m’intriguaient beaucoup et j’allais toujours leur parler. Or, avec la rentrée les têtes se renouvellent un peu dans les soirées entre amis.

Dans mon expérience, il y a deux sujets de conversation faciles avec des gens qu’on ne connaît pas :

1. « Et alors, comment tu connais [notre hôte] ? »

2. « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? »

Je ne sais pas pourquoi les gens que je rencontre ont toujours tendance à choisir la proposition 2. Je leur réponds généralement une variante de « je cherche un job » avec un sourire poli qui invite à parler d’autre chose. Mais comme l’hôte a généralement pris soin de préciser quelles études j’avais faites, j’ai invariablement droit ensuite à « Tu es diplômée de [école connue] et tu cherches un job, mais comment ça se fait ? »

Sérieusement, les gens. Je suis bien élevée, mais tout ce que j’ai envie de répondre à cette question-là, c’est : GRRRRRR.

Alternativement, la conversation se porte sur le mariage. Quand mon fiancé et moi nous présentons à de nouvelles personnes, nous avons droit à une deuxième salve de remarques et questions (celles des amis se sont tassées, ça fait un an qu’ils savent que nous allons nous marier).

Cela donne :

– « Vous allez vous marier ? Mais ça fait combien de temps que vous vous connaissez ? QUOI ? »

– « Ah, je comprends, si vous vous mariez si jeunes c’est parce que vous êtes cathos. Pas avant le mariage, tout ça, et vous n’en pouvez plus d’attendre ! »

– « Pourquoi vous vous mariez en hiver ? C’est bizarre. »

– « Pourquoi vous vous mariez à Paris ? Tu viens d’où en fait ? L’Alsace ? Oh, mais c’est super beau l’Alsace, vous devriez vous marier là-bas ! »

Cela étant, il y a aussi des questions sympa. En particulier, les filles sont toujours très intéressées par la robe. Et les vrais amis ne sont pas en reste. On m’a raconté que l’une d’elle (oui, toi !) aurait dit :

– « Je ne sais pas encore trop ce que je porterai, mais il faut que ce soit une robe un peu ample, pour pouvoir danser le rock. » [NdlMariée : non. Ceci est un mariage, pas un rallye dans le 16e. Mais bon, venant de toi, je veux bien admettre !]

Mais la mieux, celle qui est vraiment à encadrer, c’est celle-ci, posée à la mère de mon fiancé, qui donne des cours de catéchisme,  par une collègue catéchiste :

– « Aaaaaaah votre fils se marie ! Les miens ont entre vingt-cinq et trente ans et ils ne sont toujours pas mariés… Il a rencontré sa fiancée à la paroisse ? »

Doudou !

25 octobre 2009

En ce moment, je passe tout le temps devant des vitrines Baby Dior. C’est marrant, Baby Dior, c’est typiquement le genre de produits que je trouvais complètement débiles avant, et depuis quelque temps je fantasme sur les toutes petites robes, les tous petits pulls, les tous petits chaussons, et surtout sur le gros nounours blanc qui squatte toutes les vitrines Baby Dior.

Lui, là

Lui, là

Vous ne trouvez pas qu’il est mignon ? Il a l’air tout doux en plus. Je dis il a l’air, parce que dans les boutiques de luxe, chaque fois que j’essaie de faire un câlin à une peluche mignonne, une vendeuse furibarde vient trottiner vers moi et me demander si elle peut me renseigner, madââââme.

Bref. J’adore les peluches, et ça énerve mon fiancé. Et pourtant, sa mère vient de m’en offrir une énorme et toute douce pour le mariage.

Non, pas le gros nounours sus-cité (snif).

Une étole en fourrure blanche. Vison blanc bordé de renard, pour les connaisseuses. Louée, hein, soyons clairs.

La mère de mon fiancé connaît en effet un fourreur qui loue ce genre de chose à la journée. L’idée était de trouver quelque chose qui me tienne chaud par-dessus ma robe bustier. Si en plus je peux ressembler à la princesse Anastasia, c’est tout bénef. J’avais apporté un échantillon du tissu de ma robe, et la première étole que j’ai essayée était la bonne.

ça y est, mon doudou est réservé pour la date du mariage. Pas très cher en plus, je vous le recommande pour un mariage d’hiver. D’autant plus que c’est le genre de pièce que je n’ai aucune chance de porter après le mariage, donc mieux vaut louer…

La robe de princesse

15 octobre 2009

Laquelle d’entre nous n’a pas rêvé, petite fille, d’une vraie robe de princesse, un peu comme celles de Barbie, avec une jupe qui tourne, des petits noeuds partout, des jolies chaussures… si en plus ça peut s’assortir d’une jolie coiffure et d’un bouquet à tenir et que plein de gens vous disent que vous êtes belle et vous prennent en photo, ça doit être le bonheur ! Ce qui me faisait complètement craquer personnellement, c’était les jupes qui tournaient.

Bah ça y est, je peux combler la petite fille qui est en moi : j’ai trouvé une de ces robes de rêve que j’imaginais petite. Mieux, nous en avons trouvé le patron… en taille 4 ans.

(Allez, dites-moi que vous avez vraiment cru que je parlais de ma robe de mariée !) Ma petite demoiselle d’honneur aura donc une très jolie robe, pour laquelle je suis allée hier en expédition avec ma future belle-mère au marché Saint-Pierre. Nous avons commencé par chercher des patrons, puis les divers tissus nécessaires (en l’occurrence : taffetas bleu à carreaux écossais, velours bleu, doublure et un peu de tulle), le fil, la fermeture éclair. Le petit garçon d’honneur aura droit, lui, à un gilet dans le même taffetas que la robe de sa soeur. En fait, cela le rend plus habillé que le marié, qui m’a dit qu’il ne porterait pas de gilet. 😉

Ce qui est très amusant à regarder dans ce genre de marché, ce sont les autres clientes (je n’ai vu que des femmes). Il y a là des jeunes femmes avec un style très pointu, qu’on a juste envie d’embaucher comme styliste personnelle, des femmes qui ont des difficultés à trouver leur taille en prêt-à-porter, et même quelques dames patronnesses tout droit sorties d’une paroisse versaillaise.

Prochaine étape : la confection de ladite robe ! Non, non, ce ne sera pas moi qui le ferai ! Attendez, déjà que je sais un peu cuisiner, ne me demandez quand même pas de coudre aussi ! Cela fait partie, en revanche, des (nombreux) talents de ma future belle-mère.

Quant à ma mère, et pour rester dans le sujet des vêtements, elle vient de m’annoncer qu’elle avait trouvé sa tenue pour le mariage : un tailleur vert amande. Je pense que c’est un excellent choix, qui lui ira très bien.

Vous verriez quoi comme tenue pour les enfants d’honneur et les mères des mariés, vous ? Et pour les témoins ? (je précise qu’aucun d’entre eux n’a de chances de se laisser influencer, mais dans l’intérêt de la spéculation…)

A force de parler de choses et d’autres, j’ai à peine abordé l’organisation de notre propre mariage ces derniers temps.

Mine de rien nous avons plutôt bien avancé : nous avons contacté un notaire pour le contrat de mariage, décidé de la date et du lieu du mariage civil (en Alsace chez mes parents, finalement), rédigé nos lettres d’intention pour l’église. Nous avons aussi arrêté l’heure de la cérémonie religieuse, les textes, et validé le lieu de la réception (qui nous a confirmé que nous pourrions avoir sans problème des plats casher). Je pense que nous allons aussi nous passer de plusieurs choses : en premier lieu un maquilleur (en fait, j’ai constaté que je pouvais faire ça toute seule), mais aussi un DJ (un iPod, c’est bien aussi).

Il nous reste à décider des chants pendant la messe, à rencontrer l’organiste, à recontacter la chorale de jeunes qui nous a donné son accord de principe. Et puis à décider du menu avec notre restaurateur, à décider de la décoration, à trouver quelque chose que je puisse porter sur ma robe pour ne pas geler. Et à faire une playlist pour la réception, et à briefer notre gentil photographe.

Je suis assez contente de nous. Je pense que ça va être un beau et sympathique moment, tout le monde autour de nous est enthousiaste.

Deux informations qui peuvent vous intéresser :

– Peut-être avez-vous remarqué que ma blogoliste s’est récemment enrichie d’un nouveau lien ? J’ai découvert le blog de Mia, Pérégrinations autour du mariage, et je me suis demandée si je n’avais pas une soeur  cachée, tellement nous avons de choses en commun… Mia se marie l’année prochaine, et son fiancé et elle tentent également d’organiser un mariage qui leur ressemble. Donc si vous aimez mon blog — il y a des chances que ce soit le cas, puisque vous êtes là — allez voir le sien !

– Je ne m’en souvenais pas, mais apparemment lorsque nous sommes allés au salon du mariage au Carrousel du Louvre l’an dernier, j’avais donné mon adresse mail. Cette année le salon « Mariage au Carrousel » a lieu du 16 au 18 octobre, au Carrousel du Louvre à Paris donc, comme son nom l’indique. L’entrée coûte 12€ par personne si vous l’achetez sur place, et la billetterie en ligne la propose à 9€, ou en forfait pour deux à 16€. Comme je suis une ancienne visiteuse, on me propose une entrée offerte pour une entrée achetée, soit un coût de 12€ pour deux, valable pour mes proches. Ceux et celles qui sont intéressés, laissez-moi votre e-mail, je vous ferai suivre l’offre.

Mon amie Violaine m’a offert pour mon anniversaire une rareté : l’Encyclopédie de la maîtresse de maison, par Françoise Perret et Charlotte de la Mesnière. Publiée en 1968, cette encyclopédie offre une perspective tout à fait saisissante sur la France de cette époque-là…

La couverture dudit bouquin

La couverture dudit bouquin

La préface nous apprend que le livre a pour but d’enseigner à ses lectrices « le métier de maîtresse de maison », qui n’est enseigné dans aucune école (quel dommage… 😉 ). Les auteurs explorent ensuite méthodiquement les divers aspects de ce passionnant métier, au fil de 9 chapitres : l’installation et les rangements, l’entretien et ses trucs, la cuisine et la diététique, la table et le savoir-vivre, petites et grandes réceptions, l’argent et les papiers, les vacances et les loisirs, la sécurité et la santé, et enfin « l’organisation de votre métier de femme » (sic), qui se subdivise en « votre vie de femme d’intérieur », « votre vie de mère », « votre vie d’épouse » et « votre ennemi : la fatigue » — j’aurais dit la neurasthénie, moi…

L’organisation d’un mariage est brièvement traitée au sein du chapitre concernant les réceptions. C’est assez amusant. Le chapitre commence par le trousseau, et précise combien de draps, de serviettes de toilettes, de taies d’oreiller, de nappes et autres sont nécessaires. Le tout doit être marqué aux initiales des mariés et doit donc être commandé dès l’annonce des fiançailles. C’est assez drôle comme un usage des familles modestes, où la jeune fille faisait son trousseau parce qu’elle n’avait pas de dot, a été adapté par les familles plus bourgeoises, puis a disparu, je ne sais pas vraiment quand.

Illustration en couleur : la mariée

Illustration en couleur : la mariée

La suite de la lecture me rendrait presque nostalgique de cette époque bénie : « la robe de mariée sera essayée peu de jours à l’avance à cause de sa fragilité. » Ah… et dire que les vendeuses actuelles exigent des essayages plusieurs mois avant le mariage…

Quant aux faire-parts, on considère aujourd’hui que le faire-part « traditionnel » est celui où les parents des deux mariés invitent à la fête, alors que dans la version moderne le couple invite lui-même. Mon bouquin indique que, dans les années 60, c’est la mère de la mariée qui invite version tradi, ou les mères des deux mariés version moderne.

En revanche, pour le repas, les auteurs admettent aussi bien le cocktail que le repas à table. Mais semblent opter pour un déjeuner de mariage plutôt qu’un dîner.

Et puis évidemment, toute une section est consacrée aux cadeaux de mariage, avec des listes de choses toutes plus inutiles et convenues charmantes les unes que les autres. Je commence à comprendre les tenants de la liste de mariage. Parce que vous je ne sais pas, mais moi, me faire offrir des casseroles de couleur, de la porcelaine décorée, un fer électrique, un livre de raison (c’est quoi au juste ?), un porte-parapluie, une pendule… Moui, bof.

Entretien avec un curé

26 septembre 2009

Désolée pour le bloguage léger de ces derniers jours… j’ai un peu intensifié ma recherche d’emploi, et après avoir rédigé des lettres de motivation, je n’avais plus l’énergie de bloguer, ou alors j’aurais conclu mes billets en vous priant de croire en l’assurance de ma considération distinguée — usages épistolaires d’un autre âge, d’autant plus ridicules que j’envoie ça par mail !

Bref. Mercredi nous avions rendez-vous avec le curé qui nous accompagne pour la préparation au mariage. J’avais apporté notre bouquin et son cahier d’activités rempli avec plus ou moins de soin ces dernières semaines, mais heureusement, il n’a pas vérifié nos devoirs. Comme nous le connaissons, je pense que cet entretien n’est pas franchement représentatif de ce à quoi les fiancés peuvent s’attendre typiquement en termes de préparation au mariage : nous avions apporté une bouteille de rouge, et sommes passés à table presque tout de suite. Je dois avouer que Monsieur le Curé s’en sort pas trop mal en termes de cuisine, et nous avons passé un très bon moment.

Il vient d’être affecté à sa paroisse, dans un quartier ancien, très aisé, avec son ambiance « village », son glacier, son Académicien, ses chanteurs et artistes, ses vieilles familles, et il avait pas mal d’anecdotes sur ses paroissiens !

Et puis nous avons parlé du mariage — quand même, c’est pour ça que nous étions venus à la base. Notre curé fait partie des nombreuses personnes qui sont ravies que nous ayons choisi de nous marier en décembre à Paris, c’est tellement plus simple. Nous avons parlé des textes et des chants que nous avons choisi, de l’heure de la cérémonie, des lettres d’intention que nous écrirons.

Les lettres d’intention (j’ai failli écrire de motivation : lapsus !) sont des documents que nous devons rédiger tous les deux. Soit nous écrivons chacun la nôtre, et en faisons ou pas une synthèse ensuite, soit nous en rédigeons une ensemble. C’est un (ou des) document(s) juridiques qui doit permettre de juger de la validité du mariage. Comme en droit des obligations, il y a quatre conditions de validité dans le mariage catholique (mais ce ne sont pas les mêmes). Je les ai peut-être déjà citées ici, mais au risque de radoter, ce sont : la liberté du consentement, la fidélité, l’indissolubilité du mariage et le désir d’avoir des enfants (et de les élever dans la religion catholique, même si selon notre curé ce point n’est pas strictement obligatoire).

– La liberté du consentement. Cela ressemble à première vue à la condition « consentement » en droit des obligations, mais cela va un peu plus loin. Par exemple, on peut estimer que des fiancés qui se marient très jeunes risquent de manquer de maturité, donc de ne pas consentir librement en connaissance de tout ce qu’implique le mariage. Il y a aussi le cas des couples qui se marient parce que la femme est enceinte par accident : si le bébé est la raison du mariage, on peut supposer que le consentement n’est pas parfaitement libre. Il peut le devenir ensuite, dit notre curé.

– La fidélité et l’indissolubilité renvoient à des choses proches, mais pas identiques. D’une part on s’engage à être fidèle à son conjoint, d’autre part on reconnaît que ce mariage durera toute la vie. Je pense par exemple aux personnes dont le conjoint a demandé et obtenu le divorce : certains, après le divorce, renoncent à toute relation amoureuse postérieure et se contraignent à rester seuls.

– Et enfin, les enfants. L’Eglise navigue entre deux écueils : elle demande aux couples d’accepter les enfants que Dieu leur donne, mais en même temps elle est consciente de la nécessité d’être responsable dans la parentalité : elle n’encourage pas à avoir huit enfants quand on ne peut pas le supporter financièrement ou psychologiquement. Evidemment, reste le cas des couples qui aimeraient des enfants et n’arrivent pas à en avoir. L’Eglise n’est pas favorable à la procréation médicalement assistée, à mon avis pour plusieurs raisons. D’abord parce que les enfants sont un don de Dieu. Et puis sur un autre plan, à cause des embryons surnuméraires qui résultent de la FIV, et dont la « destruction » supprime une vie humaine, chose que l’Eglise refuse. J’ai peur d’être beaucoup trop réductrice en expliquant ça de cette manière, soyez indulgents, et je suis évidemment ouverte à toutes vos lumières sur le sujet.

Que se passe-t-il si une ou plusieurs de ces conditions ne sont pas respectées ? Comme en droit des obligations, là aussi : le mariage est nul. Avec une nuance importance : alors qu’en droit, la nullité d’un contrat doit être prononcée par un juge, la reconnaissance de nullité d’un mariage par l’Eglise n’est que cela : une reconnaissance, un jugement déclaratif, et pas constitutif, selon les mots de mon juriste défroqué de fiancé. C’est-à-dire que le mariage est nul dès que l’une des conditions n’est pas respectée, l’intervention de Rome ne sert qu’à le proclamer.

Après le dessert (la meilleure glace au caramel au beurre salé du monde !), nous avons parlé de choses plus concrètes : une retraite dans une abbaye un de ces prochains week-ends, notre prochain rendez-vous, les devoirs à faire d’ici là. Et de nos parents, de nos disputes, de nos difficultés.

Je commence à me dire que je serai soulagée quand toute cette histoire de mariage sera terminée. Le jour J, ce sera sympa, sûrement, mais c’est la suite qui est la plus intéressante. J’ai hâte d’y être.

Au fait, puisqu’on est dans un article « catho », j’en profite pour vous recommander l’excellent site/blog collectif Sacristains, « le site qui sonne les cloches », et dont le Mission Statement précise qu’il se veut « un espace sur internet destiné à mutualiser [les] (modestes) contributions [de ses membres] à la transmission du message du Christ ». J’ai récemment tiqué sur un article sur les femmes, et il y a aussi ces trois articles passionnants sur les divorcés remariés dans l’Eglise.

Quelqu’un m’a demandé récemment si je pourrais faire un billet sur les contrats de mariage.  J’ai essayé, j’ai cherché des informations, j’ai cru comprendre… et en entrant dans les détails, je me suis aperçue que c’était beaucoup plus compliqué que je le croyais…

En revanche, je vous invite à consulter la section dédiée dans le site de la Chambre des notaires de Paris, c’est vraiment bien fait. Il y a aussi des questions-réponses sur les contrats de mariage. Et évidemment, nos amis les notaires peuvent aussi vous aider pour les testaments, les divorces, les donations, l’achat et la vente d’appartements… Le site est même assez joli !

Vous l’aurez deviné, nous sommes nous-mêmes en train de chercher un notaire pour notre contrat de mariage…

Pièce montée indigeste

14 septembre 2009

C’est ce que je me suis dit en lisant le roman de Blandine Le Callet, Une pièce montée. Comme il n’est pas tout récent, je suppose que beaucoup d’entre vous en ont entendu parler, mais pour les autres : c’est le mariage de Bérangère et Vincent, un mariage pseudo-catho prout-prout à la campagne, avec chapeaux, grandes familles et une bonne dose de tartufferie. Au fil des chapitres, l’auteur adopte successivement le point de vue de 9 protagonistes, chez qui ce mariage éveille des interrogations et des rancoeurs toutes personnelles…

Image piquée sur livredepoche.com
Image piquée sur livredepoche.com

Le début, que j’ai lu dans la librairie avant d’acheter le bouquin, me semblait prometteur. C’est un grand plaisir pour moi de lire dans les librairies, et c’est tout à fait praticable quand il y a suffisamment de gens autour, j’ai lu comme ça un Nothomb en entier une fois. Je ne suis généralement pas friande des mariages de fiction, que ce soient les 27 robes de Katherine Heigl, distrayant sans plus, le mariage du meilleur ami de Julia Roberts qui n’était pas si drôle, ou ce film dont le titre m’échappe, où Jennifer Lopez est wedding planner et tombe amoureuse de son client. Ce dernier m’avait bien plu, j’avais entrevu une fin originale où chacun se marierait avec son partenaire « officiel » et où les relations de couple cimentées au fil des années compteraient davantage qu’un coup de coeur passager, mais il semblerait qu’il ne faille pas trop en demander à Hollywood…

Revenons donc à cette fameuse pièce montée. Au début on découvre Pauline, l’une des DOUZE enfants d’honneur du couple — comme le souligne un personnage du livre, c’est assez ridicule, et ça donne le ton du mariage. Dans une interview, l’auteur avouait avoir mis en Pauline certains traits d’elle-même petite… Ce premier chapitre m’a paru assez convaincant, à défaut de casser des briques en termes de style — c’est assez plat. On y découvre aussi Lucie, une petite fille trisomique qui est un excellent personnage. ça se gâte un peu au second chapitre. C’était une bonne idée de s’intéresser au prêtre, Blandine Le Callet a assez de culture religieuse pour que ce soit un personnage convaincant, mais pourquoi ce postulat que tous les cathos sont des hypocrites ? Au lieu de créer un prêtre qui doute (ce qui était son intention de départ, je suppose), l’auteur nous donne un prêtre qui ne croit pas en Dieu. C’est beaucoup moins intéressant. Et c’est dommage, elle aurait pu faire davantage avec ce personnage-là.

On passe ensuite à divers invités, qui nous offrent parfois des narrations croisées du même épisode. C’est efficace et bien fait. Marie et Jean-Philippe, en particulier, sont de bonnes idées. Mais je regrette que dans tout le roman, les personnages sympathiques soient les célibataires et les athées. C’est une vision un peu trop manichéenne à mon goût.

Je remarque aussi que tous les personnages qu’on suit se sentent étouffés dans cette famille. J’hésite à interpréter cet aspect-là de la narration. Soit c’est de la paresse de la part de l’auteur, qui ne s’intéresse jamais aux personnages décrits comme méchants et tartuffes (les mères des mariés, par exemple), soit ce qu’elle veut nous dire, c’est que les membres de la famille créent eux-mêmes, pour toutes sortes de raisons, cette ambiance dont ils souffrent. Par exemple, Marie souffre d’être comparée à Bérangère, mais Bérangère ne se trouve au fond pas aussi intelligente que Marie…

Et la mariée, justement… Bérangère est avocat (on y croit moyennement, soit dit en passant). Elle est aussi présentée comme une insupportable minette superficielle, une Bridezilla intéressée uniquement par la perfection de son mariage, et qui en oublie son mari en chemin. Elle est méchante gratuitement envers la nièce trisomique du dit mari. C’est un personnage très superficiel, malgré une allusion glissée à une affaire de violences familiales dont elle s’occupe à son cabinet. Elle ne devient intéressante qu’à la fin, grâce à sa relation avec sa grand-mère. Le revirement est inattendu, pas très crédible. Mais allez savoir pourquoi, je trouve qu’il rattrape un peu le reste du livre.

Qu’en retenir ? Franchement, ce n’est pas le roman du siècle. Le sujet est intéressant mais un peu rebattu — sur l’hypocrisie des familles bourgeoises catholiques, vous pouvez vous tourner avantageusement vers Les grandes familles de Druon. Le style est plat et sans grand intérêt, les personnages manquent souvent de profondeur. Je n’adhère pas au parti pris moral, pas seulement parce que je suis catholique et me sens attaquée, mais surtout parce que le roman aurait gagné à être plus nuancé. En revanche la narration chorale marche bien, c’est facile à lire, et il y a parfois de bonnes trouvailles, des personnages qu’il faudrait étoffer juste un peu plus pour ce que ce soit un très bon roman. Et évidemment, pour qui est en pleins préparatifs de mariage, cette Pièce montée évoque des choses familières…

Vous l’avez lu ? Vous en pensez quoi ?

Neuf-neuf

10 septembre 2009

Je me souviens bien du 9 septembre 1999. Il y a eu de très nombreux mariages ce jour-là, les gens trouvaient ça rigolo de s’unir le 9/9/99. Un couple de ma famille s’est d’ailleurs marié ce jour-là. Hier c’était le 9/9/9 et en passant devant un bar, j’ai croisé des ballons en forme de coeur et une dame en tailleur bordeaux brillant et chapeau-Ascot. Vous savez, le genre de chapeaux qu’on met uniquement à deux occasions : les courses hippiques et les mariages cathos.

Mais il n’y a pas que les mariages dans la vie. Le 9 septembre c’est mon anniversaire : j’ai eu 23 ans hier.

J’adore les surprises, contrairement à mon fiancé qui déteste ça (c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ma robe de mariée avec lui). Et comme c’est un chéri parfait, il m’a organisé une fête surprise parfaite ! Samedi, il me propose de prendre l’air, d’aller nous balader près de la BNF. J’aime bien ce quartier, et en plus à la BNF il y a le MK2, j’accepte volontiers. C’est le début de l’après-midi, on prend des rues un peu au hasard, et puis il s’arrête devant la vitrine d’un café-restau. Intriguée, je regarde l’enseigne et reconnais le restau de notre ami Franck, qui vient d’ouvrir et où nous nous étions promis d’aller déjeuner un jour.

Chouette, on va dire bonjour à Franck ! Quelle bonne idée ! Je le vois en entrant, m’avance pour lui faire la bise, et là…

– Surprise ! crient en choeur les quinze amis qui s’étaient planqués derrière des plantes vertes.

Après ça… on a bien mangé (des plateaux de toutes sortes de petits fours, du saumon fumé, des brochettes de poisson, puis des salades de fruits et des mousses au chocolat), bien bu (des kirs, des jus de fruits, des cafés, des vodka-orange et j’en passe), beaucoup discuté de cette rentrée et de nos projets à tous, et on a fini par un poker. Je les ai plumés, évidemment. Sauf qu’on jouait des cure-dents.

J’ai même eu des cadeaux : un roman, un petit bouquin de « conseils avisés pour temps de crise » très drôle, une préparation pour fondue au chocolat, et… mon fiancé, en allumant la dernière cigarette de son paquet, m’a dit « J’ai un cadeau d’anniversaire pour toi. C’est la dernière. J’arrête de fumer ».

Merci à vous tous.

(Bon, en fait il y a quand même un rapport avec le mariage. Il est assez possible que nous organisions la réception du mariage là. L’endroit nous plaît, les propriétaires sont sympas, on y mange super bien, et la salle contiendrait nos invités. Et puis c’est vrai, le lieu ne fait pas trop « mariage », c’est très éloigné du château en Normandie prout-prout… et ça, ça me plaît beaucoup ! Esprit de contradiction, je disais !)

A la base je n’ai pas d’opinion sur les fleurs. On m’en a rarement offert et ça ne me manque pas. Elles sont belles dans la nature mais faire l’effort de cultiver soi-même des trucs qui ne se mangent pas, bof. Remarquez, il paraît qu’on peut se servir de fleurs en cuisine. Enfin bon, il paraît aussi qu’on peut faire de la cuisine au sperme, ce n’est pas pour autant que c’est appétissant !

Et puis j’ai commencé à lire par-ci par-là des conseils « pour les fleurs de votre mariage ». Alors si j’ai bien compris les fleurs sont censées avoir deux usages lors d’un mariage : le bouquet de la mariée et la déco.

En réfléchissant un peu, je suppose que l’usage de fleurs pour décorer venait du fait que les fleurs poussent gratuitement dans les jardins, et que c’était l’élément de décoration facile, mignon et pas cher des mariés du XIXe siècle à la campagne. Mais j’avoue que j’ai un peu de mal à voir la nécessité des fleurs pour un mariage en hiver à Paris. Parce que si c’est pour détruire son portefeuille et concomitamment la planète à faire venir des fleurs exotiques par avion, il y a peut-être d’autres options possibles… Je ne sais pas moi, des bougies, des mobiles, des personnages en origami ?

Et puis vient le bouquet de la mariée. J’ai cherché, je n’ai pas trouvé d’où venait cette coutume. Il paraît que le fait de lancer le bouquet, vu et revu dans les comédies romantiques américaines, serait en fait une brillante idée des Français de la Renaissance. Il paraît aussi que le marié doit choisir le bouquet, qui doit aller avec la robe bien sûr, mais hors de question pour lui de voir la robe avant le mariage. Quel coupage de cheveux en quatre… Nous, nous avons choisi ma robe ensemble, et quant aux fleurs, je doute que ça passionne mon chéri. En revanche sa mère est tout à fait motivée, on n’aura qu’à choisir ça toutes les deux.

De toute façon c’est vite vu. Mes fleurs préférées sont les coquelicots, et une grande part de leur charme à mes yeux tient au fait qu’on ne peut pas les cueillir sans les tuer. Elles vivent dans les champs, elles restent dans les champs, et meurent plutôt que de renoncer à leur liberté. Sinon, j’aime bien les lys, je les trouve assez élégants. Alors puisqu’il faut un bouquet, deux-trois lys seront très bien. Et on verra bien si mon fiancé réussira à en mettre un à sa boutonnière — si c’est le cas, je ferai une photo !

Enfin bref. Je crois savoir qu’il y a parmi mes lectrices (et lecteurs ? Manifestez-vous !) des gens qui connaissent et aiment les fleurs. Je suis tout ouïe, apprenez-moi. Vous avez même le droit de trouver que j’ai TROP l’esprit de contradiction.

Mais ne comptez pas sur moi pour lancer le bouquet !