« On va se marier »

16 novembre 2008

« On va se marier. »

Nous l’avons annoncé à nos familles et nos amis, ça c’est fait. Nous l’avons dit aussi, quand ça venait dans la conversation, à des gens que nous connaissons moins (au hasard, mes camarades de cours). Dans tous les cas, les réactions sont souvent amusantes :

« Tu nous donnes un coup de vieux, tu sais. » (camarade plus vieux que moi, et qui n’a pas de copine)

« Mais comment tu as fait ? » (copine pleine d’espoir, qui est avec son chéri depuis plusieurs années et s’inquiète qu’elle a dépassé l’âge moyen du mariage dans son pays. Mais toujours pas de demande en mariage…)

« Et juridiquement, si tu romps les fiançailles tu dois rendre la bague, c’est ça ? » (un Sciences po croisé dans une soirée. La réponse est oui si c’est un bijou de famille. Je crois que pour les abandons au pied de l’autel, on peut demander des dommages-intérêts aussi, un juriste pourrait confirmer ?)

« Tu vas voir, je vais te faire un enterrement de jeune fille génial. Non non, n’aie pas peur, rien que je ne voudrais pas qu’on me fasse » (Julie, elle me fait peur !)

« Vous le faites quand ? En hiver ? C’est marrant, pourquoi ? Vous n’avez pas peur qu’il pleuve ? »

« Ah, tu es allée au salon du mariage ! Tu as des photos ? » (copine surexcitée à l’idée de me voir dans une meringue blanche)

« Oh la belle meringue ! Allez, tu essaies ! » (encore Julie, chez Tati Mariages, devant la robe la plus loufoque du magasin. Elle s’est calmée quand elle a vu les robes de demoiselles d’honneur)

et bien sûr ma préférée :

« Mais, euh, ça fait longtemps que vous vous connaissez ? »

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9 Réponses to “« On va se marier »”

  1. Julie said

    Very funny, ha ha…
    Bon, j’assume ? J’assume.

    Et je confirme pour le « coup de vieux ». En fait, comme si se marier voulait dire qu’on n’est plus jeune, qu’on ne peut plus sortir, faire la fête, déconner, partir sur un coup de tête, etc. Comme si c’était la fin de l’aventure. Marié, ça fait respectable, ça fait « madame et monsieur », ça fait vieux. Terrible, non ?

    Attention, c’est pas une critique du tout, c’est un constat de ce que j’entends autour de moi, de ce que la société perçoit et comprend par « marié(e) ». Par opposition à célibataire = insouciant, irresponsable, immature, égoïste.

    Y a plus qu’à choisir son camp, on dirait, non ? 😉

  2. Le Marié said

    Bien d’accord avec toi! Il faut enterrer cette perception délétère!

    Pour moi c’est être étudiant qui est paralysant: pas de fric, soumis à des obligations de scolarité bureaucratiques… Quand nous serons mariés et installés, c’est là que nous serons libres! Je suis impatient.

    Pour l’enterrement de vie de jeune fille, vous vous débrouillez, mais si tu me l’abîmes, tu auras affaire à moi! 😉

  3. Marie said

    Exactement. J’ose à peine imaginer les réactions quand/si (inch’allah) on aura des enfants ! On va prendre dix ans d’un coup…

  4. Violaine said

    Et « toutes mes félicitations, je vous souhaite tout le bonheur du monde », personne?

    Alors, au cas où je l’ai pas encore dit, toutes mes félicitations 🙂

  5. MLB said

    La confirmation du juriste tant attendue… Je rapporte ici les dires de Marie Serna, spécialiste du droit du mariage comme chacun sait.

    Eh bien, pas de dommages-intérêts en cas de rupture au pied de l’autel. Le droit du mariage fait exception aux règles de la théorie des contrats! Donc on peut dire non jusqu’au dernier moment…

    Mais pourquoi les gens s’interessent-ils donc à ce genre de considérations??

  6. Le Marié said

    Oui, c’est vrai, j’avais vu de la jurisprudence là-dessus, pas de DI parce que ça porte atteinte à l’exigence de consentement libre et éclairé, qui est plus forte pour le mariage que pour les autres contrats… Avis à celles qui veulent jouer la fille de l’air!

    …Mais je crois quand même me souvenir vaguement de cas où 1382 avait été invoqué avec succès pendant les fiançailles… Que je suis heureux de ne plus être juriste!

  7. Le Marié said

    Et Violaine, merci infiniment!

  8. Bon, alors moi, je règle mes comptes :
    1 – Si ! les parents du marié ont été ravis, enchantés, leur ont souhaité et leur souhaitent encore tout le bonheur du monde…
    Non mais!
    Et non, ils ne sont pas choqués ni qu’il ne se connaissent pas depuis longtemps, ni qu’ils souhaitent des enfants. Au passage, je rappelle que les gens qui divorcent se connaissent tous depuis des années !

    2 – Etre vieux, c’est génial et moi j’adore :

    – on n’a plus rien à prouver à personne (même pas à soi !)

    – on a enfin de l’argent qu’on ne doit qu’à soi et pas à la gentillesse des parents,

    – on a enfin ses meubles et pas ceux qu’on doit à la gentillesse des parents,

    – quand on voyage, c’est pas sur un coup de tête, c’est après l’avoir organisé en choisissant le meilleur hotel et les meilleurs restaurants.

    – dans une grande voiture, et sans courir derrière ses bagages qu’une compagnie tordue fait prendre un autre avion que le sien (hein? Fils)

    – et nous, quand on « déconne » on s’amuse vraiment parce que le temps qui passe nous a appris à vraiment jouir.

    3 – célibataire = insouciant. C’est tellement vrai que l’espérance de vie des mâles humains célibatires est très inférieure à celle des mariés. Alors de deux choses l’une, ou l’homme est fait pour le mariage, ou les emmerdes (puisque c’est ce que signifie mariage dans ce cas là) c’est comme le vinaigre, ça conserve.

    4 – comme si le soleil était une condition de validité d’un mariage! Quand on se marie en hiver, on s’organise pour le sale temps et du coup on ne passe pas un mois à se demander si, oui ou non, il fera beau.

    5 – pour la bague, la future mariée aurait-elle changé d’avis ?

    6 – oui, mais comme les ruptures d’avant-contrats avancés vont bientôt être sanctionnées, celles du mariage au pied de l’autel ne vont pas tarder à l’être non plus.

  9. PEG said

    Hilarant!

    Et rien à dire, si ce n’est que la sanction de la rupture avant-contrats avancés, ça existe depuis longtemps, et sur la base de 1134 al. 3 et pas 1382, donc il s’agit vraiment d’une sanction contractuelle. (Pour plus de détails, je vous renvoie à l’article de Denis Mazeaud, « Mystères et paradoxes de la période précontractuelle », aux Mélanges Jacques Ghestin, exhaustif et limpide sur le domaine et, ce qui ne gâte rien, hilarant.)

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